;jf'=^. • □ r-q O r-q m i-n □ -1 t~~i ^— a m □ 1 — 1 f ê ^ Expédition Antarctique Française (1903-1905) COMMANDÉE P*R LE D-^ Jean CHARCOT CARTE DES RÉGIONS PARCOURUES ET RELEVÉES PAR L'EXPÉDITION ANTARCTIQUE FRANÇAISE Membres de l'État-Major : Jean Charcot — A. Matha — J. Rey — P. Pléneau — J. Turquet — E. Gourdon OUVRAGE PUBLIÉ SOUS LES AUSPICES DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE sous LA DIRECTION DE L. JOUBIN, Professeur au Muséum d'Histoire Naturelle ^ EXPÉDITION ANTARCTIQUE FRANÇAISE (1903-1905) COMMANDEE PAR LE D^ Jean CHARCOT SCIENCES NATURELLES : DOCUMENTS SCIENTIFIQUES CRUSTACÉS Schizopodes et Décapodes PAR H. COUTIÈRE Professeur à l'École de Pharmacie de Paris Isopodes Harriett RICHARDSON Amphipodes PAR Ed. CHEVREUX Correspondant du Muséum d'Histoire naturelle Copépodes A. QUIDOR PARIS MASSON ET C'% ÉDITEURS 120, Boulevard Saint-Germain, 120 Tous droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays. Kfade in France LISTE DES COLLABORATEURS Les mémoires précédés d'mi astérisque ont paru. MM. Tkouessart Mammifères. MÉNÉGAiix Oiseaux. * Vaillant Poissons. * Sluiter Tuniciers. * Vayssière Nudibranches. * JouBiN Céphalopodes. * Lamy Gastropodes et Pélécypodes. * Thiei.k A mphineures. Cari Collemboles. RouBAiJD Diptères. Thouessart Acariens. Bouvier Pycnogonides. * CouTiÈRE Crustacés Schizopodes et Décapodes. M"" * RicHARDsoN Isopodes. MM. * Chevreux A mphipodes. * QiiiDOR Copépodes. NoBiLi Ostracodes. œHLERT Brachiopodes. Calvet Bryozoaires. Gravier Polychètes. IlKRUBEL Géphyriens. JÂGERSKiOLD Némotodcs libres. Hailliet Nématodes parasites . Blanchard Cestodes . GuiART Trématodes . JouBiN Némertiens. Hallez Planaires . Ed. Perrier Crinoïdes. * KœHLER Stellérides, Ophiures et Echinides. « Vaney Holothuries . Houle Alcyonaires . Bkdot Siphonophores . * Billard Hydroïdes . TopsENT Spongiaires . TuRQUET Phanérogames. Cardot Mousses. Hariot Algues. Petit Diatomées . GouRDON Géologie., Minéralogie^ Glaciologie. CRUSTACES SCHIZOPODES ET DECAPODES Par H. GOUTIÈRE PIIOKUSSEUII A L'iiCOLt HE PHAIlMiClE UK PAIllS Les Crustacés Schizopodes et Décapodes recueillis par les natura- listes de la Mission Charcot comprennent 7 espèces, appartenant à 6 genres. Tous les Décapodes sont des formes depuis longtemps connues. Par contre, il se trouve, parmi les Schizopodes, une espèce très intéres- sante de Mysidé, en ce qu'elle se rapproche beaucoup de la Michthei- mysis mixla Lilljeborj, de l'Océan glacial arctique. Elle paraît n'être pas rare, car elle a été recueillie par l'Expédition delà « Belgica», l'Expédition antarctique suédoise (H.-.I. Hansen) et celle delà « Discovery » (Holt et Tattersall). Ces derniers auteurs ont donné sur l'espèce quelques renseignements succincts, sous le nom de Mijsis maxima Hansen. Bien qu'il ne se trouve pas, dans les matériaux que j'ai étudiés, de spécimens comparables comme taille à ceux dont Hansen a pu disposer, la plu- part sont parfaitement adultes et m'ont permis une étude complète de l'espèce. SCHIZOPODES Antarctomysis maxima H. J. Hansen. Mijsis maxima Hansen (M. S.), in Holt et Tattersall, Prelim. notice of Ihe Schizopoda collected by H. M. S. « Discovery » in the Antarctic région {Ami. Mag . of nal. His- /ory,7,XVn, p. 11, 1906). La carapace se prolonge en une large pointe triangulaire aiguë (fig. 1, 2). En arrière, elle laisse à découvert le dernier et presque tout l'avant-dernier segment thoracique (fig. 3). I-e deuxième pléosomite est le plus long de tous : les somites 3, 4, 5 décroissent régulièrement en Expédilion Charcol. — Coutikiie. — Crustacés Schizopodes et Décapodes. 1 45S79 2 SCHIZOPODES. ■' longueur; le somite 6 est égal aux deux précédents réunis. Le telson est plus d'une fois et demie aussi long que le pléosomite 6; il porte, sur les deux cinquièmes postérieurs, une incisure étroite, à bords presque paral- lèles sur la moitié environ de leur longueur, armés de spinules fines et très serrées. Les bords latéraux du telson sont armés d'épines plus grandes et se terminent en une forte pointe aiguë (fig. 19 et 20). Les ophtalmopodes ont des cornées hémisphériques, ou plus exac- tement en forme de demi-ovoïde à grand axe un peu oblique de bas en haut et de dehors en dedans. Les cornées reposent sur un pédoncule tronconique rétréci vers son tiers proximal. C'est à l'endroit de cette constriction, dans sa région supéro-interne, que l'on remarque sur chaque pédoncule une très petite saillie conique (fig. 1). C'est l'homo- logue de ce que G.-O. Sars a nommé la « papille oculaire » chez les Gnathophausia., où elle est au contraire très développée. On la retrouve chez les Eiicopia, les Bentheuphausia^ mais aussi chez les Pénéides, tels que les Benthesicymus et les Gennadas, ce dernier genre surtout, et chez tous les Eucyphotes primitifs constituant la famille des Hoplophoridœ. Les ophtalmopodes de la Bentheiipkausia amblyops G.-O. Sars et de VHijmenodora glacialis Buchholz montrent, sous ce rapport, comme aussi sous celui des cornées en partie dépigmentées, une analogie très frappante. Bien plus, un vestige de cette « papille oculaire » se retrouve, comme je m'en suis assuré, chez un très grand nombre à'Eucyphotes^ Pasiphœidœ^ Hippolytklœ, Palœmonidœ^ Pandalidœ, sous forme d'une saillie imperceptible ou le plus souvent d'un cercle à contour très net, différant par sa consistance du reste du pédoncule et se colorant par suite différemment par teinture superficielle au bleu de méthy- lène. Un semblable cercle se retrouve sur les yeux de plusieurs Euphausidœ, en particulier des Euphausia Murrayi et similis G.-O. Sars (fig. 21). Il s'agit d'un organe très répandu, offrant tous les degrés de régression, et dont l'importance est indépendante, dans une large mesure, de la place attribuée dans les classifications aux groupes qui le possèdent. Tout se passe comme si ces groupes tenaient cet organe d'un ancêtre commun, où il eût été très développé et fonctionnel. Il coexiste, chez les SCHIZOPODES. 3 Euphmisidœ qui le possèdent, avec l'organe lumineux enchâssé dans l'œil. Sur les antennules, l'appendice çf, vu en dessus (fig, 4), est cinq "fois et demie plus long que large. Sa largeur maxiraa est dans un plan oblique inléro-interne, où l'on remarque trois bandes sétifères. La plus interne, un peu visible en dessus, ne porte qu'une série de stries obliques; la plus externe en porte deux, s'affrontant en chevron et devenant très larges, contournées vers la base. La bande médiane relie les deux autres à la façon du trait oblique d'une N; ses stries sont normales à ses bords et non plus obliques. Les stries, très serrées, sont constituées par les inser- tions contiguës de soies extrêmement fines et denses (fig. 4, 4', 4"). Le scaphocérite de l'antenne est sept fois environ aussi long que large, lancéolé, garni sur ses deux bords de soies plumeuses. A sa pointe se montre une articulation oblique très visible, surtout en dessous. A sa base, les trois articles dont H.-J. Hansen a montré l'existence sont très facilement visibles. Le plus volumineux de tous est précisément le premier, ou « pleurocérite ». La hampe du fouet antennaire comprend trois articles : le premier très court, le troisième un peu moins long que le médian. Le basicérite porte deux épines (fig. 5). Le palpe mandibulaire a son article médian très élargi, de forme géné- rale ovale. L'article dislal porte à son extrémité une forte pointe per- pendiculaire au boi^d de l'article, qui se montre échancré au-dessous de cette pointe et bordé d'une série de soies rigides. L'échancrure marque l'extrémité d'une dépression de la face supérieure de l'article, dépression elle-même recouverte comme d'une voûte par une série de soies arquées. L'ensemble constitue un appareil de nettoiement pour des appendices allongés (fouets antennaires, exopodites?) qui viendraient s'engager sous la voûte de soies et seraient maintenus par la pointe recourbée terminale au contact des soies rigides bordant l'échan- crure (fig. 6, 6'). Il est remarquable de trouver un appareil identique comme construc- tion sur le carpe des pinces de la première paire chez les Hoph- phoridœ et beaucoup d'Eucyphotes; sur les maxillipèdes de la troisième paire chez les Pénéides inférieurs. 4 SCHIZOPODES. Les maxillules (fig. 7) et les maxilles, les pattes thoraciques rappellent très étroitement les appendices homologues des Mysis. La maxille, débarrassée de ses muscles, et colorée superficiellement en bleu, montre avec une grande netteté les trois articles (H.-J. Hansen) de son sympodite, indiqués chacun par un épaississement chitineux. Le pleuropodite porte une saillie épipodiale récurrente, le coxopodite une très faible saillie épipodiale et une lacinie bifurquée; le basipodite, une lacinie bifurquée aussi, rattachée de façon très peu distincte à l'article, et un exopodite foliacé. L'endopodite est à deux articles (fig. 8). Sur la première paire thoracique (maxillipède), c'est surtout le basi- podite qui est pourvu d'une lacinie simple et, plus faiblement, les deux articles suivants de l'endopodite (fig. 0). L'exopodite est semblable à ceux des pattes thoraciques ; le membre porte un grand épipodite foliacé. L'article distal (dactyle) est semi-ovale et porte une très forte épine, que l'on peut homologuer à un stylopodite. Il en est de même sur le membre suivant, très différent d'ailleurs par l'absence d'épipodite et de lacinie, comme par la longueur beaucoup plus grande du méropodite et du carpe (fig. 10). Les six autres paires thoraciques, toutesi semblables, ont le carpe articulé, terminé par une griffe grêle, un peu courbée (fig. H, H'). Les articulations portent des soies peu nombreuses. L'article basai élargi de l'exopodite se termine en dehors par une pointe assez dis- tincte. A la base des pattes de la cinquième paire du çf, les appen- dices sexuels (fig. Î2) ont la forme de tubes troncoiùques aplatis, portant sur le cadre chitineux de l'orifice 4 à 5 soies lui formant comme une grille. Les pléopodes des deux premières paires sont semblables dans les deux sexes. Celui de la troisième paire chez le cf (fig. 13) est biramé ; la rame interne est la plus longue et porte près de sa base, du côté postéro-externe, un petit prolongement foliacé, présent également sur les paires suivantes (fig. 14"). Les pléopodes çf de la quatrième paire (fig. 14) ont leur rame externe extrêmement longue, atteignant l'extrémité du telson, cylin- drique et comprenant quinze articles environ. L'article distal porte deux SCHIZOPODES. 5 soies un peu inégales; l'urlicle pénultième, une seule soie très forte, trois fois plus longue que les précédentes, recourbée en dedans et fine- ment articulée sur presque toute sa longueur (fig. 14"'). Les pléopodes ç^ de la cinquième paire (fig. 15) sont également biramés ; mais les deux rames sont semblables, sauf le prolongement basai de la rame interne, qui est aussi un peu plus courte que l'autre. Le sympodite de l'article est notablement plus volumineux que celui de la troisième paire, et les deux rames sont garnies de longues soies plumeuses. A la base des pléopodes, les deux articles proximaux du sympodite sont très visibles : le médian sous forme d'un anneau complet de forme irrégulière, le basai sous forme d'un demi-anneau, visible en arrière seulement (fig. 14', 1(3, 17). La rame interne de l'uropode est un peu plus longue que le telson; la rame externe égale environ une fois et demie ce dernier. L'une et l'autre sont garnies de soies plumeuses sur leurs deux bords (fig. 19). Le plus grand des spécimens çf mesure 37 millimètres de l'extré- mité de la pointe rostrale à celle du telson. Sur des spécimens immatures, mesurant par exemple 30 millimètres, les pléopodes de la quatrième paire ne dépassent pas l'extrémité des pléopodes de la cinquième paire, et les soies terminales sont à peine développées (fig. 18). Chez les 9» '^ poche incubatrice est formée de trois paires de lamelles, portées par le coxopodite et ayant la valeur d'un épipodite ou mieux d'une lacinie. La paire distale de lamelles (huitième) est de beaucoup la plus grande; la paire proximale, la plus petite. La paire précédente des membres (cinquième paire) porte également une très petite lamelle frangée de soies, qui ne joue aucun rôle dans la con- stitution de la chambre incubatrice. Les sternites thoraciques, comme chez le q^, portent une longue épine médiane. Parmi tous les Mysidés connus, l'espèce qui se rapproche le plus de la nouvelle forme est la Michtheimysis mixta Lilljeborj (1), sépa- rée du genre Mysis [sensu stricto) par Norman (2). Les différences (1) Mysis mixta Lillj., G.-O. Sars, Monofjr . uvcr My^ider., p. 76, pi. XXXIIl. 2) Norman, Notes on Ihe Nat. Hisl. of Easl Finmark (Aîin. Mag. of nat. Hist., ~' série, vol. X, 1902, p. 477). 6 ' SCHIZOPODES. que l'on peut relever entre les deux espèces sont les suivantes : Appendice antennulaire du çf plus long et plus grêle chez la M. mixta\ Absence de suture articulée sur le scaphocérite, près de la pointe distale ; Absence d'une épine au basicérite, au-dessous du pédoncule anten- naire ; Lacinie de l'ischiopodite plus grande sur la première paire de membres thoraciques ; Huit à neuf articles au carpe des pattes thoraciques, de la troisième à la huitième paire ; Pléopodes de la troisième paire biramés, mais rame interne sans prolongement postéro-externe. Pléopodes de la quatrième paire avec la rame externe plus courte, à six articles seulement, moins bien limités. L'article distal porte une seule soie, de diamètre égal au sien propre, et, dans son prolongement, l'article pénultième porte une soie très longue et très forte. Le sympodite du membre est allongé et assez grêle, de sorte que les soies terminales atteignent l'extré- mité des uropodes, comme dans la nouvelle espèce antarctique; Les pléopodes de la cinquième paire sont très petits et portent une seule rame ; Le telsan est moi:is profondément échancré; La taille est moins considérable (30 millimètres). Par l'ensemble de ses caractères, surtout par ceux tirés de la forme des pléopodes, la nouvelle espèce se montre aussi éloignée de la Mysis mixta que celle-ci l'est elle-même de la Mijsïs ocnlafa. Si l'on accepte la séparation des genres Michtheimysis et Mysis [sensu stricto) faite par Norman pour ces deux espèces, il devient nécessaire de séparer aussi génériquement la nouvelle forme, pour laquelle nous proposons le nom d' Anta7'ctomysis . Ce nouveau genre pourrait être défini comme suit : Antarctomysis n. gen. : scaphocérite très allongé, lancéolé, présen- tant très près de sa pointe une articulation. Pléopodes des paires 3, 4, 5 biramés. Chez le çf, rame interne pourvue à sa base d'un prolon- gement très distinct. Rame externe du quatrième pléopode très longue, l'article pénultième portant une seule et l'article distal deux longues SCHIZOPODES. 7 soies articulées. Taille atteignant 40 millimètres du rostre au telson. La doctrine de la bipolarité des faunes pourrait invoquer comme ai'gunient le fait que V Antarctornijsis rnaxima montre une ressemblance beaucoup plus grande avec une espèce nettement arctique qu'avec aucune autre forme habitant les mêmes eaux. Mais beaucoup de Mysidés ont une aire de dispersion très grande, et il faut remarquer, avec M. Holt, qu'il reste à explorer dans ce sens d'immenses étendues de côtes, encore moins connues que les régions polaires au point de vue de la faune des moyennes profondeurs (1). Stations 102, 100, IGO, 1(54, 273, 27(), 275, 282, 285. Port-Gharcot. Drag. : 20 à 40 mètres. Station 470. Ile Booth-Wundel. Stations 098, 882. Station 470 (spécimens mutilés). Euphausia similis G.-O. Sars. E. similis G.-O. Sars, Sc/ilcop. du Chulleiifjer. [i. 70, pi. XIII, fig. 1-0. Trente spécimens environ, presque tous en mauvais état, de la station o8i. Ils répondent bien à la description et à la figure de G.-O. Sars. Les épines subapicales du telson sont lisses, l'épine préanale simple, les uropodes plus courts que le telson, la rame interne au moins égale à l'externe. Le rostre m'a paru seulement moins étroit que sur la figure de Sars. A noter sur les ophtalmopodes, dans la rt'gion supéro-interne du pédoncule, près du bord de la cornée, la présence d'une papille oculaire très visible, circulaire, à peine con- (1) M. [I.-.J. Ilansen |iense qu'il est possible de délinif le genre Mtjsis {sensu latiore), et qu'il est par suite exagéré d'altril)uei' la valeur de genres à des groupes d'espùces différant, par e.xemple, par la forme des piéopodes du çj*. Si cette opinion est Irrs plausil)le, l'opinionconlraire ne l'est pas moins. 11 est incontestable que les espèces du genre Mysis {sensu latiore) se laissent diviser en groupes distincts. Doit-on les dési- gner sous les noms de << groupe oculata, mixta, rnaxima », etc.? Doit-on liîs élever au contraire au rang de sous-genres et même de geni'cs? C'est une question pratiquement insoluble, i)arce qu'elle est conditionnée avant tout par ré(]uation personnelle de chaque naturaliste. .l'ai cru devoir me ranger à la coutume qui prévaut actuellement, parce que le nombre des espèces, ainsi que le pense M. llolt, e-t en voie de s'accioilre l'apidenient et risque de rendre insuffisants les anciens cadres. .le dois d'ailleurs remei'cier de façon particulière JDl. Ilansen et llolt, deux des naturalistes actuels qui connaissent le mieux les Schizoïiodes, pour l'empressement et la parfaite courtoisie qu'ils ont mis à me fouinir sur l'esjjèce en question toutes les données complémentaires que je souhaitais. 8 SCHIZOPODES. vexe, rappelant absolument celle que Ton remarque chez les jeunes spécimens de V Acanthephyra piirjnirea^ par exemple. Plusieurs spécimens Ç portent une paire de spermatopliores lagé- niformes, fixés sur le sternite thoracique de l'antépénultième segment. Euphausia superba Dana. E. superba Dana, U. S. Expl. Exped., Crust., p. Ci."), pi. XIII, fig. 1 «-o, 1852. — G.-O. Sars, Scliizop. du « Cliallenger »,p. 8'i, pi. XIV, fig. ."3-!), 1885. E. Murrayi — — p. 82, pi. XIV, fig'. 5-9, E. antarctica — — p. 80, pi. XV, fig. 1-8. Cette synonymie a été donnée récemment par MM. Holt et Tattersall [loc. cit.) grâce à des matériaux extrêmement abondants recueillis par l'Expédition de la « Discovery ». Je puis la confirmer au moins en ce qui concerne l'^". MioTayi et VE. antarctica. L'E. superba est en effet représentée dans les Schizopodes de la Mission (^Jiarcot par au moins 500 spécimens, dont la taille va de 25 à 45 millimètres. Les plus jeunes répondent tout à fait aux figures de l'A. antarctica G.-O. Sars, sauf en ce qui concerne l'épine du bord inférieur de la carapace, qui est bien marquée et qui, d'après Holt et Tattersall, existe d'ailleurs sur le type de l'espèce. Les spécimens Ç , de taille moyenne, répondent très bien aux figures de VA. Murraiji G.-O. Sars, rectifiées comme l'indiquent les auteurs précités en ce qui concerne la présence d'une épine préanale, la forme arrondie des pleurons du cinquième pléosomite, l'épine obtuse du segment basai antennulaire, celle très marquée du scaphocérite sur son bord externe. Les ç^ s'en distinguent surtout par le bord antérieur de l'article antennulaire médian, dont le lobe foliacé est moins grand. Enfin le plus grand spécimen q^, mesurant 45 millimètres du rostre au telson, rappelle de très près les figures de l'A. superba que donne Sars. L'article antennulaire médian possède bien un lobe saillant, mais le bord antérieur de ce lobe n'est plus oblique vers le haut (fig. 21). Sur l'article basai antennulaire, où le lobe est obscurément divisé en deux lobules, le plus interne de ceux-ci n'est pas plus allongé que l'autre. L'épine latérale externe du même article est à peine saillante. DÉCAPODES. 9 Le rostre n'est pas terminé en pointe, mais son extrémité est moins largement arrondie que sur le dessin de G.-O. Sars. Enfin le bord inférieur de la carapace, s'il ne porte pas d'épine, possède cependant une saillie obtuse qui en occupe la place (fig. 22). MM. Holt etTattersall donnent encore comme synonymes VE. australis et VE. glacialis Hodgson. Je dois ajouter que les ophtalmopodes m'ont paru être plus com- plètement sphériques que ne l'indiquent les dessins de Sars. Ils portent, de même que chez VE. similis^ une papille oculaire près du bord de la cornée, affectant aussi la forme circulaire, à peine convexe, et dont la chitine est plus mince que celle qui l'enchâsse (fig. 21, p. oc). Slalions 810 (jeunes), 484, 479, 653, 661, 3. Les très nombreux spécimens de cette dernière station proviennent de la Terre Palmer, où ils ont été recueillis dans l'estomac des Pingoins. Les (^ se montrent beaucoup plus abondants que les Ç . Thysanoëssa macruraG.-O. Sars. T. macnira G.-O. Sars, Schizop. du u Challenger », p. 125, pi. XXIII, fig. 1-4, 1885. Une vingtaine de spécimens, dont le plus grand mesure 11 milli- mètres du rostre au telson. Ils répondent bien à la description de Sars. Stations 282, 512. DÉCAPODES Munida sub-rugosa (White) Dana. Station 858, 1 spécimen adulte. Eupagurus comptus Wliile. Station 6, 2 spécimens. Halicarcinus planatus Fabricius. Station 0, 1 spécimen. Expédition Ckarcol. — Coctièbe. — Crustacés Schizopodes et Décapodes. EXPLICATION DES FIGURES Antarctomysis 7naxima H.-J. Hansen. i. Spécimen cf , région céphalique. — 2. Partie antérieure de la carapace, vue aléra- lement. — 3. Partie postérieure de la carapace et appendices (en p, l'appareil copula- teur cf de la cinquième paire). — 4, 4', 4". Appendice cf de Tantennule très g-rossi, vu en dessus en 4, en dessous en 4', par sa face latérale interne en 4". — 5. Antenne monlrant le sympodite à trois articles (sur l'article 2, l'orifice de la glande excrétrice). — 5'. Ex- trémité plus grossie du scaphocérite, montrant l'articulation (soies non figurées). — (j. Palpe mandibulaire, et 0' dcUails plus grossis de l'arlicle distal, montrant les soies de l'appareil de nettoiement. — 7. Maxillule. — 8. Maxille, montrant les épaississemenls cliitineux des trois articles du sympodite (soies non figurées). — 9. Patte thoracique de la première paire (maxillipède I) (soies figurées sur le dactyle seulement). — 10. Patte tho- racique de la deuxième paire (maxillipède II), extrémité distale. — 11. Une des pattes thoraciques suivantes, et 11' son extrémité plus grossie. — 12. Appareils copulateurs ç^ vus en dessus. — l?<, 14, 15. Pléopodes des 3", 4" et 5° paires. — 14', 14", pléopode de la qua- trième paire, plus grossi, vu par ses faces antérieure et postérieure. — 14'", extrémité du même, montrant les soies distales. — 16. Base d'un pléopode, vu par la face postérieure, mais rabattu de 180". L'articulation entre les articles 1 et 2 est disjointe. — 17. Un pléo- pode vu semblablement, mais avec l'articulation 1-2 laissée en place. Sur la figure 14, montrant la face antérieure, l'article le plus proximal n'est pas visible. En/", «', fossettes marquant l'insertion des muscles. — 18. Pléopodes des 4" et 5° paires, sur un spécimen cf immature. — 19. Telson, uropodes et soies du 4" pléopode dépassant le telson. — 20. Détails du telson. Euphausia superba Dana. 21. Spécimen cf adulte. Enjo. oc, la papille oculaire. — 22. Bord inférieur de la cara- pace, montrant le vestige de l'épine présente chez les spécimens plus jeunes. F.x|ii'(lili<)n ( li.ircdt . iHCoutière-Schizopodes r- PI 1 H ConUêre del Crustacés Schizopodes et Décapodes Massori ■ EXartaud se Expédition Charcot (H.Coutière- Schizopodes et Décapodes) PL II 13 H Coutière del . Crustacés Schizopodes et Décapodes Masson 8f O^ Editeurs E Lartaud se ISOPODES Par HARRIET RICHARDSON Le présent travail est consacré au matériel recueilli dans les mers antarctiques durant l'Expédition du « Français », sous la direction de M. le D' Jean Charcot, avec le concours de M. le D' Turquet, comme biologiste. La plupart des spécimens furent capturés à l'île Booth-Wandel et à l'île Wincke ; pourtant quelques-uns proviennent de la baie des Flandres. Un certain nombre d'espèces sont des formes bien connues dont on trouvera la description dans les ouvrages de Beddard, Pfeffer, Hodgson, etc. Quatre nouveaux genres sont décrits dans ce travail : Nototanais^ dont Paratanaxs antarclica Hodgson est le type, Ectias appar- tenant à la famille des Jayiiridœ, et les ^enYe<5 Antias et Ausùnmunna, qui se rangent tous deux dans la famille des Munnidœ. Un Glyptonotus nou- veau et une nouvelle espèce de Serolis présentent également de Tintérèt ; on en trouvera plus loin la description. J'adresse mes meilleurs remercîments à M. le professeur Bouvier, qui, fort aimablement, m'a confié cette collection. Je veux aussi exprimer ma gratitude à MM. B.-J. Howard et T. U. Smillie, auteur des belles pho- tographies dont se compose la planche annexée au présent travail, et à M. Surcouf, qui a traduit en français ce dernier. TANAIOIDEA ou CHELIFERA FAMILLE DES TANAID^E Genre Nototanais nov. g-en. Première paire d'antennes composées de ti'ois articles chez la femelle, de cinq chez le mâle. Expédition Charcol. — Richardson. — Isopodes. ' 2 ISOPODES. Deuxième paire d'antennes comprenant cinq articles clans les deux sexes. Tête du mâle large à la base et prolongée à l'extrémité antérieure en une partie étroite. Tête soudée au premier segment thoracique, laissant six segmenta bien développés. Abdomen composé de six segments nettement définis, les cinq segments antérieurs étant pourvus de pléopodes bien développés. Les uropodes sont biramés, chaque branche se composant de deux articles. Les premiers gnathopodes sont dissemblables dans les deux sexes. Chez le mâle, ils sont fortement élargis avec le propodite muni d'un processus dirigé en arrière, le pouce, qui forme une main chéliforme. Nototanais antarcticus (Hodgson). (Fig-. 1 à 7 du lexte.) Paratanah antarctica Hodg-son, Crustacea « Southern Cross » Expédition, 1902, p. 240- 241,i>l. XXI. Localités. — Ile Booth-Wandel, île Wincke. Profondeur. — 20 mètres, pris à la drague ; 30 mètres, pris à la drague; 30 mètres, dans de la vase rapportée par un filet; 40 mètres, 20 mètres, recueillis dans un filet. Sur le rivage, trouvé sur une large feuille de Laminaria. Plusieurs centaines de spécimens, tant mâles que femelles, ont été recueillis. Leur couleur est signalée comme rose et « blanc rosé ». Cette très intéressante espèce fut rapportée avec doute au genre Paratanais par Hodgson. Cet auteur observe que, n'était la différence qui existe dans les uropodes, il rapporterait cette espèce au genre Heterotanais Sars, et il appelle l'attention sur ce fait que Sars et Beddard ne sont pas d'accord sur les caractères de Paratanais. L'espèce de Beddard, Paratanais dimor- phus, sans aucun doute n'appartient pas au genre Paratanais.^ mais se rapproche étroitement de l'espèce présente. Toutes deux présentent en commun ce caractère que les branches ISOPODES. 3 internes et externes des uropodes se composent de deux articles, comme chez toutes les espèces appartenant au genre Paratanais (1) ; tandis que, chez les Heterotanais, la branche interne «st composée de quatre à cinq articles. Les gnatliopodes sont grandement dissem- blables dans les deux sexes des deux espèces, tandis que chez Paratanais ils sont semblables. Chez Heterotanais^ les gnathopodes sont imparfaitement chéli- formes, le pouce formant un processus dirigé en arrière. Dans Nototanais antarc- ticus et dans Nototatiais {Paratanais) dimor- phiis, les gnathopodes ont le pouce muni d'un processus dirigé en arrière; mais la main est plus parfaitement chéliforme. CYMOTIIOIDEA ou FLABELLIFERA FAMILLE DES GNATHIID.E Gnathia antarctica (Studer). Anceus antarctlcus Studer, Abhandlungen der K. Akad. der Wissenschaften su Berlin, 1883-1884, p. i. Gnathia jtolaris Hodgson, Crusfacea » Southern Cross .) Expédition, 1002, p. 2 i 1-243, pi. XXXII. Localité. — Ile Booth-Wandel. P?'o fondeur. — Trouvé au rivage, sur une large feuille de Laminaria ; aussi sur le rivage, à basse mer. L'espèce décrite par Hodgson sous le nom de Gnathia po/aris est indubi- tablement la même que Anceus antarcticm Studer, dont la larve était (1) Suivant la diagnose géniirique de Sars, les deux branches des uio))odes sont bi-arliculées chez l'aratanais. Dans l'espèce typique décrite par Dana, P. clongatus, la branche externe se com- pose d'un seul article. Fig. 1 à 7. — Nototanais anlarcticus (Hodgson). — Fig. ) : a. l^^ antenne du mâle X li ; b, 2° antenne du mâle X 14. — Fig. â : a, i'" antenne delà femelle x 27 ; é, 2" antenne de la fe- melle X 27. — Fig. 3 : i" patte du mâle X 14. — Fig. 4 : {'■<' patte de la femelle x 14. — Fig. :i : 2" patte du mâle X 14. — Fig. 6 : 1" pléopode du mâle X 14 1/2. — Fig. 7 : uropode du Hiâle X 40 1/2. 4 ISOPODES. seule connue. Hodgson ne mentionne pas Touvrage de Studer dans son travail; il était probablement peu familier avec cette espèce. D'ailleurs, dans sa liste des Gnathiichv, il ne mentionne que ceux recueillis dans les mers d'Europe, ceux décrits dans le « Challenger Report» parBeddard et un autre de la Nouvelle-Zélande. Quoique Studer ne représente pas l'état larvaire de son espèce, sa description semble s'accorder en tous points avec la forme larvaire de Gnathia polaris, telle qu'on la trouve décrite et figurée par Hodgson, FAMILLE DES JEGIDM .ffiga australis sp. nov. (Pig. 8 à 11 du texte.) Corps deux fois aussi long que large (Tmillimètres), surface unie. Colo- ration jaune brunâtre ponctuée de taches claires, avec des aires d'un brun sombre sur les épimères, sur les côtés des segments abdominaux, sur les pédoncules et sur la branche interne des uropodes. Tête plus large que longue (r",5 sur 3'"",5) avec la partie antérieure prolongée en une petite ¥\g. s. —jEfja australis s^. nov. poiute médiane, qui se voûte au-dessus des an- — La tète, avec les deux paires , i i i i . ' • i i d'antennnes et les deux pie- tcnncs pour rcncontrerle bord antérieur delà niiers segments thoracitiues i.^p .i i .-i i -i- ii ^ ^, lame irontaie. Les articles basilaires de. la pre- mière paire d'antennes ne sont pas dilatés, et le second article ne forme pas de processus à l'extrémité distale.Les deux premiers articles sont subégaux en longueur ; le troisième article est une fois et demie aussi long que l'article précédent. Le flagelium se compose de huit articles, dont le premier est aussi long que les trois suivants réunis. Les antennes de la première paire s'étendent jusqu'au bord postérieur du premier segment thoracique. Les antennes de la seconde paire ont les trois premiers articles courts et subégaux; le quatrième et le cinquième sont également subégaux, et chacun d'eux égale en longueur le double du troisième. Le flagelium se compose de dix-sept articles et s'étend, lorsqu'il est rabattu en arrière, jusqu'au bord postérieur du troisième segment tho- racique. Les yeux sont grands, composés et placés dans les angles post-la~ Fig. y. — ^'15" auslralis sp. nov. — Un luaxilli- pèdex 14. ISOPODES. 5 téraux. La distance qui les sépare égale environ une fois et demie la lon- gueur d'un œil. La lame frontale est transversalement ovalaire, et son bord antérieur rencontre la pointe médiane du bord antérieur de la tête. Lo palpe des maxillipèdes se compose de cinq articles, dont les deux ou trois derniers sont épineux à leur extrémité. Les segments du thorax sont subégaux. Les épi- mères sont distincts sur tous les segments, sauf sur le premier, et leurs angles post-latéraux extérieurs sont aigus. Les deux derniers de ces angles se pro- longent au delà du bord postérieur des segments. Tous les segments de l'abdomen sont distincts. Le premier est un peu plus court que les trois suivants. Le cinquième est une fois et demie plus long que le troisième sur la ligne médiane. Le sixième segment, ou segment terminal, est triangulaire, avec l'apex prolongé en une pointe aiguë dont le bord latéral est denticulé sur une courte longueur. Les uropodes s'étendent au delà de l'apex du dernier segment de l'abdomen. Leur branche externe est étroite, ovale, avec l'extrémité munie de deux dents aiguës et les bords latéraux légèrement denticulés. La branche interne est près de deux fois et demie aussi large que la branche externe ; elle a l'ex- trémité obliquement tronquée, l'angle post-latéral interne étant obtusément arrondi. On observe de légères traces d'é- ng. 10.— jEga ausiraiissp. , , , , . nov. — Les quatre derniers chancruresur le bord extérieur segments abdominaux avec , , , les uropodes X 5. de cette branche, un peu au- dessous du milieu. Le bord postérieur est denticulé. Les pédoncules des uropodes s'étendent jusqu'à l'angle post-latéral interne de la branche interne. Fig. 11. — ^Y/a auslralis sp. nov. — Une patte de la 2» paire du mile X6 1/2. •6 ISOPODES. Les trois premières paires de pattes sont préhensiles et pourvues de quelques épines. Les quatres suivantes sont ambulatoires et légèrement épineuses. Quatre exemplaires de cette espèce proviennent de l'île Booth-Wandel l'île Anvers (?). Ceux de l'île Booth-Wandel furent pris par la drague à une profondeur de 40 mètres. Un exemplaire a été trouvé dans l'estomac d'un Phoque [Leptonychotes Weddellii). Couleur de l'animal : blanc rosé. Cette espèce diffère cV.Ega magnifica (Dana) (1) par l'absence de tout processus sur lepropoditedes trois premières paires de pattes, par ses an- tennes plus longues, par l'arrangement différent des taches du corps et par la branche interne élargie des uropodes. Néanmoins, elle se rat- tache plus étroitement à cette forme qu'aux autres espèces qui viennent d'une localité voisine, par exemple /Ega Edwardsii Dollfus (2) de la baie Orange, .Ega semicannata Miers (3) et jEga iJimctulata Miers du détroit 'd(; Magellan (4). FAMILLE DES PLAKARTHRIID.E Plakarthrium punctatissimum ( Pleffer). ■Chelonidium punctatissiinum Pl'cller, JaJirbuclider llambnrgisclien Wissenschlaftli- rhen Anstalten, III-IV, 1880-1887, p. 8(3-05, pi. II, lig-, 11; pi. IV, fig-. G-:!:V, ]il. V, lig:. 1. Plnkartlirium pinictatissimtim Richardson, Proc. U. S. Nal. Mus. XXVII, 1904 p. 0-8. — Ilansen, Quaterlij Journ. of Microscopical Science, XLIX, PL. I, 1905, p. 115. Localité. — Ile Booth-Wandel. Profondeur. — Rivage, sur une grande feuille de Laminaria. Le genre Plakarthrium (5) de Chilton, dont Chelonidium PfefTer est .synonyme, ne comprend que deux espèces. Le type est P. tgpicum (6). Ilansen dit qu'il est incapable de décider (1) Pterelis magnificus ; Dana, Expl. Exp., Crust., IS.j3, XIV, p. IGO, PI. Ll,fig. 4. (2) Mission scicntifi lua du cap Horii, 18S2-83, 11, 18'J1, p. :j8-o0. (3) Ibid., p. 57-rJ8. (4) l'roc. Zool. Soc. Lonlon, 1881, p. 77-78. (;i) Trans. New Zealand Instilute, X\', 1883, p. 74-76. (G) Qualcriij Journ. o/' Microscopical Science, IOOj, p. ll.j. ISOPODES. T si P. punctatissimum est une espèce étroitement voisine ou seulement synonyme. FAMILLE DES SPH.EROMIDM Cymodocella egregria (Chilton). Spfixroma egregrium Chilton, Trans. New Zcaland Institute, XXIV, 1802, p. 2Gf). Cymodocella tubicauda P(eKer, Jn/irbucfi der Ilamburgischen WissenscluiftUchcnAnn- tuUen, III-IV, 1880-1887, p. 110-115, pi. II, fi-. 8; pi. VI, fig-. 11-12. —Journ. Mi- croxcopical Science, XLIX, P. A. I., lOO."), \\. 12C.. Cymodocella egregria Hansen, Quaterly Journ. JJicroscopical Science, XLIX, Pt. I,. 1005, p. 120. Loailités. — Ile Booth-M'andel, île M'incke, baie des Flandres. Profondeur. — Trouvé sur le rivage à mer basse, par 20 mètres, dans la vase rapportée par le filet ; par 30 mètres, drague ; à mer basse, accroché à une Astérie; à 2o mètres, à demi digéré dans l'estomac d'un Poisson préparé à sec [Notothetiia] ; enfin à 40 mètres. D'après Hansen, Cymodocella tubicauda PfelTer (I) est identique à Sphœroma egregrium Chilton. Sur celle autorité, j'ai réuni les deux_ espèces. FAMILLE DES SEROLID.E Serolis polita Pfefl'er. Serolisjwli/a Pl'cll'er, Ju/irbuch des //a/iibiirgisc/ien Wissenschaftlichen Anslalten, III- IV, 1880-1887, p. 81-85, pi. II, fig-. -'i-5. Profondeur. — 30 à 40 mètres. Un exemplaire de l'île Boolh-Wandel. fut trouvé dans l'estomac de Pygoscelis aiitarctira. Serolis Bouvier! sp. nov. (Fig. I lie la planche; lig-. 12 et 13 du texte.) Corps à contour ovale, un peu plus long que large (35 millimètres sur 2o millimètres). Tête unie dorsalement avec le premier segment thoracique. Le bord antérieur est excavé, avec la pointe médiane prolongée en un long et étroit appendice s'élendant au delà du premier article pédonculaire de la première paire d'antennes. La partie postérieure de la tète se relève- (1) Quaterly Journ. of Microscopical Science, XLIX, Pt. 1, l9iio. p. 126. 8 ISOPODES. en deux grands tubercules proéminents, contigus sur la ligne médiane et s'étendant jusqu'aux bords latéraux. L'œil est placé sur le côté externe de chacun des tubercules et se présente comme un organe long et étroit, quatre fois plus long que large (1 millimètre sur 4 millimètres), complètement caché, vu en dessus, par le tubercule surplombant. Les deux premiers articles du pédoncule des antennes de lapremière paire sont à peu près de longueur égale, chacun d'eux est armé, à l'extrémité distale, d'un tubercule proéminent et spiniforme dirigé vers le haut et formant un angle droit avec la surface dor- sale de l'article. Le troisième article pédonculaire Fig. li. — Serolis Bouvieri sp. nov. — Articles ijasi- a uue fois et demie la longueur du second article laires des deux paires d'an- tennes et bord antérieur et s'étcud un Deu au delà du milieu du quatrième de la télex 2 1/3. ' ' article des pédoncules de la seconde paire d'antennes. Le flagellum est composé de vingt et un articles ; il s'étend jusqu'à l'extrémité distale du pédoncule des antennes de la seconde paire. L'article basilaire de ce dernier pédoncule est très court et invisible, regardé en dessus. Le second article est environ trois fois aussi long que le premier. Les antennes sont géniculées à l'articulation du second et du troisième article. Le troisième article n'est pas aussi long que le second, mais il égale environ deux fois la longueur du premier. L'extrémité distale des second et troisième articles est armée d'un tubercule en forme d'épine, moins visible sur le troisième article. Le quatrième article est subégal au troisième et deux fois aussi long que ce dernier. Le flagellum est composé de seize articles et s'étend jusqu'au bord postérieur du premier segment thora- cique. Le premier segment thoracique est partiellement fusionné avec la tête. Les épimères de tous les segments sont tout à fait confondus avec les tergites; toutefois, sur les second, troisième et quatrième seg- ments, il y a une faible ligne indiquant le point de coalescence. Les angles post-latéraux de tous les segments thoraciques se prolongent en arrière sous la forme de processus épais et arrondis. Les cinquième et sixième segments du thorax sont fusionnés dorsalement avec le pre- mier segment de l'abdomen. Le septième segment thoracique n'est ISOPODES. 9 pas représenté, sauf sur le côté ventral, comme c'est la coutume dans cette famille. Le premier segment abdominal est recouvert latéralement par le dernier segment tlioracique, et il est réuni dorsalemont, sur la ligne médiane, aux deux segments tlioraciques qui précèdent, soit le cinquième et le sixième. Ses deuxième et troisième segments sont bien développés. Le quatrième, ou segment terminal de l'abdomen, est un peu plus large que long (12 millimètres sur H millimètres). Sa plus grande largeur se trouve vers le milieu, après quoi il s'atténue brusquement en une extrémité étroite qui porte une grande échancrure arrondie. Un grand tubercule spiniforme surplombe le bord supérieur de l'échancrure, sur la ligne médiane. Sur la surface dorsale des segments se voient les traces P'^g- i"'- - seroUs uomùeri _ . sp. nov. — a, ciintour de laujles émmences : une sur la ligne mé- ''"" *^"^^ '^<^ i'abdojjien avec l'uropoile corrcs- diane à la base du segment, deux aux angles laté- iiomiant; i, l'chanciure terminale de l'alHloinen raux vers le milieu du segment, une de chaque dessinée de maniùie à. nielfie en évidence le côté aux points où l'abdomen converge brusciuc- tubercule surplombant ^ ^ X 2 1/3. ment vers son extrémité et deux très peu visibles sur la moitié postérieure du segment, ces dernières plus rapprochées l'une del'autre que les saillies latérales (parce que l'abdomen est plus étroit en ce point) et placées sur chaque côté de la ligne médiane. Les uropodes prennent leur origine vers le milieu du segment, sur le bord latéral ; leurs branches sont courtes toutes les deux, l'interne ayant seulement 2 millimètres de longueur et l'externe, presque rudimentairc, ayant seulement la moitié de la longueur de la branche interne (1 millimètre de long). Les deux branches sont étroites, arrondies postérieurement et frangées de poils. Chez le mâle, les pattes de la première et de la deuxième paires sont subchéliformes, celles de la seconde ayant une beaucoup plus petite main. Chez la femelle, la première paire seule est subchéliforme. Toutes les autres pattes sont ambulatoires. Un grand nombre d'exemplaires proviennent des localités suivantes : île Booth-Wandel, baie des Flandres. Profondeur. — 20 à 40 mètres, et sur le rivage à mer basse. Expédition Charcol. — U;i-iim\iison. — Isopodes. 2 10 ISOPODES. Cette espèce ressemble à Serolis Pagenstecheri Pfeffer, mais en diffère par beaucoup de caractères. La pointe médiane du bord antérieur de la tête est beaucoup plus longue ; le premier et le second articles des antennes de la première paire et le second et le troisième articles des antennes de la seconde paire sont pourvus de tubercules spiniformes qui n'existent pas chez .*^. Pagenstecheri; la partie antérieure de la tète porte deux grands tubercules s'étendant au-dessus des yeux et les cachant partiellement vus en dessus; les angles post-latéraux des segments thora- ciques sont arrondis et épaissis, non aigus comme chez S. Pacjenstecheri Pfeffer ; le cinquième et le sixième segment thoracique sont réunis dor- salement sur la ligne médiane avec le premier segment abdominal ; les saillies de l'abdomen sont presque invisibles ; enfin il y a un tubercule proéminent et spiniforme qui surplombe le bord antérieur de l'échan- crure terminale du dernier segment de l'abdomen. Cette espèce est dédiée à M. le professeur E.-L. Bouvier, auquel je dois beaucoup pour la gracieuseté qu'il a eue de m'envoyer les Isopodes recueillis par le « Français ». IDOTEOIDEA ou VALVIFERA FAMILLE DES IDOTEID.E. Glyptonotus acutusnov. sp. (Fig-. 2, 3, 4 de la planche.) Corps ovale, oblong, deux fois et demie plus long que large (10 milli- mètres sur 2o). Tête un peu plus de deux fois aussi large que longue (3 millimètres et 7 millimètres) avec le bord antérieur légèrement excavé entre les angles latéro-antérieurs et avec une petite échancrure médiane au fond de cette excavation. Tète plus large aux angles latéro-postérieurs qu'aux angles latéro-antérieurs. Les bords latéraux sont entiers. Yeux petits, arrondis, composés et situés dans les angles latéro-postérieurs. La surface de la tête est sculptée comme dans G.antarcticm Eights.Les antennes de la pre- mière paire ont le premieretlesecondarticlesàpeuprès d'égale longueur ; le troisième est une foisetdemie plus long que le second; le quatrième article ISOPODES. 11 esten massue etàpeuprèsaussilongquo l'article précédent. Les premières antennes s'étendent jusqu'aux deux tiers de la longueur du dernier article du pédoncule des antennes de la seconde paire. L'article basilaire de ce dernier pédoncule est court et invisible vu par-dessus; le second et le troisième sont environ d'égale longueur, et chacun d'eux égale presque deux fois la longueur de l'article basilaire; le quatrième article est une fois et demie aussi long que l'article précédent; le cinquième a une fois et demie la longueur du quatrième. Le flagellum est composé de dix- neuf articles; il s'étend, lorsqu'il est ramené en arrière, jusqu'aux angles latéro-postérieurs du second segment thoracique. L'extrémité distale de tous ces articles pédonculaires est pourvue de soies l'aides. La portion postérieure de la tête est profondément engagée dans le premier segment thoracique, dont les angles latéro-antérieurs sont pro- longés en avant en larges lobes. Les parties latérales, ou épimères, des quatre premiers segments sont parfaitement unies à leurs segments res- pectifs. Les angles externes post-latéraux des épimères sont prolongés en pointes qui deviennent graduellement plus aiguës. La surface de tous les segments du thorax est admirablement sculptée comme chez G. antarc- ticus. L'abdomen se compose de cinq segments, lesquatrc premiers courts et le dernier long. Les côtés des deux premiers segments sont cachés par le septième segment thoracique. Le quatrième segment a des angles latéro- postérieurs très aigus, qui se prolongent au delà de la base du segment terminal. Le dernier segment abdominal est beaucoup plus long que large, ayant 10 millimètres de long et 6 millimètres de large à la base. Il converge graduellement vers un point situé près de l'apex, où il se con- tinue en un long processus aigu. Il y aune longue et haute carène médiane qui s'étend sur la longueur entière du segment et qui n'est interrompue qu'une fois, près de la base du segment, par une profonde échancrure. Les trois paires antérieures de pattes sont préhensiles; les quatre paires postérieures sont ambulatoires. Les pattes ambulatoires sont armées d'épines serrées, et les pattes préhensiles portent une double rangée de touffes de cils sur le bord intérieur du propodite du carpe et du méropodite. 12 ISOPODES. Les exopodites des uropodes sont en pointe aiguë. L'endopodite est presque aussi long que l'exopodite. Un grand nombre d'exemplaires proviennent de l'île Wincke et de l'île Booth-Wandel. Profondeur. — 30 mètres, pris par un dragage ; 25 mètres, pris par la drague ; 40 mètres, également pris à la drague; 30 mètres, pris par un filet; sur le rivage à mer basse ; et à 4 mètres. Les dimensions données ci-dessus sont celles d'un très petit exem- plaire. Cependant, toutes proportions gardées, les petits spécimens ressemblent aux plus grands. Cette espèce diffère du Ghjptonoius antarcticus par le segment terminal du corps, qui est plus long que large, avec l'apex prolongé en un processus 1res aigu ; tandis que chez G. antarcticus le segment terminal est plus large que long et d'ailleurs obtusément pointu à son extrémité, suivant la description donnée par Eights (1) et Miers (2) et les figures de Eights et de Pfeffer (3). La branche extérieure de l'uropode se termine en pointe aiguë chez G. acutus, tandis que chez G. antarcticus cette branche est représentée par Pfefler comme ayant une extrémité tronquée. Le corps est aussi plus long en proportion de sa largeur, étant deux ibis et demie plus long que large, tandis que chez G. antarcticus il est moins de deux fois aussi long que large. Le genre Ghjptonotus diffère du genre arctique iVesidotea par les côtés de la tête qui sont entiers et non incisés, et par les épimères des quatre premiers segments thoraciques, qui sont parfaiterpent unis à ces segments, les épimères des trois derniers segments étant articulés- avec leurs segments respectifs. Chez Mesidotea, les épimères sont dis- tincts dans tous les segments, depuis le second jusqu'au septième exclu- sivement. Il diffère du genre Sjjmmius par le flagellum de la seconde paire d'antennes, qui est pluriarticulé au lieu d'être épaissi en un seul article en massue, comme dans le genre; par le palpe des pattes-mâchoires (1) Trans. Albany Institute, H, 1833-j2, p. 33. (2) Journ. Linn. Sou. London, X\'I, 1883, p. 1-88. (3) Jahrb. der HumburgUchcn Wissenschaft lichen Anstaltcn, IV, 1887, |i. 4i-lb0. ISOPODES. 13 composé de cinq articles au lieu de trois, et par l'abdomen formé de cinq segments au lieu de trois, ce qui est caractéristique chez Sytn/nius. 11 diffère de Chiridotea par les côtés de la tète, qui sont entiers; par les trois derniers épimères qui sont seuls distincts des segments du thorax, et par les palpes des maxillipèdes, qui sont composés de cinq articles au lieu de trois. ASELLOIDEA ou ASELLOTA FAMILLE DES JANIRID^ Notasellus australis Hodgson. Notasellus aust?-alis Hodgson, Crustacea EnT(Fr.), Symbolœ ad Monographiam Cymothoarum ; Crus- taccorum Isopodum Familias. ISaturhis- torisk Tidsskrift (3), Xll, 1879-1880, p. 321-415, pi. \Il-Xlll.Copenhagcn. Studer (Th.), l'eber neue Seethiere aus dem Anlarktischen meere. Mitth. Naturf. Gescllsch. Bcrn, 1870, p. 75. Bern, 1877. — Isopoden gesammelt wilhrcnd der Reise S. M. S. Gazelle uni die Erde 1874-76. Abhandl. der K. Akad. Wiss. Berlin, 1883, p. 28, pl. 11. Berlin, 1884. EXPLICATION DE LÀ PLANCHE Fig. 1. — Seroiis Bouvieri sp. nov. Vue dorsale d'une femelle. X 2. (Les fouets des deux antennes sont brisés.) Fig. 2, 3 et 4. — Ghjptonotuit aciitus sp. nov. — Fig. 2, côté dorsal, fig. 3, face ven- trale ; fig. 4, jeune. (Toutes les figures de grandeur naturelle.) Fig. 5. — Ectias Turqueti sp. nov. Vue d'ensemble du côté dorsal. X 5,4. Fig. Cl. — Antias Charcoti sp. nov. Vue d'ensemble du côte dorsal. X 10. Fig. 7. — Austrimunna antarctica sp. nov. Vue d'ensemble du côté dorsale. X 16. Expédition Charcot, (H. Richardson - Isopodes). PI. I Phototypie B«rtbaud, Ptrii Serolis Bouvieri, Fig. 1. — Gljrptonotus acutus, Fig. 2, 3, 4. — Ectias Turqueti, Fig. 5. Antias Charcoti, Fig. 6. — Austrimunna antarctica, Fig. 7. Masson S: Cie, Éditeurs CRUSTACÉS AMPHÏPODES Par ED. CHEVREUX CORRESPONDANT DU MUSÉUM d'iIISTOIRE NATURELLE DE PARIS Les Amphipodes recueillis dans l'Océan Glacial Antarctique, au cours de l'Expédition du « Français », comprennent neuf espèces déjà connues et quinze espèces nouvelles. Cinq de ces dernières ont nécessité la formation de genres nouveaux. Parmi les formesdéjàconnues, trois espèces ont été décrites par PfefTer (6) d'après des exemplaires recueillis sur les côtes de la Géorgie du Sud. J'ai cru devoir reprendre la description de deux d'entre elles, Bovallia (jigantea et Eiirymera monticulosa, dont il était important de figurer les détails. Cela n'était pas nécessaire pour le gigantesque Paraceradocus Miersi, très suffisamment décrit et figuré dans le mémoire de Pfefïer (6, p. 12i,Pl. 111,%. 3«à3 e). La présence dans les eaux antarctiques d'Ampelisca Eschrichti Krôyer, forme de l'Océan Glacial Arctique, présente un grand intérêt. Une autre espèce du même genre, Ampeliscamacrocephala Lillj., du nord de l'Eu- rope, avait déjà été capturée par l'Expédition de la « Southern Cross » (15, p. 53). Enfin il est très intéressant de retrouver dans l'Océan Antarc- tique une Lysianassidœ, Ot'chornenopsis proxima Ed. Ch., trouvée par la « Princesse Alice » dans les eaux profondes de l'Atlantique Nord, au voisinage des îles du Cap-Vert. Dans son mémoire sur les Amphipodes de l'Expédition de la " Southern Cross )>, M. Walker (15, p. 38) insiste sur la prépondérance des Li/sia- nassidœ sur les autres familles d'Ainphipodes recueillies. La famille la Expédition Charcot. — Ed. Chevreux. — Crustacés Amphipodes. 1 2 CRUSTACÉS AMPHIPODES. mieux représentée dans les récoltes du « Français » est celle des Pontogeneiidœ^ mais il n'y a aucune conclusion à tirer de ce fait, les Am- plîipodes ayant tous été recueillis soit sur le rivage, soit au moyen de la drague, et les nasses, si utiles pour la ca()ture des Li/sianassidie, n'ayant pas été employées. LYSIANASSIDtË Cheirimedon dentimanus Ghevreux. 1905. Cheirimedon dentimanus Ghevreux (2), p. 159, fig. 1. Port Charcot, 4 avril 1904 ; sur de la viande de Phoque. — 8 avril, dragag-e, 20 mètres. — Ile Booth Wandel, 4 décembre 1904, dans l'estomac d'un /'//(70,sfc//s antarctica. — Ile Wincke, 29 décembre 1904; drag'age, 20 mètres. — 27 janvier 1905; drag-age, 25 mètres. — Plusieurs centaines d'exemplaires. Femelle. — Les plus grandes femelles sont longues de 10 à H milli- mètres. L'exemplaire figuré ici (fig. 1) atteignait 10""°, 7, mesurés du bord antérieur de la tête à l'extrémité du telson. Le corps est modérément obèse, le mésosome dépassant en longueur Fig. 1. — Cheirimedon dentimaniis. — Femelle, vue du côté gauche, x 9. l'ensemble du métasome et de l'urosome. La tête, beaucoup plus longue que le premier segment du mésosome, présente un petit rostre obtus; les lobes latéraux, prolongés jusqu'au milieu du premier article du pédoncule des antennes supérieures, sont légèrement aigus. Le premier segment du mésosome est un pou plus long que le second. Les segments suivants nilUSTACÉS AMPHIPODES. 3 augmontont progressivcincnt de longueur jusqu'au cinquième segment, qui est le plus long de tous. Le sixième segment n'atteint pas tout à fait lalongueur du septième. Les plaques coxales des quatre premières paires sont à peu près deux fois aussi hautes que les segments correspondants du mésosome. Les plaques coxales de la cinquième paire, un peu moins larges que hautes, présentent, au bord inférieur, une échancrure peu profonde. Les plaques épimérales des deux premiers segments du méta- some sont rc'gulièrement arrondies. Celles du troisième segment se pro- longent un peu en arrière et se terminent par une petite dent. Le premier segment de l'urosome présente une légère dépression dorsale. Les yeux, bien conformés, sont réniformes, leur plus grand diamètre dépassant un peu en longueur la moitié du bord supérieur de la tête. Les antennes supérieures (fig. 3, A) sont un peu plus longues que l'ensemble de la tête et du premier segment du mésosome. Le premier article du pédoncule, très volumineux, atteint à peu près la longueur du bord supérieur de la tête. Les deux articles suivants sont très courts, leur ensemble n'atteignant que le tiers de la longueur du premier article. Le flagellum principal, un peu plus long que le pédoncule, comprend dix- sept articles. Le premier de ces articles porte une touffe de tigelles sen- sitives ; les articles suivants ne présentent que des soies rares et courtes. Le flagellum accessoire, qui comprend six articles, n'atteint pas la moitié de la longueur du flagellum principal. Les antennes inférieures (fig. 3, B) sont un peu plus longues que les antennes supérieures. Le quatrième article du pédoncule dépasse de beaucoup en longueur les troisième et cinquième articles, qui sont d'égale taille. Les deux derniers articles du pédoncule portent une épaisse rangée de soies au bord antérieur et quelques longs cils au bord postérieur. Le flagellum comprend vingt etun articles, garnis de petites touffes desoies. L'épistome (fig. 2, A) ne déborde pas sur la lèvre antérieure. Les mandibules (fig. 2, B) sont robustes. La partie tranchante, presque lisse, ne porte que deux petites dents à l'extrémité interne et une dent, à peine saillante, à l'autre extrémité. Le processus molaire est bien déve- loppé. Il existe, entre lui et la partie tranchante, une épaisse rangée de soies, suivies de trois fortes épines simples. Le palpe, assez allongé, est fixé 4 CRUSTACÉS AMPHIPODES. un peu plus loin de l'extrémité de la mandibule que le processus molaire. Son troisième article n'atteint guère plus de la moitié de la longueur de l'article précédent. Ce dernier porte sept soies spiniformes simples. Le troisième article présente quinze soies semblables, situées le long de son bord interne et à son extrémité. La mandibule gauche porte, au voisi- nage de la partie tranchante, une petite épine cylindrique et recourbée, terminée par trois dents ob- tuses, et qui semble être une lame accessoire rudimentaire (fig. 2, C). La lèvre postérieure (fig. 2, D) présente des lobes latéraux triangulaires, étroitement ar- rondis à l'extrémité distale, et des prolongements posté- rieurs courts et peu diver- gents. Fig. 2. — Cheirimidon dentimanus, feraellf. — A, épistorne Le lobe interne deS maxil- et lèvre antérieure; B, mandibule droite; C, extrémité . de la mandibule gauche; D, lèvie postérieure; E.maxille leS antérieures (fig. 2, E) Se antérieure; F, maxille postérieure; G, maxillipéde. (A, B, D, E, F, G X 30; G X 37.) termmc par deux soies ciliées et une soie simple. Le lobe externe porte dix dents crénelées, la dent placée à l'angle interne étant beaucoup plus large que les dents suivantes. Le palpe, bi-articulé, dépasse un peu l'extrémité du lobe externe et se termine par une rangée de huit petites épines. Le lobe interne des maxilles postérieures (fig. 2, f), beaucoup plus court et plus étroit que le lobe externe, porte, au bord interne, une rangée de petites soies, suivies d'une grosse soie ciliée et d'une vingtaine de soies simples. Le lobe externe, finement cilié au bord externe, porte de nombreuses soies simples, à l'extrémité du bord interne. Le lobe interne des maxillipèdes (fig. 2, G), très développé, porte quelques épines barbelées au bord interne et trois petites dents au bord distal. Le lobe externe atteint à peine l'extrémité du deuxième article du palpe. Il est crénelé au bord interne et porte quelques soies au bord externe. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 5 Le palpe, grêle et allongé, porte de longues soies an bord interne. Les gnathopodes antérieurs (fîg. 3, C), assez robustes, sont cependant beaucoup moins développés que chez plusieurs espèces du genre Cheiri- medon. L'article basai, un peu plus long que l'ensemble des trois articles suivants, présente un bord antérieur droit, garni de quelques cils, et un bord postérieur assez fortement convexe. L'article ischial, l'article méral et le carpe sont à peu près d'égale longueur. Le dernier de ces articles présente un prolongement lobiforme très étroit, qui déborde sur le bord postérieur du propode. De forme quadrangulaire, le propode s'élargit un peu vers son extrémité, le bord postérieur étant légèrement concave. Le bord palmaire, perpendiculaire au bord postérieur, est garni d'une rangée de dents et de quelques soies spiniformes. Il porte deux fortes épines, avec lesquelles l'extrémité du dactyle peut se croiser. Le dactyle, un peu courbé, est de la longueur du bord palmaire. Les gnathopodes postérieurs (fig. 3, D) dépassent un peu en longueur les gnathopodes antérieurs. Les articles basai et ischial sont longs et grêles. L'article méral, quadrangulaire, porte, au bord postérieur, une rangée de cils, suivie d'une touffe de longues soies. Le carpe, très volu- mineux, piriforme, atteint une largeur double de celle de l'article basai. Le bord antérieur est finement cilié. Le bord postérieur ne porte qu'une touffe de longues soies. Le propode, un peu plus long que large, est loin d'atteindre la moitié de la longueur du carpe. Le bord antérieur, très fortement convexe, porte de longues soies spiniformes, denticulées au bord postérieur et terminées antérieurement par une petite dent accom- pagnée d'un cil (fig. 4, D). Le bord postérieur, un peu concave, presque droit, porte une épaisse rangée de soies plus courtes et se prolonge infé- rieurement de façon à former un petit organe chéliforme avec le dactyle. Ce dernier article, très large à la base, est brusquement rétréci et crochu à l'extrémité. Les péréiopodes de la première paire (fîg. 3, E) sont un peu plus longs que les gnathopodes postérieurs. L'article basai n'atteint pas tout à fait la longueur de l'ensemble des deux articles suivants. L'article méral, assez volumineux, est un peu dilaté en avant. Le carpe est plus étroit et beaucoup plus court. Tous ces articles ne portent pas d'épines, mais leur bord pos- 6 CRUSTACÉS AMPHIPODES. térieur est garni de longues soies. Le propode, à peu près aussi long que l'article méral, porte une rangée d'épines au bord postérieur. Le dactyle atteint le tiers de la longueur du propode. Les péréiopodes de la deuxième paire sont de même forme, mais un peu plus courts que les péréiopodes précédents, leur longueur étant sensiblement égale à celle des gnatho- podes postérieurs. Les péréiopodes de la troisième paire (fig. 3, F) sont beaucoup plus courts que les péréiopodes précédents. L'article basai, fortement dilaté Fig. 3. — Cheirimedon denliinanus, femelle. — A, antenne supiSrieurc ; B. antenne inférieure ; C, gnatlio- pode antérieur; D, gnalhopode postérieur; K. péréiopode de la première paire; F, péréiopode de la troisième paire ; G, péréiopode de la t|uatrièrae paire ; H, péréiopode de la cinquième paire ; I, uropode de la dernière paire ; J. telson. [k, b x 14; G, D, E, F, G, il x 10 ; I, J x 26.) en arrière et presque aussi large que long, porte une rangée d'épines au bord antérieur. Le bord postérieur présente quelques petites crénelures, seulement visibles à l'aide d'un fort grossissement. L'article méral, assez fortement dilaté en arrière, présente un bord postérieur convexe, garni de quelques longues soies. Le carpe, beaucoup plus court et plus étroit que l'article méral, porte quelques épines au bord antérieur. Le propode, plus long et beaucoup plus étroit que le carpe, présente aussi un bord antérieur épineux. Le dactyle, un peu courbé, atteint près de la moitié de la longueur du propode. Les péréiopodes de la quatrième paire (fig. 3, G), notablement plus longs que les péréiopodes précédents, n'en diffèrent que par la forme de leur article basai, qui est beaucoup moins large que long. Les péréiopodes de la cinquième paire (fig. 3, H) sont les plus longs de CRUSTACÉS AMPHIPODES. ^ tous. L'article basai, beaucoup plus long que largo, présente un bord postérieur convexe, sauf une petite partie, qui est droite ; ce bord porte quelques crénelures peu distinctes. L'article méral est moins dilaté que dans les pattes des deux paires précédentes. Les autres articles ne dif- fèrent des articles correspondants des péréiopodes des troisième et qua- trième paires que par leur taille un peu plus grande. La branche externe des uropodes de la première paire , beaucoup plus longue que la branche interne, est loin d'atteindre la longueur du pédoncule. Les branches des uropodes de la deuxième paire, à peu près d'égale taille, sont aussi longues que le pédoncule. Dans les uropodes de la dernière paire (fig. 3, /), le pédoncule, un peu plus long que la branche interne, est plus court que la branche externe. Cette dernière pos- sède un petit article terminal et porte trois épines au bord externe. La branche interne ne porte que deux soies au bord interne. Le telson (iig. 3, ./j, un peu moins large que long, est fendu sur plus de la moitié de sa longueur. La fente est largement ouverte, et chacun des lobes qu'elle forme porte une épine terminale et trois épines laté- rales très petites, visibles seulement à l'aide d'un fort grossissement. Mâle. — Les mâles, beaucoup moins nombreux que les femelles dans la collection, sont de taille plus petite et n'atteignent que 7 millimètres de longueur. L'angle postérieur des plaques épimérales du troisième segment du métasome (fig. 4, B) est un peu plus prolongé que chez les femelles. Les angles latéraux de la tête (fig. 4, A), plus allongés, dé- passent de beaucoup le milieu du premier article du pédoncule des antennes supérieures. Les yeux sont plus allongés, leur plus grand diamètre attei- gnant les deux tiers de la longueur du bord supérieur de la tète. Les antennes (fig. 4, A) ne sont pas plus longues que celles des femelles ; elles en diflerent seulement par la présence de calcéoles au bord posté- rieur du ilagellum des antennes supérieures et au bord antérieur du flagel- lumdes antennes inférieures. Dans les gnathopodes antérieurs (fig. 4, 6'), le bord palmaire du propode est concave et le dactyle est assez for- tement courbé. L'article basai des péréiopodes des trois dernières paires est bien nettement crénelé au bord postérieur (fig. 4, E). Les uropodes de la dernière paire (fig. \, F) ne portent pas de soies; seule, f. 8 CRUSTACÉS AMPHIPODES. une petite épine est fixée au bord externe de la branche interne. Les lobes du telson (fig. 4, G) ne possèdent qu'une épine terminale, une épine latérale et deux petites soies. Cheirimedon FongneriWa.lker (15, p. 41 , PI. VII, fig. 1-6), pris à la sur- face par 78° 33' de latitude sud, au cours de l'Expédition antarctique de la Fig. 4. — Cheirimedon denlimanus, mile. — A, tète et antennes; B. plaque (5pimérale du troisième seg- ment du métasoiue ; G, gnalliopode antérieur; D, extrémité d'un gnathopode postérieur: E, péréiopode de la dernière paire; F, uropodes de la dernière paire et telson; G, telson. (A, B. C, E x 15; F x 30; D, Gx52.) « Southern Cross », est l'espèce la plus voisine de C. dentimanus. Elle s'en rapproche par la forme du propode des gnathopodes antérieurs, mais elle en diifère par de nombreux caractères. Chez C. Fougneri, les plaques coxales des quatre premières paires sont à peu près de la hau- teur des segments correspondants ; le bord postérieur des plaques épi- mérales du troisième segment du métasome forme un angle droit avec le bord inférieur ; les antennes sont plus allongées ; le propode des gnatho- podes postérieurs n'est pas chéliforme ; les branches des uropodes de la dernière paire portent de nombreuses soies au bord interne. Orchomenella macronyx Chevreux. 1905. Orchomenella macronyx Chevreux (2), p. 101, fig-. 2. Port-Charcot, 15 mars 1904 ; dragage, 40 mètres. — 4 exemplaires. Le plus grand exemplaire mesurait 5 millimètres de longueur, dans la Fig. 5. — Orckomenella macroiiyj-. Vue du côté droit. X 15. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 9 position où il est figuré ici (fîg. 5). Le corps est assez obèse. La tète, plus longue que le premier segment du mésosome, ne porte pas de rostre. Les lobes latéraux, tressaillants et très larges, sont régulièrement arrondis. Les segments du méso- some augmentent pro- gressivement de longueur, du premier au quatrième segment, qui est le plus long de tous. Les plaques coxales des quatre pre- mières paires sont beau- coup plus hautes que les segments correspondants du mésosome. Les pla- ques coxales de la cin- quième paire, un peu moins larges que hautes, sont légèrement échancrées au bord inférieur. Le troisième segment du métasome présente une petite dépression dorsale. Ses plaques épimérales, régulièrement arrondies, ne se prolongent pas en arrière. Le premier segment de l'urosome présente une dépression dorsale remarquablement profonde, suivie d'un bourrelet arrondi. Les yeux, très grands, bien conformés, sont largement ovales, leur plus grand diamètre atteignant presque la longueur du bord supérieur de la tête. Les antennes supérieures (fig. 6, A), très courtes, atteignent à peu près la longueur de l'ensemble de la tête et du premier segment du mésosome. Le premier article du pédoncule, très volumineux, à peine plus long que large, est suivi de deux articles courts et d'égale taille. Le flagellum prin- cipal, plus court que le pédoncule, comprend six articles. Le premier de ces articles, aussi long que l'ensemble des trois articles suivants, porte un certain nombre de tigelles sensitives. Le flagellum accessoire se com- pose d'un article aussi long que le premier article du flagellum principal, suivi de deux articles très courts. Les antennes inférieures (fig. 6, B) sont un peu plus longues que les Expédition C/iaicol. — l'.ji. Chevheux. — Crustacés Ampliipodes. 2 10 CRUSTACES AMPHIPODES. antennes supérieures. Le quatrième article du pédoncule, beaucoup plus long que le cinquième article, porte de nombreuses soies au bord anté- rieur. Le flagellum, à peine plus long que le quatrième article du pédon- cule, comprend six articles, bordés de quelques longues soies, L'épistome ne déborde pas sur la lèvre antérieure. Les mandibules (fig. 6, C) présentent une partie tranchante droite et lisse, sauf une petite dent à l'angle externe. Le processus molaire est bien développé. Entre lui et la partie tranchante se trouvent quatre épines re- Fif,'. C. — Orclwinenella macronijx. — A, antenne supérieuiv ; Li, antoiinc! inrcrioure ; C, niandibulo ; D. lèvre postérieure; E, maxille an(éi'ieui'e ; F, iiiaxille postérieure; G, maxilliiiéde. (A. B x 30; C, D, K, F, G X 72.) courbées. La lame accessoire delamandibule gauche est représentée par une simple dent, terminée en pointe aiguë. Le palpe, situé beaucoup plus loin de l'extrémité de la mandibule que le processus molaire, est robuste et allongé. Son deuxième article porte quatre soies au bord interne. Le troisième article, beaucoup plus court que l'article précédent, porte cinq soies au bord interne et deux soies à l'extrémité. La lèvre postérieure (fig. 6, D) possède des lobes latéraux un peu angu- leux au bord distal et présentant une légère échancrure au bord interne. Les prolongements postérieurs sont courts et non divergents. Le lobe interne des maxilles antérieures (lig. G, E) se termine par deux soies ciliées. Le lobe externe porte six dents crénelées. Le palpe, bi-articulé, porte, au bord distal, trois dents larges et courtes, accompa- gnées d'une épine. CRUSTACÉS AMPHIPODKS. 11 Le lobe interne des maxilles postérieures (fig. 6, F), un peu plus court el plus étroit que le lobe externe, porte, au bord interne, une rangée de cils, suivie d'une grosse soie ciliée et de cinq soies simples. Le lobe externe porte cinq soies simples, suivies d'une rangée de cils. Le lobe interne des iiiaxillipèdes (fig. 0, G), très développé, porte quatre dents au bord distal. Le lobe externe ne dépasse que de très peu le lobe interne et n'atteint pas l'extrémité du deuxième article du palpe, (le lobe porte quelques grosses dents au bord interne. Le palpe est grêle et allongé. Les gnathopodes antérieurs (fig. 7, Aj, assez robustes, sont peu allon- gés. L'article basai, volumineux, n'est que deux fois aussi long que large; il dépasse un peu en longueur l'ensemble des trois articles suivants, qui sont à peu près d'égale taille. Le carpe, triangulaire, se prolonge en arrière pour former un lobe étroit, qui déborde fortement sur le bord postérieur du propode. Ce dernier article est un peu plus long que large. Son bord antérieur, légèrement convexe, dépasse de beaucoup en lon- gueur le bord postérieur, qui est presque droit et s'arrondit inférieure- ment de façon à se relier au bord palmaire par une courbe régulière. Le bord palmaire présente quelques petites crénelures. Le dactyle est beaucoup plus long que le bord palmaire. Les gnathopodes postérieurs (fig. 7, B) dépassent de beaucoup en lon- gueur les gnathopodes antérieurs. Les articles basai et ischial sont longs et grêles. L'article méral est beaucoup plus court. Ces trois articles ne portent ni soies ni épines. Le carpe, ovale allongé, beaucoup plus large que les articles précédents, porte une longue soie spiniforme au bord antérieur et une rangée de petites soies au bord postérieur. Le propode, beaucoup plus court que le carpe, présente un bord antérieur fortement convexe, terminé par une touffe de longues soies spini formes ; le bord postérieur, presque droit, garni d'une rangée de soies, se prolonge un peu pour former, avec le dactyle, un petit organe préhensile. Le dac- tyle, relativement grand, dépasse l'extrémité du bord palmaire. Les péréiopodes des première et deuxième paires ffig. 7, C) atteignent à peu près la longueur des gnathopodes postérieurs. L'article méral, un peu dilaté antérieurement, est aussi long mais beaucoup plus gros que 12 CRUSTACÉS AMPHIPODES. le propode. La longueur du carpe est beaucoup moindre. Ces pattes sont complètement glabres, sauf une petite soie située à l'extrémité du bord postérieur des articles basai, ischial et méral. Les péréiopodes des trois dernières paires, très courts, augmentent progressivement de longueur, ceux de la dernière paire atteignant à peu près la taille des péréiopodes de la première paire. Dans les péréiopodes des trois dernières paires, l'article basai, beaucoup plus long que large, ne Fig. 7. — Orchemenella macronijx. — A. giiathopodo antérieur; B, gnathopode postérieur; G, péréio- pocie de la deuxième paire; D, péréinpode de la troisième paire; E, pérèiopoili' de la cinquième paire; F, uropode de la deuxième paire; R, uropode de la troisième paire; H. telson. (A, B, C, D. E x 22 ; F, G. H x53.) présente pas de crénelures au bord postérieur. Ces péréiopodes sont glabres , sauf quelques petites épines situées au bord antérieur des articles basai, ischial et méral. Dans les uropodes de la première paire, la branche externe, beaucoup plus grande que la branche interne, n'atteint pas lalongueur du pédoncule. Les uropodes de la deuxième paire (fig. 7, F) sont loin d'atteindre l'extré- mité des uropodes précédents; leurs branches, à peu près d'égale taille, sont un peu plus longues que le pédoncule. Les uropodes de la dernière paire (fig. 7, G) dépassent de beaucoup les uropodes précédents. Les CRUSTACÉS AMPHIPODES. 13 branches, d'égale taille, sont un peu plus longues que le pédoncule. La branche interne, lancéolée, est finement denticulée au bord interne. La branche externe, bi-articulée, aussi large à son intersection avec le petit article terminal qu'à sa base, est aussi denticulée au bord interne, (^es deux branches ne portent ni soies ni épines. Le telson (fig. 7, H), à peine plus long que large, est fendu sur à peu près la moitié de sa longueur. Les lobes, un peu divergents à leur extré- mité, ne portent qu'une petite épine terminale. Le nom spécifique fait allusion à la grande longueur des dactyles des gnathopodes antérieurs et postérieurs. Orchomenopsis proxima Ghevreux. 1903. Orchomenopsis proxima Ghevreux (1), p. 93, fig-. G. Port-Gharcot, 4 avril 1904; sur de la viande de Phoque. — 8 avril 1904; dragage, 20 mètres. — Nombreux exemplaires. Cette espèce a été décrite d'après des exemplaires recueillis, au cours de la campagne de 1901 du yacht « Princesse Alice », dans deux stations des parages des îles du Cap-Vert, par des profondeurs de 692 mètres et de 1 300 mètres. La forme de l'île Booth-Wandel diffère du type par sa taille presque double. Tandis que les plus grands exemplaires de l'Atlantique tropical atteignent seulement S"'"',^ de longueur, ceux de l'Océan Glacial Antarctique mesurent 17 millimètres. C'est la seule difFérence importante qui sépare les deux formes. Le principal caractère qui les distingue de l'espèce la plus voisine, Orchomenopsis ohtusa G.-O. Sars, de la côte occidentale de Norvège, consiste dans la grande inégalité des branches des uropodes de la dernière paire chez 0. proxima, la branche interne n'atteignant que les deux tiers de la longueur de la branche externe. On notera aussi que, chez cette dernière espèce, les extrémités des uropodes des trois paires atteignent à peu près au même niveau, tandis que, chez 0. ohtusa, les uropodes de la dernière paire dépassent de beaucoup les uropodes précédents. Genre WALDECKIA (1) nov. gen. Syn. Charcotia Ghevreux 1905. Corps extrêmement obèse, téguments épais et durs. Plaques coxales (1) Le nom de Charcotia étant déjà employé pour désigner un genre de Mollusques nudi- 14 CRUSTACÉS AMPHIPODES. remarquablement hautes. Plaques coxales de la cinquième paire ne présentant pas d'échancrure au bord inférieur. Antennes courtes, suhé- gales. Épistome séparé de la lèvre antérieure par un profond sinus. Mandibules peu développées ; palpe faible, fixé tout près de la base de la mandibule. Lobe externe des maxilles antérieures armé de larges dents crénelées. Lobe externe des maxillipèdes très développé, atteignant le milieu du troisième article du palpe. Propode des gnalhopodes antérieurs non subchéliforme. Propode des gnathopodes postérieurs non prolongé au bord postérieur. Péréiopodes possédant tous un ou deux lobes branchiaux accessoires. Branches des uropodes de la dernière paire lan- céolées, garnies, chez la femelle, de longues soies ciliées. Telson profon- dément fendu. Bien qu'assez voisin du genre Menigrates, le genre Waldeckia s'en distingue par de nombreux caractères, dont les principaux consistent dans la forme des uropodes de la dernière paire et du telson. (.hez Menigrates^ les uropodes de la dernière paire sont extrêmement petits, leurs branches sont à peu près nues (1). Le telson, large et court, n'est que légèrement échancré. Enfin Menigrates (ibtusifrons, seule espèce actuellement connue du genre, ne possède pas de lobes branchiaux accessoires. Le nouveau genre se rapproche de Lepidppecreum par ses téguments durs et épais, par la grandeur de ses plaques coxales et par la forme de ses uropodes et de son telson, mais il en diffère bien nettement par le manque de carène dorsale et par la forme des gnathopodes. Le type du genre, Waldeckia ohesa, dont on trouvera ci-après la description, a été capturé au cours de l'Expédition antarctique de la « Discovery ». M. Alfred-0. Walker, dans une note préliminaire récemment parue (17, p. 454), nous apprend qu'il avait d'abord classé cette espèce dans \e ^enve Socarnes. A mon a,\is, Waldeckia obesa àiïïève bien nettement des Socarnes par son corps très obèse, par ses plaques coxales extrê- branches, je prie M. le D'' Jean Charrot de vouloir bien m'auloriser à le remplacer par le nom de sa sœur, M"" Waldeck-Rousseau. (1) Chez la femelle. Le I> Reibish (7, p. 54, PI. IV, fig. I) a signalé la présence, dans les uro- podes de la dernière paire du mâle de MenUjrales ohlusifrom, de quelques épines sur les deux branches et de trois soies ciliées sur le bord interne de la branche externe. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 15 mement hautes et par la forme toute particulière de ses plaques coxales de lii cinquièine paire. D'autre part, les pièces buccales présentent aussi de notables diilerences. Chez les Socarnes, la lèvre antérieure se prolonge en avant de l'épistome; le palpe des mandibules est fixé à peu près à égale distance de leur base et de leur extrémité; le lobe externe des maxilli- pèdcs n'atteint pas l'extrémité du deuxième article du palpe. Enfin le propode des gnathopodes postérieurs des Socarnes est prolongé intérieu- rement. ^Waldeckia obesa (Ghevreux.) 1905. Charcotia obesa Ghevreux (2), p. 163, fig. 3. Ile Boolh-Wandel, 4 décembre 1904 ; dans l'estomac d'vnVPi/gosceli.t anlarrtica . 1 exem- plaire. — Baie Biscoe (île d'Anvers), 11 lévrier 1905; dragage, 110 mètres. 1 exemplaire. L'exemplaire de la baie Biscoe était une femelle ovigère, mesurant 17 millimètres de longueur dans la position où elle est figurée ici (fig. 8|. Fig. 8. — Wdlileckia ohesa. — Feiiii^lle, viif du coté droit, x •>. Le cor})s, extrêmement obèse, atteint une épaisseur de 7 millimètres. Le mésosome dépasse un peu en longueur l'ensemble du niétasome et de l'urosome. La tête porte un petit rostre. Au bord dorsal, sa longueur n'atteint que les deux tiers de celle du premier segment du mésosome, mais elle possède des lobes latéraux très saillants, terminés par une pointe aiguë, qui dépasse un peu l'extrémité du premier article du pédoncule des antennes supérieures. Les plaques coxales des quatre 16 CRUSTACÉS AMPHIPODES. premières paires sont au moins trois fois aussi hautes que les segments correspondants du mésosome. Les plaques coxales des trois premières paires sont étroites. Celles de la quatrième paire (fig. 9, A), extrêmement grandes, sont profondément échancrées, leur partie inférieure se prolongeant en arrière pour former un lobe allongé, qui s'étend sur pi^esque toute la longueur du bord inférieur des plaques coxales suivantes. Ces dernières (fig. 9, H), presque aussi larges que hautes, ne présentent pas dé;Chancrure au bord inférieur. Les plaques coxales des sixième et Fig. 9. — Waldeckia ohesa. — A, péréiopcKlc do la deuxiému paire: B, antenne supérieure: C, antenne inférieure ; D, mandibule : E, maxillipède ; F, gnathopode antérieur; G,gnathopode postérieur ; H.péréio- pode de la troisième paire ; I, umpode de la dernière paire et telson. (A, H x 5 ; B, C. F. G x 10 : D, E, I X 14.) septième paires sont moins larges que hautes. Les plaques épimérales des deux premiers segments du métasome sont largement arrondies. Celles du troisième segment se terminent en arrière par une petite dent. L'urosome, peu développé, est loin d'atteindre la moitié de la longueur du métasome. Le premier segment présente une dépression dorsale peu profonde, suivie d'une carène haute et anguleuse. Cette carène se prolonge au-dessus du deuxième segment, qui est extrêmement court. Les yeux, grands, bien conformés, sont irrégulièrement réniformes et beaucoup plus larges dans leur partie inférieure qu'à leur sommet. Les antennes supérieures (fig. 9, 5), très courtes, ne sont pas beaucoup plus longues que la tête. Le premier article du pédoncule, beaucoup moins CRUSTACÉS AMPHIPODES. 17 large que long, est néanmoins très volumineux. Son bord antérieur est un peu prolongé inférieurement. L'ensemble des deux articles suivants n'at- teint pas le quart de la longueur du premier article. Le flagellum, à peine aussi long que le pédoncule, comprend treize articles. Le premier de ces articles, aussi long que l'ensemble des trois articles suivants, porte six rangées transversales de tigelles sensitis'es. Chacun des trois articles suivants porte, au bord inférieur, une rangée de tigelbîs semblables. Le flagellum accessoire, qui comprend huit articles, atteint un peu plus de la moitié de la longueur du flagellum principal. Les antennes inférieures (fig. 9, C) sont un peu plus longues que les antennes supérieures. L'avant-dernier article du pédoncule, un peu plus long que le dernier article, porte quelques soies. Le flagellum, à peine plus court que le pédoncule, comprend quinze articles garnis de petites soies. L'épistome (fig. 10, A) déborde un peu sur la lèvre antérieure, dont il est séparé par un sinus assez profond. Les mandibules (fig. 9, D), peu développées, présentent une extrémité aiguë. Le processus molaire, séparé de la partie tranchante par un groupe de trois épines, est conique. Le palpe, plus court que la mandibule, est fixé tout près de sa base. Son deuxième article porte quelques cils à l'extrémité du bord interne. Le troisième article, aussi long que l'article précédent, porte une rangée de cils au bord interne. La lèvre postérieure (fig. 1 0, B) présente des lobes latéraux modérément larges, arrondis à l'extrémité, et des prolongements postérieurs assez courts et non divergents. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 10, C), finement cilié au bord interne, se termine par deux soies ciliées. La lobe externe, oblique- ment tronqué, porte neuf dents crénelées, pour la plupart remarquablement larges. Le palpe (fig. 10, B), qui dépasse de beaucoup le lobe externe, est finement crénelé à son extrémité. Le lobe externe des maxilles postérieures (fig. 10, E) est un peu plus long que le lobe interne. Tous deux portent une rangée de soies au bord distal. Le bord externe du lobe externe et le bord interne du lobe interne sont finement cilié. Expédition Ckarcol. — V-u. Chevheix. —Crustacés Amphipodes. «» J8 CRUSTACÉS AMPHIPODES. Le lobe interne des niaxillipèdes (fig. 9, E) est bordé de grosses soies ciliées. Le lobe externe, bien développé, atteint le milieu du troisième article du palpe ; il ne porte ni soies ni épines. Le palpe diminue graduel- lement de grosseur, de la base à l'extrémité. Son dernier article, dactyliforme, n'atteintpas la moitié tle la longueur de l'article précédent. Les gnathopodes antérieurs (fig. 9, F) sont courts, mais assez robustes. L'article basai porte une rangée de longues soies au bord antérieur. L'ar- Fig. 10. — Waldeckia obesa. — A, épistoiiic et lèvre anlérioure ; B, lèvre |iostérieure ; C, maxille anté- rieure ; D, palpe de la iiiéiue maxille, vu de face; E, raaxille postérieure ; F.péréiopode de la première paire ; G, péréiopode de la (luatrième paire ; H, péréiopode de la cinquième paire. (A, B, C, E x 14 ; F, G. H X 7 ; D X 34.) ticle ischial, très développé, aussi long que le carpe, présente un bord postérieur fortement convexe, garni de longues et nombreuses soies. L'article méral est très court. Le propode, un peu plus long que le carpe, diminue graduellement de largeur, delà base à l'extrémité, et se termine sans présenter de bord palmaire distinct. Le bord postérieur du propode, garni de quelques touiïes desoies, porte deux fortes épines à son extrémité. Le dactyle, assez robuste, est fortement courbé. Les gnathopodes postérieurs (fig. 9, G), beaucoup plus longs que les gnathopodes précédents, affectent la forme habituelle chez les Lysianas- aidse. Le carpeestlégèrementdilatéen son milieu. Le propode, un peu plus de moitié aussi long que le carpe, est piriforme, sa largeur égalant à peu près les deux tiers de sa longueur. Le dactyle, très court, est presque droit. Dans les péréiopodes des première et deuxième paires (fig. 9, A, et \ 0, F), CRUSTACÉS AMPHIPODHS. •^ l'artirlo isehial, très drvcloppô, est presque aussi long que le carpe. L'article méral, assez large, présente un bord antérieur convexe et un bord postt'-rienr di'oil, garni de quelques longues soies. Le carpe, beaucoup plus grêle, porte aussi de longues soies au bord postérieur. Le propode, aussi long que le carpe, ne présente pasde soies, maisson bord postérieur porte quelques petites épines. Les péréiopodes de la troisième paire (fig 9, //), très courts, sont re- marquables par la forme de leur article basai. Étroit au voisinage de la plaque coxale, cet article est ensuite fortement dilaté en arrière pour former un lobe, non pas arrondi comme d'habitude, mais présentant un bord postérieur droit. Ce bord est lisse et ne porte ni soies ni épines. Une rangée de longues soies garnit le bord antérieur. L'article méral est très dilaté en arrière. Le propode, beaucoup plus long que le carpe, porte quelques petites épines au bord antérieur. Le dactyle atteint la moitié de la longueur du propode. Les péréiopodes des quatrième et cinquième paires (fig 10, (i et //), beaucoup plus longs que les péréiopodes précédents, sont d'égale taille. Ils ne diffèrent des péréiopodes de la troisième paire que par la forme de leur article basai, qui est régulièrement arrondi au bord postérieur. Ce bord est lisse dans les péréiopodes de la quatrième paire. L'article basai des péréiopodes de la cinquième paire, beaucoup plus grand que celui des péréiopodes précédents, portii quelques crénelures peu accentuées. Dans tous les péréiopodes, les lobes branchiaux, très volumineux, sont accompagnés d'un petit lobe accessoire digiliforme (lig. 10, F). Dans les péréiopodes de la quatrième paire, un lobe accessoire existe de cha- que côté du lobe principal. Les lamelles incubatrices sont longues et étroites. Les uropodes de la première paire sont très allongés, leurs branches, garnies de petites épines, atteignant à peu près la longueur du pédoncule. Dans les uropodes de la deuxième paire, le pédoncule porte une rangée d'épines au bord postérieur. Les branches, plus longues que le pédoncule, sont aussi armées d'épines au bord postérieur. Dans les uropodes de la dernière paire (fig. 9, /), les branches, beaucoup plus longues que le pédoncule, sont étroitement lancéolées. La branche interne, un peu plus 20 CRUSTACÉS AMPHIPODES. courte que la branche externe, est garnie, sur ses deux l)ords, de longues soies ciliées. La branche externe, qui possède un petit article terminal, porte de longues soies ciliées au bord interne et quelques épines au bord externe. Le telson (fig. 9, /), un peu plus long que le pédoncule des uropodes de la dernière paire, est presque entièrement fendu. La fente est un peu ouverte à son extrémité. Les lobes se terminent par une petite échancrure garnie de deux épines d'inégale taille. AMPELISCID^ Ampelisca Eschrichti Krôyer. 1842. Ampelisca Eachrichli Kroyer (5), vol. IV, p. 155. 1891. Ampelisca Eschrichti G.-O. Sars (8), p. 174, PI. LXI, fig-. 1. Baie de Biscoe, île Anvers, 11 février 1905 ; drag-age, 110 mitres. 1 exemplaire. Cette forme ne diffère de l'espèce de Krôyer que par quelques petits détails qui permettent, tout au plus, de la considérer comme une variété du type de l'Océan glacial arctique . Sans en donner une description complète , je rappellerai ici ses principaux caractères, en signalant les légères diffé- rences qui la séparent de la forme si bien décrite et figurée par le profes- seur G.-O. Sars. L'unique exemplaire recueilli était une femelle ovigère, mesurant 22 millimètres de longueur. Vingt-trois œufs, près d'éclore, se trouvaient entre ses lamelles incubatrices. La tête (fig. H, A) est un peu plus longue que l'ensemble des deux premiers segments du mésosome. Les plaques coxales des quatre pre- mières paires atteignent à peu près le double de la hauteur des segments correspondants. Les plaques coxales de la quatrième paire sont beaucoup plus hautes que larges. Les plaques épimérales du dernier segment du métasome (fig. H , /?) se prolongent en arrière et se terminent par une pointe aiguë. Le premier segment de l'urosome présente une petite carène dorsale anguleuse. Les yeux, bien distincts, sont situés un peu plus loin du bord antérieur de la tète que chez le type. La paire inférieure déborde un peu en dehors du bord inférieur de la tète. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 21 Les antennes supérieures (fig. 1 1 , A) sont aussi longues que l'ensemble de la tète et des quatre premiers segments du mésosome. Leur extrémité atteint à peu près au niveau du cinquième article du flagellum des antennes inférieures. Le pédoncule des antennes supérieures n'atteint pas tout à FiR. 11. — Ampelisca Eschrichti Kiiiver. — A, tèti^ et anleniiPS ; B, plaque épimérnlo du dernier segmeni du mélasome : C, gnathopode antféi-ieiir ; 1), gnalhopnde postérieur : E, i^xlrémité d'un péréiopode de la quatrième paire: F, péréiopode de la dirnière paire : G. uropode de la dernière pairi- ; H, telson. (A, H. C, D, F X 8; G, H X 17; E X 24.) fait la moitié de la longueur du flagellum, qui comprend vingt-six articles, garnis de longues soies au bord postérieur. Les antennes inférieures sont aussi longues que l'ensemble de la tête et du mésosome. Le quatrième article du pédoncule (fig. U, A) est un peu plus long que le cinquième article, tandis que ces deux articles sont d'égale taille chez la forme arctique. Le flagellum, qui comprend une quarantaine d'articles, atteint près du double de la longueur du pédon- cule. Les gnathopodes antérieurs (fig. 1 1 , C) sont un peu plus robustes que chez le type. Le carpe et le propode sont un peu plus larges. Les gnatho- podes postérieurs (fig. Il, D) ne diflerent pas sensiblement de ceux du type. 22 CRUSTACÉS AiMPHIPUDP^S. Dans les péréiopodes des deuxpremit'res paires, le dactyle est beaucoup [)lus long que l'ensemble des deux articles précédents. Dans les péréio- podes des troisième et quatrième paires, le propode se prolonge inférieu- rement pour former un lobe (fig. 11, E) un peu moins grand que chez la forme arctique. Ce lobe et le bord postérieur du propode sont garnis de longues soies spiniformes. Les péréiopodes de la dernière paire (fig. 11, /^j ne diffèrent de ceux du type que par la courbure plus régulière du bord postérieur de leur article basai. Les branches des uropodes de la dernière paire (fig. H , G) sont gar- nies de soies ciliées, mais ne présentent pas d'épines. Le telson (fig. 1 1 , //) est étroitement fendu sur les trois quarts de sa longueur. Chacun de ses lobes se termine par une petite échancrure, garnie d'une épine. SÏEGOCEPHALID.'E Andaniotes corpulenta (Thomson). i882. Anonij.r corpnlenltts G.-M. Thomson (14), p. 231, PI. XVII. 1888. Andnnia abi/ssoî-iim Stebbing- (9), ji. 739, PI. XXXVII. 1893. Stegocephalus abijssortim Délia Valle (4), p. 629, PI. LIX, (ig. 38. 1897. Andaniotes cnrpulenlus Stebbing- (10), p. 31, PI. VIII. Porl-Charcot, 15 mars 1904; dragage, 20 mètres et 25 mètres. 3 exemplaires. — 8 avril et 15 avril; dragag-es, 40 mètres. 2 exemplaires. Cette espèce n'avait encore été rencontrée que dans les parages de la Nouvelle-Zélande. Le « Challenger » l'a draguée par une profondeur de 1100 brasses (2 012 mètres). Les cinq exemplaires recueillis par le « Français » sont des femelles atteignant en moyenne 6 millimètres de longueur. Andaniotes ingens nov. sp. Port-Charcot, 15 mars 1904; dragage, 20 mètres. 3 femelles ovigères, 2 jeunes exem- plaires. — 4 avril 190't; dragage, -iO mètres. 3 femelles, dont une portant des embryons. L'exemplaire figuré ici (fig. 12) était une femelle ovigère mesurant 10 millimètres de longueur. Ce n'est pas le plus grand des spécimens recueillis. La plus grande des femelles draguées par 40 mètres atteint une longueur de 13 millimètres. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 23 Le corps, très obèse, est lisse. La tète, extrêmement courte, comme chez toutes les Stegoceplialidu;, présente un rostre légèrement courbé, qui atteint à peu près le milieu du premier article du pédoncule des an- tennes supérieures. Les lobes latéraux, peu saillants, sont arrondis. Au- dessous de ces lobes, la tête se prolonge pour former des lobes inférieurs longs et aigus. Le premier segment dumésosome, remarquahlementgrand, Ki^'. il. — Aiidaniules in(/eHS. — Kt'tiii'llc, vui' ilu côté droil, X 10. est presque aussi long que l'ensemble des deux segments suivants. Les plaques coxales de la première paire, très larges, n'atteignent pas tout à fait la hauteur du premier segment du mésosome. Les plaques coxales des deux paires suivantes, beaucoup plus étroites, atteignent à peu près la même hauteur que les segments correspondants. Les plaques coxales de la quatrième paire, extrêmement développées, beaucoup plus larges que hautes et régulièrement arrondies au bord inférieur, ne présentent pas d'échancrure au bord postérieur. Elles se prolongent en arrière jusqu'au niveau du milieu des plaques coxales de la sixième paire. L(; bord infé- rieur' des [)laques coxales de la cinquième paire (fig. 14, C) ne présente qu'une légère concavité. Le bord postérieur des plaques épimérales du troisième segment du métasome (lig. 13, A) forme, avec le bord inférieur, 24 CRUSTACÉS AMPHIPODES. un angle droit, un peu arrondi à l'extrémité. Ce bord inférieur porte une quinzaine de longues soies ciliées. La longueur du dernier segment de l'urosome, mesurée au bord dorsal, dépasse la longueur de l'ensemble des deux premiers segments. Il n'y a pas trace d'organes de vision. Les antennes supérieures (fig. 13, B) sont un peu plus longues que l'ensemble de la tète et du premier segment du mésosome. Le premier Fig. 13. — Andanioles ingens. — A, plaque épiniérale (lu ilernier segment du métasome ; B, antenne supérieure ; C, antenne inférieure: D, lèvre antérieure: K. mandibules : F.lèvre postérieure; G. niaxille antérieure' ; H. niaxille postérieure ; I, maxillipèdes. (A x 11 : B, x 23; D, E, F. G, H, I x 31.) article du pédoncule, à peu près aussi large que long, atteint le double de la longueur de l'ensemble des deux articles suivants. Le flagellum principal se compose d'un premier article, aussi long que le pédoncule, garni de nombreuses tigelles sensitives, suivi de trois articles d'égale longueur et d'un très petit article terminal. Le flagellum accessoire, uni- articulé, atteint le tiers de la longueur du premier article du flagellum principal. Ce flagellum accessoire porto, à son extrémité, un cil beaucoup plus long que lui. Les antennes inférieures (fig. 13, C) sont un peu plus longues que les antennes supérieures. Le dernier article du pédoncule n'atteint pas tout à fait la longueur de l'article précédent. Ces deux articles portent, au bord CRUSTACÉS AMPHIPODES. 25 antérieur, une rangée de cils très courts. Le flagellum, aussi long que l'avant-dcrnier article du pédoncule, comprend dix articles modérément ciliés. Le bord libre de la lèvre antérieure (fig. 13, D) est légèrement échancré. Les mandibules (fig. 12, E), quadrangulaires, à peine plus longues que larges, ne présentent ni palpe ni processus molaire. La mandibule droite porte une longue soie ; la mandibule gauche est armée d'une petite dent. Les lobes latéraux de la lèvre postérieure (fig. 13, F) ne présentent pas de dent au bord distal. Cette lèvre est glabre, sauf quelques courtes soies fixées au bord externe des lobes latéraux. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 13, G)^ très développé, porte une rangée de vingt-huit soies ciliées. Le lobe externe est armé de quatorze épines. Le palpe, extrêmement court, uniarticulé, n'atteint que le tiers de la longueur du lobe externe. Trois soies simples sont fixées à son extrémité. Dans les maxilles postérieures (fig. 13, //),le lobe interne, extrêmement large, porte une trentaine de longues soies ciliées. Le lobe externe, beaucoup plus court et moins large de moitié que le lobe interne, porte une rangée de dix soies simples. Les maxillipèdes (fig. 13, /) sont très larges. Le lobe interne se termine par quelques fortes épines. Le lobe externe, très développé, est bordé de longues soies. Il atteint l'extrémité du deuxième article du palpe, qui est faible et dont les deux derniers articles sont courts et grêles. Les gnathopodes antérieurs (fig. 14, A) sont robustes. L'article basai, très volumineux, présente un bord antérieur convexe, garni, sur toute sa longueur, d'une épaisse rangée de soies. Les articles ischial et méral portent de longues soies au bord postérieur. Le carpe, subtriangulaire, fortement dilaté à son extrémité, porte de longues soies au bord postérieur et une touffe de soies au bord antérieur. Le propode, étroitement ovale, beaucoup moins large et moins long que le carpe, n'est pas subchéliforme. Le dac- tyle, très petit, est presque droit. Les gnathopodes postérieurs (fig. 14, B) sont beaucoup plus longs et plus grêles que les gnathopodes antérieurs. L'article basai, un peu courbé, Expédilion Charcot. — En. Chevreux. — Cruslaiés Ampliipodes. ■* 26 CRUSTACÉS AMPHIPODES. dilaté à son extrémité, atteint presque la longueur de l'ensemble des trois articles suivants. L'article ischial est un peu plus long que l'article méral. Le carpe, près de trois fois aussi long que large, est beaucoup plus étroit à la base qu'à l'extrémité. 11 porle, comme les deux articles précédents, de longues soies au bord postérieur. Le propode, un peu plus long que le carpe, est piriforme. Le dactyle, grand et fortement courbé, atteint la moitié de la longueur du propode. Les péréiopodes des première et deuxième paires, assez robustes, sont Fig. U. — Andanioles ingens. — A, gnathopode antérieur ; tt, gnaUiopode postérieur ; C, péréiopode de la troisième paire ; D, péréiopode de la (.lualrièriie paire ; E, péréiopode de la cinquième paire ; F, uropode de la dernière paire et telson. (A, B, G, D, E x 12 ; F X 24.) à peu près de la longueur des gnathopodes postérieurs. L'article méral se prolonge un peu le long du bord antérieur du carpe. Le bord postérieur de ce dernier article se termine par une petite dent. Le propode est plus long que le carpe. Le dactyle n'atteint guère que le tiers de la longueur du propode. Les péréiopodes de la troisième paire (fig. 14, C) sont de la longueur des péréiopodes précédents. L'article basai, très étroit, présente des bords antérieur et postérieurparallèles, garnis de petites épines. L'article méral se prolonge un peu en arrière, le long du bord postérieur du carpe. Le CKUSTACÉS AMPHIPODES. 27 bord antérieur de ce dernier article se prolonge intérieurement pour former une petite dent. Le propode est beaucoup plus étroit et plus long que le carpe. Le dactyle atteint le tiers de la longueur du propode. Les péréiopodes de la quatrième paire (fig. 14, D), aussi longs mais un peu plus robustes que les péréiopodes précédents, n'en diffèrent que par leur article basai un peu plus large et par le prolongement postérieur, un peu plus accentué, de leur article méral. Les péréiopodes de la cinquième paire (lig. 11, A'), beaucoup plus courts que les péréiopodes précédents, présentent un article basai assez dilaté en arrière et dont la largeur atteint à peu près les deux tiers de la longueur. Le bord antérieur de cet article porte quelques petites épines. Le bord postérieur, fortement convexe, n'estpas crénelé. L'article méral, un peu prolongé en arrière, porte quelques petitesépines au bord antérieur. Le dactyle, presque droit, atteint près de la moitié de la longueur du propode. Le pédoncule des uropodes de la première paire, très robuste, porte une rangée d'épines au bord postérieur. Les branches, d'égale taille, atteignent un peu plus de la moitié de la longueur du pédoncule. Les uropodesdeladeuxième paire sont loin d'atteindre l'extrémité des uropodes précédents. La branche externe n'est pas tout à fait aussi longue que le pédoncule; la branche interne est beaucoup plus courte. Les uropodes de la dernière paire (fig. 14, F) n'atteignent pas l'extrémité des uropodes précédents. Les branches, beaucoup plus longues que le pédoncule, sont étroites et d'égale taille. Elles ne portent ni soies ni épines. Le telson (fig. 14, F)^ cordiforme, est fendu jusqu'au milieu de sa longueur. Les lobes, un peu divergents à leur extrémité, ne portent pas d'épines. Cette espèce diffère à' Andaniotes corpulenta par sa grande taille et par la forme de ses plaques coxales de la quatrième paire. L'examen des pièces buccales permet aussi de constater des différences notables entre les deux espèces. Chez Andaniotes corpidenta, les mandibules sont beaucoup plus allongées; les lobes latéraux de la lèvre postérieure portent une petite dent au bord distal; le palpe des maxilles de la première paire atteint à peu près l'extrémité du lobe externe ; les maxillipèdes sont moins larges. 28 CRUSTACÉS AMPHIPODES. et leur palpe est plus allongé. Les péréiopodes des deux dernières paires présentent aussi plusieurs caractères distinctifs. Chez Andmiiotes corpii- lenta, l'article basai des péréiopodes de la quatrième paire, beaucoup plus large, se prolonge inférieurement le long du bord postérieur de l'article ischial; l'article basai des péréiopodes de la cinquième paire est crénelé au bord postérieur, et l'article méral se prolonge en arrière jusqu'à l'extrémité du carpe. METOPID^ Metopoides Walkeri Glievreux. 1906. Metopoides IFa/A;e?*i Chevreux (3), p. 37, fig. 1. Ile Booth-Wandel, 8 novembre 1904; plage, marée basse. 4 femelles à peu près d'égale taille. L'exemplaire dont la description suit portait dix embryons entre ses lamellesincubatrices. Le corps, épais et court, mesurait 5°"°, 5 de longueur, dans la position où il est figuré ici (fig. 15). La longueur des embryons était de T", 2. La tète, beaucoup plus longue que le premier segment du mésosome, atteint à peu près la longueur du troisième segment. Elle présente un petit rostre et des angles latéraux assez saillants, obtus et arrondis à l'extré- mité. Les segments du mésosome croissentprogressivement en longueur, du premier au quatrième segment, qui est le plus long de tous. Les plaques coxales de la première paire, très petites, sont presque entiè- rement cachées par les plaques coxales suivantes. Les plaques coxales des deuxième et troisième paires atteignent plus de trois fois la hauteur des segments correspondants du mésosome. Les plaques coxales de la quatrième paire, très développées, un peu plus larges que hautes, se prolongent en arrière pour former un lobe régulièrement arrondi, qui dépasse le milieu des plaques coxales de la sixième paire. Les plaques épimérales du deuxième segment du métasome se terminent en arrière par un angle à peu près droit. Celles du troisième segment (fig. 17, A) se terminent par un angle fortement prolongé en arrière et aigu. Dans les deux segments, cet angle se recourbe légèrement pour former un crochet peu accentué. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 29 Les yeux, petits et ronds, sont bien conformés et comprennent une cinquantaine d'ocelles. Les antennes supérieures (fig. 17, B) atteignent à peu près la moitié de la longueur du corps. Le premier article du pédoncule, presque aussi long que la tête, est suivi d'un second article un peu plus court et d'un troisième article n'atteignant que le tiers de la longueur du premier. Le Fig. 15. — Melopoides Walkeri. — Femelle, vue du côté gauche, x 14. flagellum principal comprend vingt-trois articles, pour la plupart moins larges que longs, garnis de quelques soies et portant tous, sauf les cinq derniers, une petite tigelle sensitive. Le flagellum accessoire, bi-articulé, est rudimentaire et n'atteint que le tiers de la longueur du premier article du flagellum principal. Les antennes inférieures (fig. 17, C) sont à peu près de la longueur des antennes supérieures. Le pédoncule dépasse un peu celui des antennes précédentes. Son cinquième article n'atteint que les trois quarts de la longueur de l'article précédent. Ces deux articles portent quelques longues soies. Le flagellum comprend vingt-six articles, garnis de courtes soies. Les mandibules (fig. 16, A et B, et fig. 17, D) sont courtes, mais robustes. Laparlie tranchante, très large, portedesdentsasseznombreuses. Dans la mandibule droite, ces dents, au nombre de huit, sont pour la plupart assez grandes; la lame accessoire, finement crénelée, n'atteint que 30 GHUSTACÉS AMPHIP()DES. la moitié de la largeur de la partie tranchante. Dans la mandibule gauche, les dents de la partie tranchante sont* plus petites et plus nombreuses ; la lame accessoire, presque aussi large que la partie tranchante, porte douze petites dents. Au bord interne et à peu de distance de l'extrémité de la mandibule se trouve un groupe d'épines, mais il n'existe pas de processus molaire distinct. Le palpe, très petit, est bi- articulé. Son dernier article porte quelques soies d'inégale taille. Le palpe de la mandibule droite atteint à peu près la moitié de la longueur du Fig. 16. Metopoides Walkeri. A, mandibules ; B, mandibule gauche d'un autre exemplaire G, maxille postérieure, x 55. corps de la mandibule. Le palpe de la mandibule gauche est encore plus court. La lèvre postérieure, assez large, ne possède pas de lobes internes. Les lobes latéraux présentent, au bord interne, une échancrure assez profonde. Les prolongements postérieurs sont larges, courts et non divergents. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 17, E) porte, au bord interne, une longue soie ciliée. Le lobe externe, assez court, porte une rangée desoies au bord interne; son extrémité est armée de six épines simples. Le palpe, remarquablement développé, dépasse de beaucoup l'extrémité du lobe externe. Son deuxième article, très large, dilaté en son milieu, porte huit épines et cinq soies. Le lobe interne des maxilles postérieures (fig. 16, C), très court, porte sept petites et trois grandes épines au bord interne. Le lobe externe, beaucoup plus allongé, porte, au bord interne, une rangée de cils, suivie de quatorze grandes soies simples. Les lobes internes des maxillipèdes (fig. 17, F) ne sont pas soudés ensemble. Leur extrémité est armée d'une forte épine, d'une petite dent et CRUSTACÉS AMPHIPODES. 31 d'une soie. Il existe un rudinientde lobe externe, qui s'étend jusqu'aux deux tiers de la longueur du premier article du palpe et porte deux épines à son extrémité. Le palpe, extrêmement développé, comprend quatre articles à peu près d'égale longueur et diminuant progressivement de grosseur, de la base à l'extrémité. Le dernier article a bien la forme d'un dactyle. Les gnathopodes antérieurs (tig. 17, G) sont bien développés. L'article basai, assez robuste, porte de longues soies sur ses deux bords. L'article méral, finement cilié au bord postérieur, présente, au bord inférieur, quelques longues soies spiniformes. Le bord postérieur du carpe porte une touffe de soies semblables. Le propode, de forme ovale, atteint près du double de la longueur du carpe. Son bord postérieur se confond avec le bord palmaire, dont il n'est séparé que par un groupe de trois petites épines, avec lesquelles l'extrémité du dactyle peut se croiser. Le dactyle, assez grêle, est régulièrement courbé. Les gnathopodes postérieurs (fig. 17, ff) sont beaucoup plus longs et plus robustes que les gnathopodes antérieurs. Les quatre premiers ar- ticles diffèrent à peine des articles correspondants des gnathopodes an- térieurs. Le propode, quadrangulaire, est plus large à l'extrémité qu'à la base. Le bord postérieur, beaucoup plus court que le bord antérieur, se prolonge pour former une petite dent, à son intersection avec le bord palmaire. Ce bord, finement crénelé sur toute sa longueur, porte deux dents, l'une aiguë, l'autre obtuse; cette dernière est entourée d'un groupe d'épines sur lesquelles l'extrémité du dactyle peut s'appuyer. Le dactyle, un peu plus robuste que celui des gnathopodes précédents, est plus court que le bord palmaire. Les péréiopodes des première et deuxième paires, très grêles, sont plus longs que les gnathopodes postérieurs. L'article méral se prolonge un peu le long du bord antérieur du carpe. Le propode, beaucoup plus long bue le carpe, mais seulement un peu plus long que l'article méral, porte quelques épines au bord postérieur. Le dactyle n'atteint que le tiers de la longueur du propode. Dans les péréiopodes de la troisième paire (fig. 17, /), l'article basai, très étroit, présente des bords antérieur et postérieur parallèles. L'ar- ticle méral, un peu dilaté à l'extrémité, se prolonge en arrière le long du 32 CRUSTACÉS AMPHIPODES. bord postérieur du carpe. Le propode est à peu près de la longueur de l'article méral ; le carpe est beaucoup plus court. Tous ces articles portent de petits groupes d'épines. Les péréiopodes des deux dernières paires (fig. 17, / et Â) ne difterent des péréiopodes précédents que par la forme de leur article basai, qui Fig. 17. — Metopoides Walkeri. — A, angle postérieur d'une plaque épimérale du Iroisième segment du mélasome ; B, antenne supérieure ; G, antenne inférieure ; D, mandibule : E, maxille antérieure ; F, maxillipède ; G, gnathopode antérieur ; H, gnalhopode postérieur ; I, J, K, péréiopodes des trois dernières paires ; L, uropode de la deuxième paire ; M, uropode de la dernière paire : N, telson, (A, B, G, 6, H. 1, J. Kxl4; D, E, F, L,M, N x 33.) est ovalaire. Cet article, un peu plus large dans les péréiopodes de la dernière paire que dans les péréiopodes précédents, n'est pas crénelé au bord postérieur. Les péréiopodes de la dernière paire n'atteignent pas tout à fait la longueur des péréiopodes des deux paires précédentes, qui sont d'égale taille. Le pédoncule des uropodes de la première paire porte une rangée de petites épines au bord postérieur. Les branches, d'égale taille, atteignent les deux tiers de la longueur du pédoncule. Dans les uropodes de la deuxième paire (fig. 17, Z), la branche interne, aussi longue que le pédon- cule, porte, comme lui, quelques épines au bord postérieur. La branche externe est beaucoup plus courte que la branche interne. Dans les uro- podes de la dernière paire (fig. 17, M), la branche unique, bi-articulée, CRUSTACÉS AMPHIPODES. ' 33 est de la longueur du pédoncule. Son second article, remarquablement petit, n'atteint que le quart de la longueur du premier article, qui porte, ainsi que le pédoncule, quelques épines au bord postérieur. Le telson (iig. 17, N), à peu près deux fois aussi long que large, est aigu à l'extrémité. Il porte onze paires d'épines d'inégale taille et une paire de soies. Le genre Metopoides a été créé par Uella Valle (4, p. 907) pour contenir quatre formes du « Challenger » , qui se distinguent des Metopa par la pré- sence d'un flagellum accessoire aux antennes supérieures. Ces quatre espèces provenaient de la même station, à l'entrée orientale du détroit de Magellan. Bien que Metopoides Walkeri possède plusieurs caractères communs avec chacune de ces espèces, il n'est possible de l'assimiler à aucune d'entre elles. La forme qui s'en rapproche le plus est Metopoides ovatus (Stebbing), dont le palpe des mandibules est rudimentaire et semble bi-articulé; mais, chez cette dernière espèce, l'article basai des péréio- podes des trois dernières paires est étroit, tandis qu'il est dilaté dans les péréiopodes des quatrième et cinquième paires, chez Metopoides Wal- keri. ŒmcEmDM Genre PARHALIMEDON Chevreux, 1906. Corps robuste. Tète un peu prolongée en avant, pour former un petit rostre obtus. Plaques coxales des quatre premières paires beaucoup plus hautes que les segments correspondants. Antennes très courtes, les an- tennes inférieures étant un peu plus longues que les antennes supérieures. Partie tranchante des mandibules denticulée, processus molaire très robuste, palpe peu développé. Lobe interne des maxilles antérieures très large, bordé de nombreuses soies ciliées. Lobe interne des maxilles pos- térieures portant deux rangées de soies. Lobe externe des maxillipèdes très développé, atteignant presque l'extrémité du troisième article du palpe. Gnathopodes faibles, de même forme, carpe non prolongé le long du bord postérieur du propode. Péréiopodes de la dernière paire beaucoup plus longs que les péréiopodes précédents, dactyle styliforme. Branche Expédilioit Cliarcot . — Eu. Chevueux. — Crustacés Au]|ilii|ioilt'S. 5 34 CRUSTACÉS AMPHIPODES. externe des uropodes des deux premières paires plus courte que la branche interne. Uropodes de la dernière paire très allongés, dépassant de beaucoup les uropodes précédents. Ce nouveau genre, assez voisin des genres Halimedon Boeck et Bathij- rnedon G.-O. Sars, en diffère surtout par le grand développement du lobe interne des maxilles antérieures et du lobe externe des maxillipèdes, par rinégalité des branches des uropodes des deux premières paires et par la grande longueur des uropodes de la dernière paire. Parhalimedon Turqueti Chevreux. l'JOG. Parlialiinedon Turqueti Chevreux (3), p. 70, fig-. 1. Ile Wiencke, 29 décembre 1904; dragage, 20 mèlres. Une quarantaine d'exemplaires. — 27janvier 1905 ; dragag-e, 25 mètres. G exemplaires. La femelle dont la description suit mesurait i millimètres de longueur, dans la position où elleest figurée ici (fig. 18). ("est la taille des plus grands Fig. 18. — Parlidlimedon Turc/ueli. — FciiiulU', vui! du oùté gauche, x 21. exemplaires recueillis. Le corps est obèse. Le mésosome, très développé, dépasse de beaucoup enlongueurrensembledumétasome etde l'urosome. La tête, un peu plus longue que l'ensemble des deux premiers segments du mésosome, est fortement voûtée dans sa partie dorsale. Elle possède un très petit rostre obtusetdes lobes latéraux assez saillants, étroitement CRUSTACÉS AMPHIPODES. 33 arrondis à leur extrémité. Les segments du mésosome, très n(!ttenient délimités, sont tous plus ou moins bombés à la partie dorsale. Toutes les plaques coxales sont plus ou moins abondamment ciliées. Les plaques coxales des quatre premières paires dépassent de beaucoup en hauteur les segments correspondants du mésosome. Les plaques coxales de la cinquième paire sont un peu plus larges que hautes. Les plaques épimé- rales du dernier segment du métasome présentent un bord postérieur fortement convexe, séparé du bord inférieur par une petite dent. Les yeux n'étaient pas apparents, chez l'exemplaire figuré ci-dessus, non plus que chez la plupart des autres exem- plaires recueillis; mais, chez quelques-uns d'entre eux, on distingue, de chaque côté de la tète, un œil ovale, bien conformé (fig. 10). Les antennes supérieures (iîg. 19 et fig. 20, B) n'atteignent pas tout à fait la longueur de l'en- semble de la tète et du premier segment du mé- sosome. Le second article du pédoncule, beaucoup plus court que l'article précédent, est à peine plus long que le troisième article. Le llagellum, à peu près aussi long que l'ensemble des deux premiers articles du pédoncule, se compose de sept articles. Les antennes inférieures (fig. 19 et fig. 20, C), un peu plus grandes que les antennes supérieures, égalent en longueur l'ensemble de la tète et des deux premiers segments du mésosome. Les deux derniers articles du pédoncule sont d'égale taille. Le flagellum, à peu près aussi long que le pédoncule, comprend de onze à douze articles. Les deuxderniers articles du pédoncule et tous les articles du flagellum portent une toufle de soies au bord distal. Le bord libre de la lèvre antérieure, régulièrement arrondi, est garni d'une épaisse rangée de cils. La partie tranchante des mandibules (fig. 20, E) porte six dents d'inégale taille. La lame accessoire est étroite et allongée. Le processus molaire, très saillant, aiïecte la forme d'un cône tronqué, fortement crénelé au bord Fig. 19. — Parhalimedon Turque li. — Tête et an- tennes (l'un autre exem- plaire, X 30. 36 CRUSTACÉS AMPHIPODES. dislal. Le palpe, peu développé, est moins long que le corps de la mandi- bule. Son troisième article, un peu plus court que l'article précédent, porte une soie au bord externe et neuf soies au bord interne. Les lobes latéraux de la lèvre postérieure (fig. 20, /)), régulièrement arrondis, portent de longs cils au bord interne. Les lobes internes sont Fig. 20. — Parhalimedon Turqueli. —A, plaque épiméiale du dernier segment du niétasonie; B. antenne supérieure; C, antenne inférieure ; D, lèvre postérieure; E, mandibule; F, maxille anté- rieure ; G, maxille postérieure ; H, niaxillipéde : 1, ynatliopode antérieur ; J, gnathopode postérieur; K, péréiopode de la deuxième pairie ; L, péréiopode de la quatrième paire ; M, péréiopode de la cinquième paire; N, uropode de la dernière paire et telson. (A, I, J, K, L, M x20 ; N, x 27 ; D, Cx 33 ; D, E, F, G, Hx47.) bien développés. Les prolongements postérieurs, assez courts, sont un peu tronqués à l'extrémité. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 20, F), très large, porte douze soies ciliées. Le lobe externe est armé de neuf épines denticulées. Le palpe, très robuste, porte, à son extrémité, quatre épines denticulées, accompagnées de quelques soies. Le lobe externe des maxilles postérieures (fig. 20, (/), un peu plus long et plus large que le lobe interne, portede nombreuses soies au bord distal. Le lobeinterneporte une rangée transversale et une rangée margi- nale de soies. Le lobe interne des maxillipèdes (fig. 20, //), bien développé, atteint CRUSTACES AMPHIPODES. 37 le milieu du deuxième article du palpe. Le lobe externe, l'emarquable- ment allongé, atteint presque rextrémité du troisième article du palpe. (le lobe porte une rangée de fortes épines au bord interne. Le palpe, assez robuste, se termine par un article dactylitoi-me. Les gnathopodes antérieurs (fig. 20, /) sont courts et peu robustes. L'article basai atteint à peu près la longueur de l'ensemble du carpe et dupropode. Le carpe, triangulaire, ne se prolonge pas le longdupropode. Son bord postérieur présente deux profondes échancrures, garnies de longues soies spiniformes. Le propode, un peu plus court que le carpe et de forme ovale, est plus de deux fois aussi long que large. Son bord palmaire porte quelques longues soies. Le dactyle, grêle et courbé, atteint la moitié de la longueur du propode. Les gnathopodes postérieurs (fig. 20, ,/), de même forme que les gna- thopodes précédents, en diffèrent par la plus grande longueur de l'article basai et du carpe. Le propode est semblableà celui des gnathopodes anté- rieurs. Les péréiopodes des première et deuxième paires (fig, 20, K) sont un peu plus longs que les gnathopodes postérieurs. L'article méral et le propode, d'égale taille, dépassent un peu le carpe en longueur. Le dactyle, grêle et peu courbé, atteint les deux tiers de la longueur du propode. Les péréiopodes de la troisième paire sont de la longueur des péréio- podes précédents. L'article basai, orbiculaire, aussi large que long, porte, au bord antérieur, de longues soies ciliées. L'article méral, le carpe elle propode sont d'égale longueur. Le dactyle est un peu plus court. Les péréiopodes de la quatrième paire (fig. 20, L), beaucoup plus longs que les péréiopodes précédents, présentent un article basai largement ovale, garni de soies ciliées au bord antérieur. L'article méral et le carpe sont d'égale longueur; le propode est beaucoup plus long. Le dactyle, à peu près droit, atteint les deux tiers de la longueur du pro|)ode. Les péréiopodes de la cinquième paire (fig. 20, M) atteignent près du double de la longueur des péréiopodes de la troisième paire. L'article basai, aussi large que long, présente un bord antérieur régulièrement convexe, garni de petites épines. Le bord postérieur, d'abord convexe, se termine inférieurement par une partie concave. L'article méral et le 38 CRUSTACÉS AMPHIPODES. propode, d'égale longueur, sont plus courts que le carpe. Le dactyle, sty- liforme, est à peu près de la longueur du pi'opode. Les branches des uropodes des deux premières paires se terminent chacune par une longue épine. Dans les uropodes de la première paire, la branche interne est un peu plus courte que le pédoncule. La branche externe n'atteint que la moitié de la longueur de la branche interne. Les uropodes de la deuxième paire sont loin d'atteindre l'extrémité des uro- podes précédents. Leur branche externe, à peu près aussi longue que le pédoncule, n'atteint que la moitié de la longueur de la branche interne. Les uropodes de la dernière paire (tig. 20, N) dépassent de beaucoup les uropodes des deux paires précédentes. L'article basai, remarquable par les longues et nombreuses épines qui garnissent son bord postérieur, est un peu plus long que la branche interne. Cette branche est notablement plus longue que la branche externe. Le bord postérieur de la branche interne porte six épines ; celui de la branche externe n'en porte que deux. Le telson (fig, 20, 0), presque rectangulaire, un peu plus long que large, est très légèrement échancré au bord distal. Une petite épine se trouve de chaque côté de cette échancrure. IPHIMEDID^ Genre PARIPHIMEDIA Chevreux, 1906. Corps obèse, portant des dents dorsales au métasome. Tête armée d'un rostre très allongé. Plaques coxales des trois premières paires étroites. Plaques coxales de la quatrième paire très larges, lobe postérieur long et étroit. Angle inféro-postérieur des plaques coxales de la cinquième paire prolongé pour former un lobe anguleux. Antennes subégales. Man- dibules longues et étroites ; partie tranchante très oblique, armée de nombreuses dents; lame accessoire semblable à la partie tranchante, processus molaire petit, mais bien distinct, palpe court, fixé à la hauteur du processus molaire. Lobes latéraux do la lèvre postérieure non incisés au bord interne. Lobe interne dos maxilles antérieures très large, bordé de nombreuses soies; palpe rudimentaire, uniarticulé. Lobe CRUSTACÉS AMPHIPODES. 39 interiio des maxilles postérieures portant deux rangées de soies. Palpe des inaxillipèdes triarticulé ; deuxième article présentant un prolon- gement lobiforme très allongé. Gnathopodes faibles, propode chéliforme dans les deux paires. Péréiopodes robustes. Branche interne des uro- podes des deux dernières paires plus longue que la branche externe. Telson non incisé à l'extrémité. Ce nouveau genre doit prendre place à côté des genres Iphimedia et Iphhnediopsis, dont il est très voisin. Les principaux caractères qui distinguent ces derniers genres de Pariphimedia sont les suivants : chez iphimedia et chez fphimediopsis, la partie tranchante des mandi- bules n'est pas denticulée ; les lobes latéraux de la lèvre postérieure sont échancrés au bord interne ; le palpe des maxilles antérieures est biarticulé ; le lobe interne des maxilles postérieures ne porte qu'une rangée de soies ; le propode des gnathopodes postérieurs n'est pas complètement chéliforme ; le telson est échancré à l'extrémité. Pariphimedia integricauda Chevreux. iOUB. Pariphimedia integricauda Chevreux (3), p. 30, fig. 25. Ile Wandel, 13 septembre, 29 octobre et 8 novembre 1904, plage, sur les galets. — Nombreux exemplaires. L'exemplaire dont la description suit était une femelle ovigère, mesurant 15 millimètres de longueur, dans la position où elle est figurée ici (fig. 21). Le mésosome, très obèse, atteint? millimètres d'épaisseur. Il est un peu plus long que l'ensemble du métasome et de l'urosome. La tête (fig. 22, A), le rostre compris, est à peu près aussi longue que l'en- semble des trois premiers segments du mésosome. Le rostre, très grand, un peu courbé, terminé en pointe aiguë , dépasse un peu l'extrémité du premier article des antennes supérieures. Les lobes latéraux, peu saillants, arrondis, se terminent inférieurement par une dent aiguë. Le deuxième segment du métasome, remarquablement court, n'atteint pas la moitié de la longueur du premier segment. Le mésosome et le premier segment du métasome ne portent pas de dents. Le deuxième segment du métasome présente, à l'extrémité postérieure du bord dorsal, deux iO CRUSTACÉS AMPHIPODES. dents longues et aiguës, juxtaposées. Le troisième segment porte une petite dent médiane dorsale. Les plaques coxales des quatre premières paires, à peu près aussi hautes que les segments correspondants du mésosome, affectent la forme des mêmes plaques coxales chez les Iphimedia. Les plaques coxales de la cinquième paire ne sont pas échancrées au bord inférieur ; ce bord se prolonge en arrière pour former un angle aigu avec le bord Fig. 21. — Pariphimedia iniegricauda. — Femelle, vue du côté droit, x 6. postérieur. Les plaques épimérales du premier segment du métasome sont arrondies en arrière. Celles du second segment se terminent par une dent aiguë. Celles du troisième segment portent une dent sembla- blcment placée ; une seconde dent, plus longue et plus aiguë, existe vers le milieu de leur bord postérieur. Les yeux, assez petits, ovales, sont placés sur un tubercule arrondi, situé très près du bord dorsal de la tête. Ils comprennent de nombreux ocelles. Les antennes supérieures (fig. 22, A) atteignent à peu près la longueur de l'ensemble de la tête et des quatre premiers segments du mésosome. Les articles du pédoncule diminuent régulièrement de longueur et de grosseur, du premier au troisième article. Le flagellum, deux lois aussi CH.USTACÉS AMPHIPODES. -il long que le pédonculo, comprend une trentaine d'articles, assez abon- damment ciliés. Les antennes inférieures (fig. 23, D) dépassent un peu les antennes supérieures. Le quatrième article du pédoncule est un peu plus court que le cinquième article. Le flagellum comprend une quarantaine d'ar- ticles, pour la plupart beaucoup plus larges que longs. Le bord libre de la lèvre antérieure (fig. 22,/?) est légèrement écbancré. Les mandibules (fig. 23, 6'), longues et étroites, présentent une partie tranchante très oblique, armée de douze dents, et une lame ac- cessoire remarquablement dé- veloppée, de même forme et presque aussi grande que la partie tranchante, armée comme elle de douze dents. Le proces- sus molaire, très petit, est peu saillant. Il n'y a ni soies ni épines entre la partie tranchante et le processus molaire. Le palpe, très court, mais assez robuste, est fixé près de la base de la mandibule. Son troisième article, un peu courbé, cilié au bord interne, n'atteint que les deux tiers de la longueur de l'article précédent. Les deux mandibules sont semblables. La lèvre postérieure (fig. 22, C), bien développée, présente des lobes latéraux régulièrement arrondis, fortement ciliés. Il n'y a pas de lobes internes. Les prolongements postérieurs, très étroits, sont un peu diver- gents. Lesmaxilles antérieures (fig. 23, /)) sont très allongées. Le lobe interne, large, obliquement tronqué, porte une rangée de vingt-cinq soies ciliées. Le lobe externe est armé de douze épines denticulées. Le palpe, absolu- ment rudimentaire, uniarticulé, n'atteint que la septième partie de la longueur de la maxille. Il est finement cilié sur ses bords latéraux et se termine par une petite soie. Le lobe externe des maxilles postérieures (fig. 22, D) est beaucoup Expédition C/tarcul . — En. Chemielx. — Cru.s(ai'i;.s Aiiipliipudes. 6 KiK. 22. A, tù(e; B, l'ariphimedia iutegricauda Icivre anlùrieure ; C, lùvre postériouie ; U, maxille poslOrieurev. (A x 10 ; B, C, D x 14.) 42 CRUSTAGKS AMPHIPODHIS. plus long et un peu plus étroit que le lobe interne. Ce dernier porte une rangée marginale et une rangée transversale de soies ciliées. Le lobe interne des maxillipèdes (fig. 23, E)^ peu développé, atteint à peine au delà de la base du palpe. Le lobe externe, assez étroit, est bordé de soies très courtes. Le palpe ne comprend que trois articles. Le deuxième article présente, du côté interne, un prolongement digitiforme très allongé, qui atteint presque l'extrémité du troisième article. Les gnathopodes antérieurs (fig. 23, F) sont faibles et courts. L'article Fig. 23. — l'ariphiinedia inleijrlcaiida. — A, antuiiue supérieure ; B, antenne inférieure; C, luandibule; l), inaxille antérieure : 10, maxillipède ; 1'", ^'nalliopode antérieur ; G, gnafliopude postérieur ; H, péréio- pode de la troi.siéiije paire ; I, péréiopode de la cini[uiOmc paire ; J, uropodes de la dernière paire et telson. (A, B, F, G. Il, I, J x G ; C, L), E x 14.) basai, aussi long que l'ensemble des trois articles suivants, présente un bord postérieur assez fortement convexe, garni de quelques soies. Les articles ischial et méral sont d'égale longueur. Le carpe est un peu plus allongé. Ces trois articles ne portent ni soies ni épines. Le propode, très étroit, aussi long que le carpe, se prolonge inférieurement pour former une petite pince avec le dactyle. Le prolongement du propode porte quelques soies simples. Le dactyle est muni de trois soies ciliées. Les gnathopodes postérieurs (fig. 23, G), beaucoup plus longs que les gnathopodes antérieurs, sont à peine plus robustes. L'article ischial, le carpe et le propode sont à peu près d'égale longueur. Le propode, très CRUSTACÉS AMPHIPODES. 43 étroit, se pi'olonge inférieurement pour former, avec le dactyle, une petite pince un peu plus courte et plus robuste que celle des gnathopodes précédents. Le bord postérieur du propode est bordé de longues soies, qui, examinées avec un fort grossissement, ont plutôt l'aspect d'épines barbelées. Les péréiopodes des deux premières paires, très robustes, sont un peu plus courts que les gnathopodes postérieurs. L'article basai atteinte peu près la longueur de l'ensemble des trois articles suivants. Le propode, un peu plus long que l'article méral, est beaucoup plus long que le carpe. Le dactyle, fort et courbé, atteint la moitié de la longueur du propode. Les péréiopodes de la troisième paire (fig. 23, //), très robustes, sont de la longueur des péréiopodes précédents. L'article basai, modérément dilaté, est près de deux fois aussi long que large; il ne présente pas de crénelures au bord postérieur. L'article méral se prolonge un peu en arrière, le long du bord postérieur du carpe ; ce prolongement se termine en pointe aiguë. Le propode est un peu plus long que le carpe. Tous ses articles portent de petites épines au bord antérieur. Le dactyle est robuste et fortement courbé. Les péréiopodes des deux dernières paires, d'égale taille, sont beaucoup plus longs que les péréiopodes précédents. Dans les péréiopodes de la quatrième paire, Trirticle basai, modérément dilaté, n'est guère plus long que le propode. L'articleméralet le carpe sont à peu prèsd'égale longueur. Dans les péréiopodes de la dernière paire (fig. 13, /), l'article basai est beaucoup plus développé que dans les péréiopodes précédents ; il ne présente pas de crénelures au bord postérieur. L'article méral et le carpe, à peu près d'égale longueur, sont plus courts que le propode. Le bord antérieur de tous ces articles porte de petits bouquets d'épines. Le dactyle est robuste et courbé. Les branches des uropodes de la première paire, d'égale taille, sont beaucoup plus courtes que le pédoncule. Dans les uropodes de la deuxième paire, les deux branches sont plus longues que le pédoncule ; la branche externe est loin d'atteindre la longueur de la branche interne. Dans les uropodes de la dernière paire (fig. 23, 7), la branche externe, notablement plus courte que la branche interne, est beaucoup plus 44 CRUSTACÉS AMPIIIPODES- longue que le pédoncule. Les deux branches sont bordées de petites épines. Le telson (fig. 23, •/) n'atteint pas tout à fait l'extrémité du pédoncule des uropodes de la dernière paire. Sa plus grande largeur est égale aux trois quarts de sa longueur. Il est régulièrement arrondi au bord distal et ne porte ni soies ni épines. Le tube contenant les exemplaires capturés le 13 septembre portait la mention : « Gammarides île couleur brune » ; celui du '29 octobre était étiqueté : « Gammarides à région dorsale noire » . PHLIASIDJÎ Genre H^A7VZ)^/.MChevreux, 1906. Corps épais ; mésosome et métasome presque cylindriques, de même grosseur dans toute leur étendue. Tête globuleuse, sans trace de rostre. Antennes courtes, subégales. Bord libre de la lèvre antérieure non échancré. Mandibules manquant de processus molaire ; palpe absent ou rudimentaire. Lèvre postérieure manquant de lobes internes; lobes latéraux régulièrement arrondis. Maxilles antérieures manquant de palpe. Maxilles postérieures longues et étroites; lobe interne plus court que le lobe externe. Lobes internes des maxillipèdes très développés, plus longs que les lobes externes; palpe i-articulé. Gnathopodes très longs et très grêles, de même forme dans les deux paires. Bord postérieur du propode prolongé pour former une petite dent. Péréiopodes très robustes et très courts. Pédoncule des pléopodes de la deuxième paire prolongés laté- ralement. Branches des uropodes des deux dernières paires d'égale longueur. Pédoncule des uropodes de la dernière paire extrêmement courts. Branche unique lamelliforme, peu nettement distincte du pédon- cule. Telson fendu jusqu'à la base. Ce nouveau genre, très voisin du '^onvc IJi/re/uta Chilton (11, p. 421), en diffère surtout par la forme des appendices de l'urosome. Son telson, complètement fendu, le sépare de tous les autres genres de la famille des Phliasidœ. CRUSTACES AMPHIPODKS. 45 AVandelia crassipes Chevreux. 1 KiG. Witndclia crassipes Chevreux (3), p. 87, fig. 1 el 2. Porl Gharool, 15 mars, i avril et 8 avril 1904; dragages, 40 mè res. — lie Wande), :{0 mars 190-i ; avec des Éponges, dragage, 40 mètres. — 5 exemplaires. Le |)lus grand de ces exemplaires élnil une femelle ovigère, mesurant 3 millimètres de longueur dans la position où elle est figurée ici (fig. 24). Le corps, très obèse, aftecteuneformecylindrique.llestde mêmeépaisseur Fig. 24. — Wandelia crasuij/es. — FL'iiiL'Ile, vur du cùté gauclio, X 33. dans toute l'étendue du mésosome et du métasome. Le mésosome atteint le double de la longueur du métasome. L'urosome est très court, et ses deux derniers segments sont soudés ensemble. La tète, à peu près aussi longue que le premier segment du mésosome, aff'ecte une forme globu- leuse et ne présente ni rostre ni lobes latéraux distincts. Les segments du mésosome sont très nettement délimités. Le premier segment est le plus long de tous. Le deuxième segment, plus court que chacun des cinq suivants, n'att(>int que la moitié de la longueur du premier segment. Les plaques coxales des quatre premières paires, très petites, n'attei- gnent pas la moitié de la hauteur des segments correspondants du méso- some. Ces plaques portent quelques petites crénelures au bord inférieur. Les plaques coxales de la quatrième paire ne sont pas échancrées au bord 4fi CUUSTACÉS AMPHIPODKS. posLérieur. Le lobe postérieur des plaques coxales de la cinquième paire est beaucoup plus haut que le lobe antérieur. Les plaques coxales des trois dernières paires sont crénelées au bord postérieur. Les plaques épimérales du dernier segment du métasome sont prolongées en arrière et arrondies. Les yeux, petits, de forme ovale, sont placés tout près du bord antérieur de la tète. Les antennes supérieures (iig. 2ri, A), très courtes, n'atteignent pas Fig. 25. — Wnndella cranaipes. — A, antenne supérieure; B. antenne inférieure; C, lèvre antérieure; D, mandibule ff^i'clie; E, maxille antérieure; F, maxille postérieure; G, maxillipèdcs. (A, Bx5B; C, 1), E. F, Gx77.) tout à fait la longueur de l'ensemble de la tète et du premier segment dumésosome. Le premier article du pédoncule est aussi large que long. Le second article est aussi long, mais beaucoup [dus étroit que le premier. Le troisième article n'atteint pas tout à fait la longueur du second. Le flagellum, un peu plus long que le pédoncule, comprend six articles assez allongés, qui portent chacun, à Textrémité du bord antérieur, deux ou trois longues tigelles sensilives. Les antennes inférieures (fig. 25, /?) ne sont pas plus longues que les antennes supérieures. Le quatrième article du pédoncule atteint les deux tiers de la longueur du cinquième article. Le tlagellum, un peu plus court que le pédoncule, comprend six articles garnis de courtes soies. Le bord libre de la lèvre antérieure (lig. 25, C), régulièrement arrondi, est fortement cilié. Les mandibules, longues et étroites, ne présentent pas de processus molaire. Une ))etite épine terminée par deux cils, située vers le milieu du bord (!\terne, peut être considérée comme un rudiment de paljje. Dans CRUSTACÉS AMPHIPODES. 'il la mandibule droite, la partie tranchante est armée de trois dents arron- dies. La lame accessoire, très petite, a l'aspect d'une épine fourchue. Dans la mandibule gauche (fig. 25, D), la partie tranchante ne porte que deux dents. La lame accessoire, bien développée, est armée d'une dent assez forte, suivie d'une dizaine de petites dents aiguës. La lèvre postérieure ne possède pas de lobes internes. Les lobes laté- raux sont régulièrement arrondis et finement ciliés au bord distal. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 25, E), très étroit, porte deux soies terminales. Le lobe externe est armé de huit épines denti- culées. Le palpe manque absolument. Les lobes des maxilles postérieures (fig. 25, F) sont étroits et allongés. Le lobe interne n'atteint pas toutà fait la longueur du lobeexterne. Chacun des lobes se termine par une touffe de petites épines. Plusieurs des épines du lobe interne sont crénelées. Le lobe interne des maxillipèdes (fig. 25, G), très allongé, dépasse le lobe externe et atteint presque l'extrémité du troisième article du palpe. II porte trois grosses épines terminales. Le lobe externe n'atteint que le milieu du troisième article du palpe et porte seulement quelques soies marginales. Le palpe, court mais robuste, se compose de deux articles plus larges que longs, suivis d'un troisième article un peu |)lus étroit et d'un quatrième article très petit, n'ofirant pas l'aspect d'un dactyle. Les trois derniers articles du palpe portent quelques longues soies. Les gnathopodes (fig. 26, A et /?], très grêles, de même forme, ne dif- fèrent entre eux que par la longueur un peu plus grande des gnathopodes postérieurs. L'article basai atteint à peu près la longueur de l'ensemble des deux articles suivants. L'article ischial, très développé, est presque aussi long que l'ensemble de l'article méral et du carpe, qui sont à peu près d'égale taille. Le propode, beaucoup plus long que le carpe, est très étroit. Son bord postérieur se prolonge inférieurement pour former une dent aiguë, sur laquelle le bord interne du dactyle peut s'appuyer. Le dactyle, très large, lancéolé, n'atteint pas tout à fait la moitié de la lon- gueur du propode. Lespéréiopodes des deuxpremièrespaires(fig.26,6'etZ)), très robustes, sont beaucoup plus courts que les gnathopodes. L'article méral, for- 48 CRUSTACÉS AMPHIPODES. tement dilaté en avant, déborde sur le carpe, qui est extrêmement court. Le propode atteint près de trois fois la longueur du carpe. Le dactyle est iortement courbé. Les péréiopodes des trois dernières paires, très courts, augmentent progressivement en longueur, de la troisième à la cinquième paire. Ils ne diffèrent entre eux que par la former de l'article basai, qui est beaucoup plus large dans les péréiopodes de la cinquième paire que dans ceux des deux paires précédentes. Le bord postérieur de cet article, lisse dans les FiK. -G. — W'andelia ciassipes. — A, gnatliopoJi> antérieur; B, {•iiiilhopode postérieur: G, D, 1'^, F. G, péréiopuiles : H, pléopode de la deuxième paire: 1, uropode de la première paire; J. uropode delà deuxième paire; K, uropodes de la dernière paire et telsoii. (A, B,G, D, E, F, G,Hx-(J: I, J, K x Cl.) péréiopodes de la troisième paire (fig. 26, E), est crénelé dans les péréio- podes des deux paires suivantes (fig. 20, F et G). Dans ces trois paires de péréiopodes, l'article méral s'élargit fortement en arrière pour former un lobe ^nguleux. Le propode atteint un peu plus du double de la longueur du carpe. Le dactyle porte un cil au bord interne. Le pédoncule des pléopodes se prolonge un pou latéralement. Ce prolongement est plus accentué dans les pléopodes de la deuxième paire (fig. 26, H). Le pédoncule des uropodes de la première paire (fig. 26, /), presque aussi large que long, est un peu plus court que les branches, qui sont d'égale taille. Dans les uropodes delà deuxième paire (fig. 26, 7), le pédon- cule est plus large que long; les branches, d'égale taille, sont plus Ion- 7,*1, CRUSTACÉS AMPHIPODES. 49 gues que le pédoncule. Les uropodes de la dernière paire (fig 26, K) se composent d'un pédoncule extrêmemenl court, peu nettement délimité d'une branche unique, qui est lamelliforme et présente, au bord interne, une petite échancrure garnie d'une épine ; deux épines un peu plus grandes se trouvent à l'extrémité du bord externe. Le tclson (fig. 26, K) est complètement divisé en deux lobes triangu- laires, armés chacun d'une petite épine. EUSIRIDvE Eusirus laticarpus nov. sp. Porl-Charcot, 8 avril 1004 ; dragage, 40 mètres. 1 mâle, 1 femelle. Femelle. — Cet exemplaire mesurait 12 millimètres de longueur, dans la position où il est iiguré ici (fig. 27). Le corps est fortement compri- mé. Le inésosome ne porte pas de dents dorsales. Le métasome, très Fig. 27 Eusirus laticarpus. — Femelle, vue du côté gauche, x 7. développé, atteint la longueur de l'ensemble des six premiers segments du mésosome. Chacun des deux premiers segments du métasome se termine en arrière par une dent dorsale, courte et aiguë. La tête, presque aussi longue que l'ensemble des deux premiers segments du mésosome, porte un petit rostre aigu et courbé. Les lobes latéraux, peu saillants, sont tronqués à l'extrémité. Les plaques coxales de la première paire sont à peu près aussi hautes que le premier segment du mésosome. Les plaques coxales des trois paires suivantes n'atteignent pas la hauteur des Exjjédillun Cliarcut. — Eu. Chevmelx. — Crustaci-s Aiiiphipodes. ' 50 CRUSTACÉS AMPHIPODES. segments correspondants. Les lobes des plaques coxales de la cinquième paire sont à peu près de la même hauteur. Les plaques épimérales du dernier segment du métasome (fig. 28, A) sont arrondies en arrière et présentent seulement trois petites crénelures, accompagnées de quelques cils. Les yeux, assez petits, ovales, sont placés obliquement par rapport au bord supérieur de la tète. Ils comprennent de nombreux ocelles. Les antennes supérieures (fig. 28, B) dépassent un peu en longueur Fig. 28. — Eusii-us laticarpus. f(;nielk^ — A, plaipie épiniérale du dernier segment du métasome ; B, antenne supérieui-e; G, antenne inl'ûrieure ; D, mandiijule droite: E, lèvre postérieure; F, maxille an- térieure; G, maxille postérieure ; II, ]na\illii)éde. (A, B, C x 1" ; I). E, F, G, H x 33.) l'ensemble de la têle et du mésosomc. Le premier article du pédoncule, très volumineux, est aussi long que la tête. Le second article, un peu plus court et beaucoup plus étroit que le premier, porte quatre petites dents au bord inférieur. Le troisième article n'atteint que le tiers de la longueur de l'article précédent. Le flagellum, deux fois aussi long que le pédoncule, comprend une quarantaine d'articles. Un certain nombre de ces articles portent, à l'extrémité du bord postérieur, un renflement garni d'une touffe de soies. Le premier article du flagellum est aussi long que le dernier article du pédoncule. Le flagellum accessoire, uniar- CRUSTAGKS AMPHIPODHS. 51 liculr, n'aUoinl pas tout à fait la loiigueui- du premier article du (laj^eliuui principal. Les anteniiesinférieures(iig.28, 6'), unpeuplus courtes que les antennes supérieures, n'atteignent que la longueur de l'ensemble de la tête et des cinq premiers segments du mésosome. Le quatrième article du pédon- cule, très robuste, porte trois petites épines au bord antérieur. Le cinquième article est beaucoup [)lus grêle et plus coui't ([ue l'article précédent. Le flagellum, un peu plus court que le pédoncule, comprend vingt-deux articles, ciliés au bord antérieur. Le bord libre de la lèvre antérieure est arrondi. Les mandibules (fig. 28, /)), peu robustes, présentent une partie tranchante étroite et allongée, armée de deux dents. La lame accessoire, très petite dans la mandibule droite, est plus développée dans la man- dibule gauche. Le processus molaire, assez petit, est relié à la partie tranchante par une rangée de cinq épines. Le palpe, très développé, est beaucoup plus long que le corps de la mandibule. Son article médian, très robuste, est loin d'atteindre la longueur de l'article terminal. Ces deux articles portent de nombreuses soies. La lèvre postérieure (fig. 28, E) présente des lobes latéraux larges et régulièrement arrondis, des lobes internes très petits, quoique bien dis- tincts, des prolongements postérieurs larges et courts. Les maxilles antérieures (fig. 28, F) sont peu développées. Le lobe interne se termine par une petite soie ciliée. Le lobe externe porte dix épines denticulées. Le palpe porte une dizaine d'épines aux bords interne et distal. Les lobes des maxilles postérieures (fig. 28, G) sont à peu près d'égale longueur, mais le lobe interne est beaucoup plus large que le lobe externe. Chacun des lobes porte une rangée de soies simples au bord distal. Le lobe interne des maxillipèdes (fig. 28, //) porte quelques grosses soies au bord interne et au bord distal. Le lobe externe, peu développé, n'atteint pas le milieu du deuxième article du palpe. Il porte une rangée de soies simples au bord interne. Le palpe est remarquablement développé. Son deuxième article, très grand, de forme ovale, porte une rangée de longues soies au bord interne. Le troisième article est garni de nombreuses 32 CRUSTACÉS AM PHIPODES. touffes de soies. Le quatrième article, dactyliforme, presque aussi louj^ç que l'article précédent, se termine en pointe aiguë. Les gnathopodes affectent la forme qui caractérise si bien le genre Eusirus. Ils diffèrent à peine l'un de l'autre. Néanmoins, dans les gna- Fig. 29.— Eusirus laticarpus, lemelle. — A, gnathopode antérieur ; B, gnathopode postérieur ; G, péréio pode de la troisième paire ; D, uropode de la première paire ; E, uropode de la deuxième paire ; F. uro- pode de la dernière paire et telson. (Toutes les figures x 17.) thopodes antérieurs (fîg. 29, A), l'article basai, fortement dilaté en son milieu, est plus robuste que celui des gnathopodes suivants (fig. 29, B). Par contre, le propode des gnathopodes postérieurs est un peu plus grand et le dactyle un peu moins grêle que dans les gnathopodes antérieurs. Dans les deux paires de gnathopodes, le carpe présente un lobe postérieur un peu plus large que chez les autres formes du genre Eusirus. Les péréiopodes des deux premières paires sont, comme d'habitude, très grêles. L'article méral, beaucoup plus long que le propode, atteint le double de la longueur du carpe. Dans les péréiopodes des trois dernières paires, l'article basai, modé- rément dilaté, est crénelé au bord postérieur. Ce bord, nettement convexe dans les péréiopodes des troisième et quatrième paires, est à CRUSTACÉS A.MPHIPODES. o3 peu près droit, dans sa partie médiane, dans les péréiopodes de la der- nière paire. Dans ces trois paires de pattes, l'article méral et le carpe, à peu près d'égale taille, sont beaucoup plus courts que le propode. La branche externe des uropodes de la première paire (fig. 29, /)), à peu près de la longueur du pédoncule, atteint les trois quarts de la longueur delà branche interne. Le pédoncule et les branches portent de nombreuses épines au bord postérieur. Dans les uropodes de la deuxième paire (fig. 29, E)^ la branche externe, unpeu plus longue que le pédoncule. Fig. 30. — I-Aisirus lalicarpus, mâle. — A. plaque épiméralo du dernier sef,'iiiont du métasomc ; B. antenne sup(5rieure ; C, antenne inférieure; D, gnathopode postérieur ; E, uropodu de la dernière paire et telson. (Toutes les figures x 17.) n'atteint pas les deux tiers de la longueur de la branche interne, qui est garnie de nombreuses épines. Les branches des uropodes de la dernière paire (fig. 29, F), beaucoup plus longues que le pédoncule et d'égale taille, sont bordées de petites épines. Le telson (fig. 29, F) dépasse de beaucoup l'extrémité du pédoncule des uropodes de la dernière paire. Sa plus grande largeur est égale à la moitié de sa longueur. Il est fendu sur près de la moitié de sa longueur et ses lobes divergent un peu à leur extrémité. Le nom spécifique fait allusion à la forme du lobe postérieur du carpe des gnathopodes. Mâle. — La taille du mâle recueilli est égale, à peu de choses près, à celle 54 CRUSTACÉS AMPIIIPODES. de laroiiielle. Le diinorphisme sexuel est très accentué. Chez le mâle, le bord postérieur des plaques épimérales du dernier segment du métasome (fig. 30, A) est armé de nombreuses dents; les yeux, très grands, ovales, occupent la majeure partie de la tête ; les antennes (fig. 30, B et (') sont beaucoup plus robustes que celles de la femelle ; le telson (fig. 30, E) est beaucoup plus étroit, sa plus grande largeur n'atteignant que le tiers de sa longueur, et sa fente, largement ouverte et très courte, n'existe que sur la sixième partie de sa longueur. <;alliopiid.^ Oradarea longimana Walker. 190.3. Oradarea longimana Alfred-0. Walker (15), p. 56, l'I. X, fig. 77-89. Baie des Flandres, 12 février 1904, marée basse. — PorL-Gliarcot, 15 mars 1904, dra- gage, 20 mètres. — 8 avril 1904, dragage, 40 mètres. —Ile Wincke, 29 décembre 1904, dragage, 20 mètres. — 27 janvier 1905, dragage, 25 mètres. Nombreux exemplaires. PONTOGENElIDyE (I) Bovallia gigantea Pfeffer. 1888. Bovallia gigantea Pfeffer (6), p. 96, PI. I, fig. 5. L'exemplaire dont la description suit était une femelle , mesurant 32 millimètres de longueur dans laposition où elle est figurée ici (fig. 31). Le corps est modérément comprimé, le mésosome égalant en longueur l'ensemble du métasome et de l'urosome. La tête, beaucoup plus longue que le premier segment du mésosome, porte un petit rostre aigu et courbé. Les lobes latéraux, peu saillants, sont larges et arrondis. Les six premiers segments du mésosome ne portent pas de dents. Le septième segment se termine en arrière par une dent dorsale assez courte. Chacun des deux premiers segments du métasome porte une dent, semblablement placée, mais beaucoup plus grande. Les plaques coxales des quatre premières paires sont un peu plus hautes que les segments correspondants dumésosome. Les plaques coxales de la quatrième paire sont profondément échancrées pour recevoir les plaques coxales de la paire suivante. Le (1) Ponto'trnciidx Stelling (13), p. 3j6. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 55 lobe antérieur des plaques coxales de la cinquième paire est beaucoup moins haut que le lobe postérieur. Dans les trois segments du métasome,« les plaques épimérales, de même forme, sont largement arrondies en arrière, sauf une petite dent aiguë, qui sépare le bord postérieur du bord inférieur. Les yeux, qui comprennent de nombreux ocelles, affectent la forme Fig. 31. - Bûuatlia r/iganlea. — Femtlle, vue du cùté droit, x 3. de croissants étroits, leur plus grand diamètre atteignant la moitié de la longueur du bord supérieur de la tête. Les antennes supérieures atteignent à peu près la longueur de l'ensemble de la tête et du mésosome.' Le pédoncule se compose d'un premier article très volumineux, beaucoup plus long que la tête, portant quelques soies au bord postérieur. Le second article (fig. 32, A) atteint les trois quarts de la longueur du premier article. Trois groupes d'épines et douze petites calcéoles se trouvent sur sa face interne ; son bord postérieur porte quelques touffes de longues soies. Le troisième article du pédoncule n'atteint guère plus du tiers de la longueur de l'article précédent. Sa face interne porte un groupe de petites épines et cinq calcéoles. Son bord postérieur est garni d'une touffe de longues soies. Leflagellum, beaucoup plus longque le pédoncule, se compose de cent douze articles extrêmement Sfi CRUSTACÉS AMPHIPODES. courts. Dans les deux premiers tiers du flagellum, chaque article porte une calcéole et quelques petites soies au bord postérieur. Les antennes intérieures, un peu plus courtes que les antennes su- périeures, atteignent la longueur de l'ensemble de la tête et des cinq premiers segments du mésosome. L'avant-dernier article du pédoncule (fig. 32, B) porte, sur sa face interne, vingt-sept calcéoles, disposées sur six rangées transversales. Le bord postérieur de cet article est muni de quelques toulFes de longues soies. Le dernier article du pédoncule, Fig. Zi.— BoralUu r/ir/nvleaJeuifUi-. — A. duiDJcis aiticles du pédonculo et |)iciiiieis aiticlrs du llagullum d'une antenne supérieure, vus du côté interne; B, même partie d'une antenne inférieure . G, lèvre anté- rieure; D, mandibule droite : E, lèvre postérieure ; F, maxille antérieure droite ; G , maxille po stérieure H, maxillipède. (Toutes les figures x 12.) beaucoup moins long que l'article précédent, porte quatre rangées transversales de calcéoles sur sa face interne et quelques touil'esde soies sur ses deux bords. Le flagellum, à peu près aussi long que le pédoncule, comprend quatre-vingt-deux articles extrêmement courts, garnis chacun d'une calcéole au bord antérieur. La lèvre antérieure (fig. 32, C), régulièrement arrondie, ne présente pas d'échancrure au bord libre, qui porte de nombreuses petites soies. Les mandibules (lig. 32, D) sont très robustes. La partie tranchante purli" quatre dents assez fortes. Les deux mandibules possèdent une CRUSTACÉS AMPHIPODES. 57 petite lame accessoire tridentée. Une rangée de treize épines denticulées se trouve entre la partie tranchante et le processus molaire, qui est très volumineux et très saillant. Le palpe, bien développé, est beaucoup plus long que le corps de la mandibule. Son deuxième article, très large, un peu dilaté en son milieu, porte une rangée de longues soies au bord interne. Le troisième article, aussi long mais beaucoup plus étroit que l'article précédent, porte aussi de longues soies sur toute la longueur de son bord interne. La lèvre postérieure (fig. 32, E) est large et courte. Les lobes latéraux, régulièrement arrondis, sont assez fortement ciliés. Les prolongements postérieurs, très courts, semblent tronqués à leur extrémité. Le lobe interne desmaxilles antérieures (fig. 32, F), très large et bien développé, porte douze soies ciliées. Le lobe externe est armé de onze dents crénelées. Le palpe, bien développé, porte de longues soies au bord externe et se termine par un groupe de petites épines. Dans la maxille gauche, il est plus long, et son extrémité est plus rétrécie que dans la maxille droite. Les lobes des maxilles postérieures (fig. 32, G), d'égale taille, ne diffèrent l'un de l'autre que par la présence, au lobe interne, d'une rangée transversale de soies ciliées. Les soies du lobe externe sont simples. Le lobe interne des maxillipèdes (fig. 32, H) porte de longues soies ciliées au bord interne et trois épines, accompagnées de soies ciliées, au bord distal. Le lobe externe, très court, n'atteint guère que l'extré- mité du premier article du palpe. Il porte une rangée d'épines, entre- mêlées de soies, au bord interne. Ses bords externe et distal sont garnis d'une rangée de longues soies ciliées. Le palpe, remarquablement développé, porte de longues soies, particulièrement nombreuses sur le troisième article. Les soies qui garnissent l'extrémité de cet article sont ciliées. L'article basai des gnathopodes antérieurs (fig. 33, A), assez court, beaucoup plus large à l'extrémité qu'à la base, atteint à peu près la longueur de l'ensemble des trois articles suivants. Tous ces articles portent des touffes de soies au bord postérieur. Le propode, piriforme, E.riiédilion CJmrcol. — E». Chevreux. — Ci'UStacés Aiiipliipoclus. 8 58 CRUSTACÉS AMPHIPODËS. est aussi long que l'article basai. Son bord palmaire porte quelques épines et de nombreuses soies. Le dactyle, long et grêle, est légèrement courbé. Les gnathopodes postérieurs (fig. 33, B), de même forme que les gnathopodes antérieurs, en diffèrent surtout par la grande longueur de leur article basai. Les articles suivants sont aussi un peu plus allongés. Les épines du bord palmaire du propode sont plus nombreuses. Le Fig. 33. — Bovaltia gigantea, femelle. — A, gnathopode antérieur; B, gnathopode postérieur; C, uropode de la dernière paire ; D, telson. (A, B x 6 ; C, D x 8.) dactyle, assez fortement courbé, n'atteint pas tout à fait la longueur du bord palmaire. Les péréiopodes des deux premières paires, assez robustes, portent de nombreuses petites épines, le long de leur bord postérieur. Le carpe est un peu plus court que le propode, qui atteint la moitié de la longueur de l'article basai. Le dactyle, assez robuste, se termine par une pointe aiguë, garnie d'une petite soie au bord interne. Les péréiopodes de la troisième paire sont à peu près aussi longs que les péréiopodes précédents. L'article basai, ovalaire, présente un bord postérieur lisse, régulièrement convexe. L'article méral se prolonge un peu le long du bord postérieur du carpe. Ce dernier article est à peine plus long, mais beaucoup plus étroit que l'article méral. Le propode atteint à peu près la longueur du carpe. L'article méral, le carpe et le propode CRUSTACÉS AMPHIPODKS. o9 portent une épaisse rangée d'épines au bord antérieur et quelques épines au bord postérieur. Le dactyle, très robuste et fortement courbé, porte une petite soie au bord interne. Les péréiopodes des deux dernières paires, d'égale taille, sont un peu plus longs que les péréiopodes précédents. Leur article basai, de forme plus allongée, présente un bord postérieur presque droit dans sa partie médiane et absolument lisse. Les autres articles sont semblables aux articles correspondants des péréiopodes de la troisième paire. Les branches des pléopodes comprennent de nombreux articles, garnis de soies ciliées. On compte trente-neuf articles dans chacune des branches des pléopodes de la troisième paire. Le pédoncule des uropodes de la première paire, beaucoup plus longque les branches, porte une rangée d'épines au bord postérieur. La branche externe est un peu plus courte que la branche interne. Toutes deux portent de nombreuses épines. La branche interne des uropodes de la deuxième paire, un peu pluslongue que le pédoncule, est garniede nombreuses épines. La branche externe, également très épineuse, n'atteint que les deux tiers de la longueur de la branche interne. Les branches des uropodes de la der- nière paire (fig. 33, C), d'égale taille, mesurent près du double de la lon- gueur du pédoncule. Toutes deux portent de nombreuses épines, entre- mêlées de soies ciliées. Le telson (fig. 33, Z)), étroit et allongé, dépasse de beaucoup l'extré- mité du pédoncule des uropodes de la dernière paire. Il est fendu surur peu plus de la moitié de sa longueur et ne porte ni soies ni épines. Eurymera monticulosa Pfeffer. 1888. Eurijmerra monticulosaPîefîer (6), p. 103, PI. I, fig. 3. Ile Booth-Wandel, octobre 1904; plage, marée basse. — 4 décembre 1904, dans l'esto- mac d'un Pygoscelis antarctica. — Nombreux exemplaires. L'exemplaire dont la description suit était une femelle, mesurant IS'""',^ de longueur dans la position où elle est figurée ici (fig. 34). Les plus grands des autres exemplaires ne dépassent pas 12 millimètres. Le corps, très épais, à peine comprimé, est remarquable par les dépres- sions et les renflements qui le garnissent. Chacun des segments du méso- 60 CRUSTACÉS AMPHIPODES. some et du métasome présente, en son milieu, un sillon transversal plus ou moins profond, qui vient rejoindre un gros tubercule arrondi. Dans le mésosome, ce tubercule occupe l'angle formé par les bords postérieur et inférieur de chaque segment, tandis qu'il occupe à peu près le milieu du Fig. 34. — Eurymera moitticulosa. — Femelle, vue du côté droit, X ",5. côté de chacun des segments du métasome. L'urosome est lisse. La tète, presque aussi longue que l'ensemble des deux premiers segments du mésosome, présente un bord supérieur fortement convexe dans sa partie antérieure. Elle ne possède pas de rostre. Les lobes latéraux, très larges, sont régulièrement arrondis. Les plaques coxales des quatre premières paires atteignent à peu près le double de la hauteur des segments corres- pondants du mésosome. Les plaques coxales de la quatrième paire sont profondément échancrées en arrière, pour recevoir les plaques coxales suivantes. Le sinus des plaques coxales de la cinquième paire les sépare en deux lobes égaux. Les plaques épiméralcs du dernier segment du méta- some, régulièrement arrondies en arrière, portent quelques petites créne- lures au bord postérieur. CRUSTACÉS A.MPUIPODKS. fil Les yeux, irrégulièrement ovales, un peu rcniforines, sont de taille moyenne, leur plus grand diamètre n'atteignant que le tiers de la longueur du bord supérieur de la tête. Ils sont placés sur un gros tubercule arrondi, situé à la base des lobes latéraux. Les antennes supérieures atteignent à peu près la longueur de l'ensem- ble de la tête et des trois premiers segments du mésosome. Le pédoncule (fig. 35, A) est robuste. Son premier article, très volumineux, se termine en Fig. 35. — Eurymera monliculosa. — A, pédoncule et premiers articles du flagelluni d'une antenne supé- rieure; B, pédoncule et premiers articles du flagellum d'une antenne inférieure ; C, lèvre antérieure; D, mandibule gauche ; E, lèvre postérieure ; F, maxille antérieure droite ; G, maxille postérieure ; H, maxillipède. (A, B x 17 ; C, D. E, F, G, H x 24.) avant par un prolongement dentiforme, qui déborde un peu sur le deuxiè- me article. Ce dernier n'atteint que les deux tiers de la longueur de l'article précédent. Le troisième article n'a guère que la moitié de la lon- gueur du second. Le flagellum, beaucoup plus long que le pédoncule, comprend une trentaine d'articles assez courts, garnis de petites soies. Les antennes inférieures sont à peu près de la longueur des antennes supérieures. Le pédoncule (fig. 35, B), entièrement visible en dehors de la tête, dépasse un peu celui des antennes supérieures. Ses deux derniers articles sont d'égale longueur. Le flagellum comprend une trentaine d'ar- ticles assez abondamment ciliés. 62 CRUSTACES AMPHIPODES- Le bord libre de la lèvre antérieure (fig. 35, C) est régulièrement arrondi. Les mandibules (fig. 35, D) sont robustes. La partie tranchante porte cinq dents arrondies. Les deux mandibules possèdent une lame acces- soire bidentée. Une rangée de dix épines barbelées se trouve entre la partie tranchante et le processus molaire, qui est saillant et volumineux. Le palpe, peu développé, est plus court que le corps de la mandibule. Son troisième article, presque aussi long que l'article précédent, porte de nombreuses soies au bord interne. Les lobes latéraux de la lèvre postérieure (fig. 35, E) sont régulière- ment arrondis. Leur bord externe est fortement cilié. Leur bord interne porte une rangée d'épines obtuses. Les lobes internes, bien développés, sont bordés de petites épines. Les prolongements postérieurs, très courts, sont tronqués à leur extrémité. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 35, F), très large au bord distal, porte une rangée d'une vingtaine de soies ciliées. Le lobe externe est armé de neuf dents crénelées. Le palpe, très développé, se ter- mine par une rangée d'épines. Il est un peu plus long et plus étroit dans la maxille gauche que dans la maxille droite. Les lobes des maxilles postérieures (fig. 35, G), d'égale taille, ne diffèrent l'un de l'autre que par la présence, au lobe interne, d'une rangée transversale de longues soies ciliées. Les soies du lobe externe sont simples. Le lobe interne des maxillipèdes (fig. 35, //), bien développé, porte, au bord distal, trois grosses dents et de nombreuses soies ciliées. Le lobe externe atteint au delà du milieu du deuxième article du palpe. Son bord interne et son bord distal sont garnis d'une rangée d'épines. Le palpe, peu robuste, porte de nombreuses soies au bord interne, ainsi qu'à l'ex- trémité du troisième article. Les gnathopodes antérieurs (fig. 36, A) sont modérément robustes. L'article basai atteint la longueur de l'ensemble des trois articles suivants. Le carpe, triangulaire, ne présente pas de lobe postérieur bien accentué. Le propode, beaucoup plus long que le carpe, est quadrangulaire, son bord palmaire formant, avec le bord postérieur, un angle un peu obtus. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 63 armé de deux épines. Les bords postérieurs du carpe et du propode sont garnis de touffes de soies. Le dactyle, légèrement courbé, atteint la lon- gueur du bord palmaire du propode. Les gnathopodes postérieurs (fîg. 36, B) ne diffèrent des gnathopodes antérieurs que par leur longueur un peu plus grande. Les péréiopodes des deux premières paires, un peu plus allongés que Pi„ 35, _ Kurymera monlicuiosa. — A, gnathopodc antérieur; B, gnathopode postérieur; C, péréiopode (le la dernière paire; D, uropode de la deuxième paire; E, uropode de la troisième paire ; F, telson. (A, B. Cx. 1::; D, E, Fx 17.) les gnathopodes postérieurs, sont assez robustes. L'article nierai, beau- coup plus long que le carpe, n'atteint pas tout à fait la longueur du propode. L'article nierai et le carpe portent quelques longues soies au bord postérieur. Dans le propode, ce même bord est garni de petites épines. Le dactyle, très robuste, atteint les deux tiers de la longueur du propode. Les péréiopodes des trois dernières paires, courts et très robustes, sont de même forme et presque de même longueur, ceux de la dernière paire ((ig. 36, C) étant à peine plus longs que les précédents. L'article basai, à peu près aussi large que long, finement crénelé au bord postérieur, porte, 64 CRUSTACÉS AMPHIPODES. au bord antérieur, de longues soies ciliées, particulièrement nombreuses dans les péréiopodes de la quatrième paire. L'article méral, très dilaté, se prolonge un peu le long des bords antérieur et postérieur du carpe. Le propode, très robuste, atteint à peu près la longueur de l'article méral. Son bord antérieur est armé de petites épines ; son bord posté- rieur, assez fortement convexe, porte quelques soies. Le dactyle atteint les deux tiers de la longueur du propode. Le pédoncule des uropodes de la première paire porte une rangée de longues épines au bord postérieur. La branche interne, très épineuse, est beaucoup plus courte que le pédoncule. La branche externe n'atteint que les trois quarts de la longueur de la branche interne. Dans les uro- podes de la deuxième paire (fig. 36, /)), la branche interne est de la longueur du pédoncule. La branche externe est beaucoup plus courte que la branche interne. Les extrémités de ces deux paires d'uropodes atteignent à peu près au même niveau. Les uropodes de la dernière paire (fig. 36, E) dépassent de beaucoup les uropodes précédents. Le pédon- cule porte quelques petites épines au bord postérieur. La branche externe, à peine aussi longue que le pédoncule, n'atteint que les deux tiers de la longueur de la branche interne. Les deux branches sont garnies de petites épines, entremêlées de soies ciliées. Le telson (fig. 36, F), très allongé, atteint presque l'extrémité de la branche externe des uropodes de la dernière paire. Il est fendu sur les deux tiers de sa longueur. L'extrémité des lobes présente quelques petites crénelures. Ces lobes ne portent pas d'épines, mais quelques fines soies, à peine visibles à l'aide d'un fort grossissement. Pontogeneia magellanica Stebbing. 1888. Atylopsis magellanicus Stebbing (9), p. 925, PI. LXXIX (1). 190G. Pontogeneia magellanica Stebbing (13), p. 360. Baie des Flandres, 13 février 1904, marée basse. Nombreux exemplaires. L'exemplaire décrit ci-dessous était une femelle ovigère, mesurant 6"°", 2 de longueur dans la position où elle est figurée ici (fig. 37). (1) Cette espèce ayant été décrite d'après un exemplaire incomplet, dont les antennes et les uropodes étaient en partie brisés, il m'a semblé utile d'en reprendre ici la description. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 65 Le corps, assez obèse, est lisse. Le inésosome dépasse de beaucoup -en longueur l'ensemble du métasome et de l'urosome. La tête, beaucoup plus longue que le premier segment du mésosome, présente des lobes latéraux assez saillants, arrondis à l'extrémité. Les plaques coxales des Fi^'. 37. — Ponlogeiiela magellanica. — Femelle, vue du coté gauche, x H>. quatre premières paires sont un peu plus hautes que les segments cor- respondants du mésosome. Le lobe antérieur des plaques coxales de la cinquième paire est beaucoup plus haut que le lobe postérieur. Le bord postérieur des plaques épimérales du dernier segment du métasome (fig. 38, .4), un peu convexe, se termine inférieurement par une échan- crure, suivie d'une petite dent. Le bord inférieur porte troi& spinules. Les yeux, assez grands, réniformes, sont encore vivement colorés en noir rougeàtre, après un long séjour dans l'alcool. Leur plus grand diamètre n'atteint pas la moitié de la longueur du bord supérieur de la tête. Les antennes supérieures atteignent à peu près la longueur de l'en- ETjiédilion Charcol. — Cu. Chevkeux. — Crustacés Aniiiliipoilus. •' 6ti CRUSTACÉS AMPHIPODES. semble de la tète et des cinq premiers segments du mésosome. Les articles du pédoncule décroissent progressivement en longueur, le pre- mier article étant un peu plus long que l'ensemble des deux articles suivants. Ces articles portent quelques touffes de soies au bord pos- térieur. Le flagellum atteint à peu près le triple de la longueur du pédoncule. Il se compose d'une quarantaine d'articles assez courts,, garnis de soies nombreuses. Il n'existe pas de flagellum accessoire. Les antennes inférieures n'atteignent pas tout à fait la longueur des FiR. 38. — Pontofjeneia magellanica. — A, plaque cpiiiiéralo du dernier segment du njéta.some; B, lèvre antérieure; C, mandibule droite; D, partie tranchante de la mandibule gauche: E, lèvre postérieure; F, maxille antérieure; G, maxille postérieure; H, uiaxillipède. (.\ x 15; B, C, E, F, G, H x 37 ; D x72.) antennes supérieures. Le pédoncule est un peu plus long que celui des antennes précédentes. Son quatrième article n'atteint pas tout à fait la longueur du cinquième article. Le flagellum, beaucoup plus long que le pédoncule, comprend trente-cinq articles, garnis de soies longues et touffues. La lèvre antérieure (fig.38, /?) présente, au bord libre, une échancrure finement ciliée, qui la sépare en deux lobes d'inégale taille. Les mandibules sont courtes, mais robustes. La partie tranchante se termine par trois dents arrondies, précédées de quelques petites créne- lures. La lame accessoire de la mandibule droite (fig. 38, C) se termine par trois dents longues et grêles. La lame accessoire de la mandibule gaftche (fig. 38, D), un peu plus large, porte quatre petites dents. Une rangée de CRUSTACÉS AMPHIPODES. 67 neuf épines se trouve entre la lame accessoire et le processus molaire, ^ui est volumineux et bien conformé. Le palpe, fixé un peu plus près de l'extrémité de la mandibule que le processus molaire, est assez grêle. Son dernier article, garni de nombreuses soies, est à peu près de la lon- gueur de l'article précédent. La lèvre postérieure (fig. 38, E) présente des lobes latéraux réguliè- rement arrondis et des lobes internes distincts, bien qu'incomplètement développés. Les prolongements postérieurs, très courts, sont tronqués à l'extrémité. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 38, F], modérément large, porte, au bord distal, une rangée de sept longues soies ciliées. Le lobe externe est armé de dix épines barbelées. Le dernier article du palpe porte, au bord distal, sept dents aiguës, deux longues épines et quelques soies. Trois longues soies spiniformes sont fixées au bord externe. Les lobes des maxilles postérieures (fig. 38, G) portent de longues soies simples au bord distal. Le lobe interne, aussi long mais un peu plus étroit que le lobe externe, porte une rangée transversale de sept soies ciliées. Le lobe interne desmaxillipèdes (fig. 38, H) porte, comme d'habitude, quelques épines barbelées le long de son bord interne. Le lobe externe atteint le milieu du deuxième article du palpe. Ce lobe porte une rangée do petites épines au bord interne et quelques soies au bord distal. Le palpe porte de longues soies au bord interne de son deuxième article. Le troisième article présente un petit prolongement anguleux, qui atteint à peu près au tiers de la longueur du bord externe du quatrième article. Les gnathopodes antérieurs (fig. 39, A) sont assez courts. L'article basai atteint à peu près la longueur de l'ensemble des trois articles suivants. Le carpe et le propode sont d'égale longueur. Le bord palmaire du pro- pode forme un angle un peu obtus avec le bord postérieur. Le dactyle est grêle et aigu. Les gnathopodes postérieurs (fig. 39, li), beaucoup plus longs que les gnathopodes antérieurs, ne sont pas plus robustes. Le carpe est beau- coup plus court que le propode. Ce dernier article, très étroit, est trois fois aussi long que large. Il porte quelques soies au bord antérieur et de 68 CRUSTACÉS AMPHIPODES. nombreuses touffes de soies au bord postérieur. Le bord palmaire forme avec le bord postérieur, un angle obtus, qui porte trois petites épines. Les péréiopodes des deux premières paires sont grêles et allongés^ ceux de la première paire (fig. 39, 6') étant, comme d'habitude, un peu plus Fig. 39. — Ponlogeneia magelianica. — A, gnalhopode antérieur ; B, gnathopode postérieur ; C. péréiopode de la première paire : D, péréiopode de la quatrième paire; E, péréiopode de la cimjuiéme paire : F. uro- pode de la première paire: G, uropode de la deuxième paire ; H. uropode de la troisième paire et telson. (A, B, C, D, E X 15: F, G, Hx22.) longs que les suivants. Le carpe est plus court que l'article méral et que le propode, qui sont d'égale longueur. Le dactyle est très petit. Dans les péréiopodes des trois dernières paires, l'article basai, ovale allongé, n'est pas sensiblemontcréneléau bord postérieur. L'article méral, le carpe et le propode des péréiopodes des troisième et quatrième paires (fig. 39, D) sont à peu près d'égale longueur. Les deux derniers de ces articles étaient brisés dans les péréiopodes de la dernière paire i^fig. 39, E) de l'exemplaire disséqué. L'article basai des uropodes de la première paire (fig. 39, F), très ro- buste, porte, au bord postérieur, une rangée de quatorze épines. Les branches, d'égale longueur, sont beaucoup plus courtes que le pédoncule. Chacune d'elles porte d'assez nombreuses épines latérales et deux épines CRUSTACÉS AMPIllPODES. 69 terminales, dont l'une est remarquablement allongée. L'ai'ticle basai des uropodes de la deuxième paire(lig. 39, G) porte cinq épines au bord pos- t(>neur. Ses branches, plus courtesque le pédoncule et subégales, n'attei- gnent pas l'extrémité des branches des uropodes précédents. Les uropodes de la dernière paire (fig. 39, H) dépassent de beaucoup l'extrémité des uropodes de la première paire. Les branches, lancéolées, beaucoup plus longues que le pédoncule et subégales, sont bordées de petites épines. Le telson (fig. 39, /7j, subtriangulaire et sensiblement plus long que large, est fendu sur à peu près la moitié de sa longueur. Chacun des lobes se termine par une petite échancrure garnie d'une soie et porte une soie latérale. Pontogeneia antarctica Chevreux. 1906. Pontogeneia antarctica Chevreux (3), p. 79, fig. 2. Baie des Flandres, (5 février 1904, marée basse, sur des .\iêues. — lie Booth-Wan- del, 13 septembre et 8 novembre 1904, plag-e, marée basse. — \ombreu.\ exemplaires. L'exemplaire dont la description suit était une femelle portant dix- neuf embryons entre ses lamelles incubatrices. Elle mesurait 13 milli- mètres de longueur, dans la position où elle est figurée ici (fig. 40). Le corps, modérément comprimé, est lisse. Le mésosome dépasse un peu en longueur l'ensemble du métasome et de l'urosome. La tête, presque aussi longue que l'ensemble des deux premiers segments du mésosome, porte un petit rostre ; les lobes latéraux, à peine saillants, sont arrondis. Les plaques coxales des quatre premières paires, assez étroites, sont un peu moins hautes que les segments correspondants du mésosome. Les plaques coxales de la quatrième paire, à peu près aussi larges que hautes, sont légèrement échancrées au bord postérieur. Le lobe postérieur des plaques coxales de la cinquième paire est beaucoup plus haut que le lobe antérieur. Les plaques épimérales des trois segments du mésosome sont un peu prolongées et largement arrondies en arrière. Les yeux, grands et bien conformés, sont légèrement ovales, presque ronds. Les antennes supérieures (fig, 41, A) sont un peu plus longues que l'ensemble de la tête et des quatre premiers segments du mésosome. Le TO CRUSTACÉS AMPHIPODES. premier article du pédoncule atteint les trois quarts de la longueur de la tête. Chacun des deux articles suivants est un peu plus court et un peu moins large que celui qui le précède. Ces trois articles portent quelques touffes de soies au bord postérieur. Le flagellum comprend une soixan- taine d'articles très courts, sauf le premier, qui égale en longueur l'ensemble des trois articles suivants. Les premier, deuxième, quatrième Fig. 40. Ponlogeneia anlarctica. — Femelle, vue du côté gauche, x 7. et sixième articles présentent, en arrière, une protubérance garnie de deux ou trois tigelles sensitives et de quelques soies. Des articles de même forme et portant des tigelles semblables se retrouvent ensuite, de trois en trois, jusqu'à l'extrémité de l'antenne. Les autres articles sont cylindriques et presque glabres. Les antennes inférieures, beaucoup plus longues que les antennes supérieures, atteignent à peu près les deux tiers de la longueur du corps. Tous les articles du pédoncule sont visibles en dehors de la tête. Le quatrième article atteint les deux tiers de la longueur de l'article suivant. Ces deux articles portent dos touffes de soies, plus longues et plus nom- breuses au bord postérieur. Le flagellum comprend environ quatre-vingts articles, presque tous plus larges que longs, portant quelques petites soies au bord postérieur. CRUSTACÉS AMPHIPODKS. '1 La lèvre antérieure (fig. il, B) présente un bord libre régulièrement arrondi et fortement cilié. La partie tranchante des mandibules (fig. il, C) est étroite. Dans la mandibule gauche, elle est armée de sept dents. La lame accessoire, bien Fig. k^. — Pontogeneia antarclica. — A, antenne supérieure; B, lèvre antérieure ; C, mandibule gauche ; D, lèvre postérieure ; E, maxille antérieure ; F, maxille postérieure ; G, niaxillipède ; H, gnalliopode antérieur; I. gnathopode postérieur ; J, péréiopndo de la troisième paire ; K. uropodes de la dernière paire et telson. (A x 14 ; B. C, D, E, F, G X 20 ; H, 1, J, K x tO.) développée, porte six petites dents. Dans la mandibule droite, la partie tranchante porte seulement quatre dents arrondies. La lame accessoire, très étroite, se termine par trois dents longues et aiguës. Une rangée de onze épines barbelées se trouve entre le processus molaire et la partie tran- chante. Le processus molaire, très saillant et très développé, est forte- ment denticulé. Le palpe, assez robuste, est à peu près de la longueur de la mandibule. Ses deux derniers articles sont fortement ciliés au bord interne. Le troisième article n'atteint pas tout à fait la longueur de l'article précédent. La lèvre postérieure (fig. 41, D) ne possède pas de lobes internes. Les lobes latéraux sont un peu échancrés au bord interne. Les prolongements postérieurs sont un peu divergents. 72 CKCSTACÉS AiMPHIPODES. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 41, E), bien développé, atteint presque rextrémité du lobe externe. Il porte cinq soies ciliées terminales. Le lobe externe est armé de neuf épines barbelées. Le palpe porte sept épines et quelques soies au bord distal. Le lobe interne des maxilles postérieures (fig. il, F) est aussi long, mais beaucoup plus étroit que le lobe externe. Les soies qui garnissent les deux lobes sont simples, sauf deux grosses soies ciliées, fixées au bord interne du lobe interne. Le lobe interne des maxillipèdes, bien développé, porte trois petites dents au bord distal. Le lobe externe, assez court, n'atteint pas la moitié du deuxième article du palpe. Il porte de longues soies au bord interne et au bord distal. Le palpe, très robuste, est surtout remarquable par les dimensions de son deuxième article, qui est le plus long de tous et atteint le double de la longueur de l'article suivant. Les gnathopodcs des deux paires (fig. 41, //' et /), modérément déve- loppés, sont de même forme. Le carpe et le propode des gnathopodes antérieurs atteignent cependant une taille un peu plus grande que celle des articles correspondants des gnathopodes postérieurs. Dans les gna- thopodes antérieurs, l'article basai atteint la longueur du propode. Les articles ischial et méral sont très courts. Le carpe, beaucoup plus long que large, présente un bord antérieur presque droit. Le bord posté- rieur, fortement convexe, est garni de longues soies. Le propode, beau- coup plus long que large, est ovale allongé, son bord postérieur n'étant délimité du bord palmaire que par la présence d'un groupe d'épines, avec lesquelles l'extrémité du dactyle peut se croiser. Le dac- tyle, grêle et courbé, atteint plus des deux tiers de la longueur du pro- pode. Dans les péréiopodes des deux premières paires, l'article basai n'est pas plus long que l'ensemble des deux articles suivants. L'article méral, dilaté antérieurement, se prolonge un peu le long du bord antérieur du carpe. Ces deux articles sont d'égale longueur ; le propode est beaucoup plus long. L'article méral et les deux articles suivants portent de petits groupes d'épines, principalement nombreux au bord postérieur. Le dac- tyle, très robuste, porte un cil au bord interne. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 73 Les péréiopodes de la troisième paire (fig. 41, 7) sont à peine plus longs que ceux des deux paires précédentes. L'article basai, très dilaté, un peu moins large que long, est lisse au bord postérieur. L'article méral , plus large que les deux articles suivants, se prolonge un peu inférieurement, le long du bord postérieur du carpe. Ce prolongement porte un groupe d'épines terminales. Le carpe est aussi long que l'ar- ticle méral. Le propode, beaucoup plus allongé, porte, comme les deux articles précédents, des groupes d'épines au bord antérieur et quelques soies au bord postérieur. Dans ces péréiopodes, comme dans ceux des deux paires suivantes, le dactyle porte un cil au bord interne. Les péréiopodes des deux dernières paires, un peu plus longs que les péréiopodes précédents, en diffèrent à peine, comme forme. Cependant l'article basai des péréiopodes de la cinquième paire est un peu plus allongé que celui des péréiopodes des troisième et quatrième paires. Cet article ne porte pas de crénelures au bord postérieur. La branche externe des uropodes de la première paire, un peu plus courte que la branche interne, n'atteint pas tout à fait la moitié de la longueur du pédoncule. La branche interne et le pédoncule sont gar- nis d'épines au bord interne. Chacune des branches porto une longue épine terminale. Dans les uropodes de la deuxième paire, la branche interne est aussi longue que le pédoncule. La branche externe n'atteint que les deux tiers de la longueur de la branche interne. Chacune de ces branches porte quelques petites épines au bord interne et se termine par deux fortes épines. Les branches des uropodes de la dernière paire (fig. 41, A'), d'égale taille, sont lancéolées. Elles portent, sur leurs deux bords, de nombreuses petites épines, accompagnées de longues soies ciliées. Le telson (fig. Il, A"), beaucoup plus long que le pédoncule des uro- podes de la dernière paire, est étroitement fendu sur le dernier tiers de sa longueur. Ses lobes, largement arrondis à leur extrémité, ne portent ni soies ni épines. Le genre Pontogeneia était seulement représenté, jusqu'ici (1), par une espèce unique : Pontogeneia inermis (Krôyer), des côtes de Norvège, de (1) Avant la publication de l'ouvrage de Stebbing (13). Expédition Charcol. — Ed. Cbevreux. — Crustacés Araphipodes. 10 74 CRUSTACÉS AMPHIPODES. Sibérie et du Groenland. Ello diflere bien nettement de l'espèce nouvelle par la forme tronquée de ses plaques épimérales du dernier segment du métasome, par ses gnathopodes beaucoup plus faibles et par son telson beaucoup plus profondément fendu. Genre DJERBOA (l)nov. gen. Corps comprimé, muni de dents dorsales. Tête volumineuse. Plaques coxales modérément grandes. Yeux bien conformés. Antennes très grêles et très allongées ; antennes supérieures beaucoup plus longues que les antennes inférieures et portant un petit flagellum accessoire. Lèvre anté- rieure non échancrée au bord libre. Mandibules courtes et robustes, armées foutes deux d'une lame accessoire ; processus molaire très dé- veloppé. Palpe court, deuxième et troisième articles d'égale longueur. Lèvre postérieure ne possédant pas de lobes internes. Lobe interne des maxilles antérieures très large, bordé de nombreuses soies ciliées. Lobes des maxilles postérieures d'égale longueur; lobe interne portant une ran- gée transversale de soies ciliées. Lobe externe des maxillipèdes peu déve- loppé ; palpe robuste. Gnathopodes très grêles, les gnathopodes posté- rieurs étant de beaucoup les plus longs. Péréiopodes grêles et allongés, ceux de la cinquième paire, extrêmement développés, atteignant près du double de la longueur des péréiopodes de la troisième paire. Dactyle, dans tous les péréiopodes, armé d'une forte épine, qui lui donne un aspect fourchu. Uropodes des trois paires présentant des branches d'inégale taille. Telson large et court, profondément fendu. Djerboa furcipes nov. sp. Ile Booth-Wandel, 4 décembre 1904 ; dans restomac d'un Pygoscelis antarctica. — 2 exemplaires d'égale taille. L'exemplaire dont la description suit était une femelle, mesurant 12 millimètres de longueur dans la position où elle est figurée ici (fig. 42). (1) Ce nom, qui signifie Gerboise, en arabe, fait allusion à la grande longueur des paUes postérieures du type du genre. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 75 Le corps est très comprimé. Le mésosome, lisse à la partie dorsale, n'atteint pas tout à fait la longueur de l'ensemble du métasome et de l'urosome. Chacun des deux premiers segments du métasome se ter- mine par une dent dorsale longue et aiguë, dirigée en arrière. Le der- nier segment du métasome et les segments de l'urosome ne portent pas de dents. La tète, aussi longue que l'ensemble des deux premiers segments Fig. 42. — Ujerboa furcipes. — Femelle, vue du côté droit, x 7. du mésosome, ne présente pas de rostre ; ses lobes latéraux, peu saillants, sont régulièrement arrondis. Les plaques coxales des quatre premières paires atteignent à peu près la hauteur des segments correspondants du mésosome. Les plaques coxales de la quatrième paire (fig. 44, C), un peu plus larges que hautes, sont à peine échancrées au bord postérieur. Le lobe antérieur des plaques coxales de la cinquième paire est beau- coup moins haut que le lobe postérieur. Le bord inférieur des plaques épimérales des deux derniers segments du métasome est séparé du bord postérieur par une petite dent aiguë. Les yeux, assez petits, ovales, sont bien conformés. Les antennes supérieures atteignent à peu près la longueur du corps. Le pédoncule (tig. 43, A) est un peu plus long que la tète. Son premier article dépasse de beaucoup en longueur l'ensemble des deux articles 76 CRUSTACKS AMPHIPODES. suivants. Le troisième article est très court. Le flagellum se compose d'un premier article, presque aussi long que le dernier article du pédon- cule, suivi d'un grand nombre d'articles extrêmement courts. 11 existe un petit flagellum accessoire uniarticulé, aussi long que l'ensemble des deux premiers articles du flagellum principal et terminé par trois longues soies. Les antennes inférieures dépassent un peu en longueur l'ensemble Fifi. 43, — Djerhoa furcipes. — A, antenne supérieure ; B, antenne inférieure ; G, lèvre antérieure : D, mandibule gauche ; E, extrémité de la mandibule droite, fortement grossie: F, lèvre postérieure ; G, maxille antérieure; H, maxille postérieure ; 1, maxillipède. (A, B, x 12; C, D, F, G, H. I x 24 ; KxSB.) de la tête et du mésosome. Le dernier article du pédoncule (fig. 43, B) est plus grêle et plus allongé que l'article précédent. Ces deux articles sont bordés desoies assez longues. Le flagellum comprend de nombreux articles extrêmement courts, garnis de petites soies. Le bord libre de la lèvre antérieure (fig. 43, C), régulièrement arrondi, ne présente pas d'échancrure. Les mandibules (fig. 43, D) sont courtes, mais robustes. La partie tranchante est armée de neuf dents obtuses, d'inégale taille. La lame accessoire, très petite et tridentée dans la mandibule droite (fig. 43, E), est plus développée dans la mandibule gauche (fig. 43, D), où elle affecte CRUSTACÉS AMPHIPODES. 17 la forme d'une dent crénelée. Le processus molaire est très robuste. Une rangée de quinze soies ciliées, suivies de quelques cils simples, se trouve entre la partie tranchante et le pi'ocessus molaire. Le palpe, gros et court, n'atteint pas la longueur du corps de la mandibule. Ses deux derniers articles sont à peu près d'égale taille. La lèvre postérieure (fig. 43, F) présente des lobes latéraux assez larges et des prolongements postérieurs courts et peu divergents. Il n'y a pas trace de lobes internes. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 43, G), très large, est bordé d'une trentaine de soies ciliées. Le lobe externe porte six épines barbelées. Le palpe, qui dépasse à peine l'extrémité du lobe externe, se termine par une rangée de onze épines simples. Les lobes des maxilles postérieures (fig. 43, H) sont à peu près d'égale longueur. Le lobe externe porte de nombreuses soies au bord distal. Le lobe interne est garni d'une rangée marginale et d'une rangée transversale de soies ciliées. Le lobe interne des maxillipèdes (fig. 43, /), bien développé, porte trois grosses épines et quelques soies ciliées. Le lobe externe, très court, n'atteint pas le milieu du deuxième article du palpe ; il porte une rangée d'épines au bord interne. Le palpe, peu développé, porte de nombreuses soies. Ses deuxième et troisième articles sont d'égale lon- gueur. Le dernier article, dactyliforme, est grêle et court. Les gnathopodes antérieurs (fig. 44, A) sont courts et faibles. L'article basai atteint la longueur de l'ensemble des trois articles suivants. Le propode, un peu plus court et plus étroit que le carpe, est plus de trois fois aussi long que large. Son bord palmaire est perpendiculaire au bord postérieur. Les bords antérieur et postérieur portent de nom- breuses soies, disposées en rangées transversales. Le dactyle, un peu courbé, aigu à l'extrémité, est de la longueur du bord palmaire. Les gnathopodes postérieurs (fig. 44, 5), beaucoup plus longs que les gnathopodes précédents, sont aussi très faibles. Leur article basai ne dépasse pas de beaucoup en longueur l'article correspondant des gnatho- podes antérieurs. Le carpe et le propode, très grêles et très allongés, sont d'égale taille. Ces deux articles portent de nombreuses rangées de soies m^ 78 CRUSTACÉS AMPHIPODES. au bord postérieur. Le propode, de même forme que celui des 5J,nalho- podes précédents, est à peu près deux fois aussi long. Les péréiopodes des première et deuxième paires (fig. 41 , C) dépassent un peu en longueur les gnathopodes postérieurs. Le carpe et le propode, d'égale taille, sontplus grêles et plus longsque l'article méral. Le dactyle Fig. 44. — Djerhna furcipes. — A, gnalhopoiJe antérieur; B, gnafhopode postérieur; C, péréiopode de la deuxième paire ; D, péréiopode de la troisième paire ; E, extrémité d'un péréiopode de la dernière paire ; F, uropode de la dernière paire et telson. (A, B, C, D x 12 ; E x 40 ; F x 17.) porte, vers le milieu de son bord externe, une épine longue et aiguë. Cette épine atteint presque au niveau de l'extrémité du dactyle. Les péréiopodes de la troisième paire (fig. 44, D) sontun peu plus longs que les péréiopodes précédents. L'article basai, ovale allongé, ne porte pas de crénelures au bord postérieur. L'article méral, assez large, se prolonge un peu le long du bord postérieur de l'article suivant. Le carpe et le propode, d'égale longueur, portent de nombreux groupes d'épines au bord postérieur. Le dactyle est armé dune épine, comme dans les péréio- podes précédents. Les péréiopodes de la quatrième paire ne diffèrent des péréiopodes de la troisième paire que par leur longueur plus grande. Les péréiopodes de la dernière paire, remarquablement longs et CRUSTACÉS AMPHIPODES. 79 robustes, dépassent de beaucoup l'extrémité des uropodes. Comme dans les péréiopodes précédents, l'article basai ne porte pas de crénelures au bord postérieur, et le carpe et le propode sont d'égale taille. L'épine du dactyle (fig. 44, E) diffère un peu de celle des pattes précédentes. Elle est plus robuste, légèrement courbée, et forme, avec l'extrémité du dactyle, une sorte de fourche qui doit permettre à l'animal de se cramponner for- tement au sol ou aux algues qu'il habite. Dans les uropodes des deux premières paires, qui sont presque d'égale taille, la branche externe est beaucoup plus courte que la branche interne. Ces branches portent de nombreuses épines au bord postérieur. Les uro- podes de la dernière paire (lîg. 44, F) atteignent au niveau de l'extrémité des uropodes précédents. Le pédoncule est relativement allongé. Les branches, très inégales, présentent un caractère bien particulier, la branche externe étant la plus longue, contrairement à ce qui existe dans les uropodes des deux paires précédentes. La branche externe est bordée de nombreuses épines. La branche interne, un peu courbée, aiguëà l'extré- mité, ne porte qu'une petite épine au bord interne. Le telson (fig. 44,Fj, un peu plus long que large, dépasse à peinel'extré- mité du pédoncule des uropodes de la dernière paire . Il est fendu sur les trois (juarts de sa longueur. Ses lobes sont obliquement tronqués dans leur partie distale, dont l'angle interne se prolonge en pointe aiguë. Atyloides brevicornis Ghe vieux. 190G. Atyloides brevicornis Clievreux (3), p. 84, fig-. 3. Ile Boolh-Wandel, 4 décembre 1904 ; dans l'eslomac d'un l^i/çioscelis antarcllca. Une centaine d'exemplaires, pour la plupart en très bon état de conservation. L'exemplaire dont la description suit était une femelle mesurant 13 mil- limètres de longueur, dans la position où elle est figurée ici (fig. 4;)). Le corps, modérément comprimé, est lisse. Le mésosome atteint à peu près la longueur de l'ensemble du métasome et de l'urosome. La tête, aussi longue que l'ensemble des deux premiers segments du mésosome, porte un rostre très court; les lobes latéraux, assez saillants, sont aigus. Les plaques coxalesdes quatre premières paires, très développées, attei- gnent à peu près le double de la hauteur des segments correspondants 80 CRUSTACÉS AMPHIPODES. du mésosome. Les plaques coxales de la quatrième paire, un peu moins larges que hautes, sont profondément échancrées au bord postérieur. Le lobe antérieur des plaques coxales de la cinquième paire est plus iiaut que le lobe postérieur. Les plaques épimérales du dernier seg- ment du métasome, régulièrement arrondies, se prolongent à peine en arrière. Les yeux, de taille moyenne, sont réniformes, leur plus grand diamètre égalant le tiers de la longueur du l)ord supérieur de la tête. Les antennes supérieures (fig. 46, Aj, très courtes, ne dépassent pas en longueur l'ensemble de la tète et des trois premiers segments du mésosome. Le premier article du pédoncule, très volumineux, est un peu plus .large et beaucoup plus long que le second article. Le troisième article n'atteint pas la moitié de la longueur de l'article précédent. Le ilagellum, un peu plus long que le pédoncule, comprend vingt articles garnis de courtes soies. 11 n'y a pas trace de flagellum accessoire. Les antennes inférieures (fig. 46, B) sont à peine plus longues que les antennes supérieures. Le dernier article du pédoncule n'atteint pas tout à fait la longueur de l'article précédent. Le flagellum, un peu plus long que le pédoncule, comprend vingt-quatre articles assez abondamment ciliés. La lèvre antérieure (fig. 46, C), régulièrement arrondie, ne présente pas d'échancrure au bord libre, qui est fortement cilié. CRUSTACÉS AMPHIPODES. 81 Les mandibules (fig. 46, Z?) sont courtes, mais robustes. La partie' tranchante porte six dents d'inégale taiUe. La lame accessoire de la man- dibule droite est bidontée ; celle de la mandibule gauche porte quatre dents. Vnc rangée de dix épines barbelées se trouve entre la lame acces- Fig. 46. — Ali/loides brevicornis. — A, antenne supérieure; B, antenne inférieure; G, lèvre antérieure; I), mandiljuli; droite; E, lèvre postérieure: F, maxille antérieure; G, maxille postérieure; H, maxilli- pède; I, gnalhopode antérieur; J, gnathopode postérieur. (A, B, I, J x 14 ; G, D, E, F, G, H, x 23.) soire et le processus molaire, qui est très volumineux et très saillant. Le palpe, peu développé, est à peine plus long que le corps de la man- dibule. Son troisième article, un peu plus court que l'article précédent, porte de nombreuses soies. La lèvre postérieure (fig. 46, E) présente des lobes internes bien déve- loppés. Les lobes latéraux, régulièrement arrondis, portent de courtes soies au bord distal et de petites épines au bord interne. Les prolon- gements postérieurs, courts et tronqués à l'extrémité, ne sont pas divergents. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 46, F), très large, est bordé de dix-huit soies ciliées. Le lobe externe porte huit épines barbelées. Le Expédilion C/iarcol. — Ed. Chevheix. — Crustacés Aniphipodes. ' 1 82 GKUSTACÉS AMPHIPODES- deuxième article du palpe, très large, dilaté en son milieu, porte une rangée de treize épines au bord distal. Le lobe interne des maxilles postérieures (fig. 40, G) est un peu plus court que le lobe externe. Tous deux présentent une rangée de soies simples au bord distal. Le lobe interne porte une rangée transversale de soies ciliées. Le lobe interne des maxillipèdes (fig. 46, H), assez court, dépasse à peine l'extrémité du premier article du palpe. Son bord interne porte une rangée de grosses soies ciliées. Le lobe externe n'atteint pas tout à fait le milieu du deuxième article du palpe ; son bord interne porte une rangée de petites épines, entremêlées de quelques soies. Le palpe, assez grêle, se termine par un petit article dactyliforme. Les gnathopodes antérieurs (fig. 46, /) sont courts et faibles. L'article basai, relativement robuste, est un peu plus long que l'ensemble des trois articles suivants. Le carpe, triangulaire, porte une épaisse rangée de soies au bord postérieur. Le propode, quadrangulaire, est un peu plus long que le carpe. Son bord palmaire forme, avec le bord postérieur, un angle un peu obtus, garni de trois épines. Le dactyle est grêle et légère- ment courbé. Les gnathopodes postérieurs (fig. 46, ./) ne difTèrent des gnathopodes antérieurs que par leur article basai un peu plus allongé et par leur carpe et leur propode un peu plus larges. Dans les péréiopodes des deux premières paires (fig. 47, A et B), le propode, un peu plus long que l'article méral, est beaucoup plus long que le carpe. Le dactyle atteint un peu plus de la moitié de la longueur du propode. Les articles ischial et méral portent de longues soies au bord postérieur. L'article basai des péréiopodes de la troisième paire (fig. 47, C), presque aussi large que long, présente un bord antérieur à peu près droit, garni de longues soies ciliées. Le bord postérieur, fortement convexe, porte quelques petites crénelures, seulement visibles à l'aide d'un fort grossissement. L'article méral, très dilaté, est plus long que le carpe, mais ne dépasse pas sensiblement en longueur le propode. Son bord pos- térieur porte deux fortes épines et quelques soies. Le propode présente CRUSTACÉS AMPHIPODES. 83 1111 bord antérieur droit, garni de petites épines ; son bord postérieur, assez fortement convexe, porte quelques soies. Le dactyle, assez robuste, atteint les deux tiers de la longueur du propode. Les péréiopodes des deux dernièrespaires (fig. 47, D et E\^ un |)eu jjIus longs que les péréiopodes précédents, n'en dillerentque par la tonne de leur Kig. 47. — Attjloides ùrevicornis. — A, B, C, D. K, péréiopodes des 1", 2«, 3'. 4« et 5' paires ; F, uropodc de la première paire; G. uropode de la deuxième paire; H, uropodes de la dernière paire et telson. (A, B, C. I). E X 12; F, G, H x 13.) article basai, dont le bord antérieur est régulièrement convexe. Ce bord porte, comme dans les pattes précédentes, une rangée de soies ciliées, particulièrement longues et nombreuses dans les péréiopodes de la quatrième paire. Le bord postérieur est nettement crénelé. Les articles suivants ne difTèrent de ceux des péréiopodes de la troisième paire que par leur taille un peu plus grande. Le pédoncule des uropodes de la première paire (fig. 47, F) porte une rangée d'épines au bord postérieur. Les branches, beaucoup plus courtes que le pédoncule, sont de taille un peu inégale, la branche externe n'attei- gnant pas tout à lait la longueur de la branche interne. Les uropodes de 84 CRUSTACÉS AMPHIPODES. la deuxième paire (fig. 47, G) ne s'étendent pas jusqu'à l'extrémité des uropodes précédents. La branche interne atteint à peu près la longueur du pédoncule ; la branche externe est beaucoup plus courte. Les uro- podes de la dernière paire (fig. 47, H) s'étendent bien au delà de ceux des deux paires précédentes. Les branches, lancéolées, sont bordées de petites épines. La branche externe n'atteint que les trois quarts de la longueur de la branche interne. Le telson (fig. 47, H)^ un peu plus long que le pédoncule des uropodes de la dernière paire, est fendu sur les deux tiers de sa longueur. De forme subtriangulaire, il est à peu près deux fois aussi long que large. L'extré- mité de chacun de ses lobes présente quelques petites crénelures, garnies de deux cils. Au premier abord, cette espèce, ainsi du reste que l'espèce suivante, ne semble pas devoir appartenir au genre Alijloides Stebbing (9, p. 913), puisqu'elle ne possède pas de flagellum accessoire aux antennes supé- rieures. Mais, ce caractère mis àpart, elle est tellement voisine à'Atijloides australis (Miers), retrouvé à Kerguelen par le « Challenger » (9, p. 914, PI. LXXV et LXXVI) qu'il ne paraît pas possible de la placer dans un genre différent et qu'il semble plus rationnel de modifier un peu la diagnose du genre Atyloides pour lui permettre d'en faire partie (1). Atyloides longicornis nov. sp. Port-Charcot, 8 avril 1904; drag-age, 40 mètres. — Ile Booth-Wandel, 15 avril 1904 ; dragage, 40 mètres. — Ile Wincke, 27 janvier 1905; dragage, 25 mètres. — Nombreux exemplaires. L'exemplaire dont la description suit était une femelle mesurant 18 millimètres de longueur, dans la position où elle est figurée ici (fig. 48). Le corps, peu comprimé, est beaucoup plus épais que celui de l'espèce précédente. Le mésosome, dont les segments sont très nette- ment délimités, dépasse à peine en longueur l'ensemble du métasome et de l'urosome. La tête, à peu près aussi longue que l'ensemble des deux (1) Le peu d'importance du flagellum accessoire, fout au moins lorsqu'il est rudimentaii'o, comme caractère générique, a été récemment mis en lumière par M. Walker (16). CRUSTACÉS AMPHIPODES. 85 premiers segments du mésosome, présente mi petit rostre et des lobes latéraux saillants et aigus. Les plaques coxales des quatre premières paires n'atteignent pas le double de la hauteur des segments corres- pondants du mésosome. Le lobe antérieur des plaques coxales de la Fig. 48. — Ati/loides longicornis — Femelle, vue du côté droit, x 5' 1/2. cinquième paire est plus large et plus haut que le lobe postérieur. Les plaques épimérales du dernier segment du métasome sont un peu pro- longées et largement arrondies en arrière. Les yeux, très grands, un peu réniformes, sont trois fois aussi longs que larges. Leur plus grand diamètre atteint les deux tiers de la longueur du bord supérieur de la tête. Les antennes supérieures sont à peu près aussi longues que l'en- semble de la tête et des six premierssegments du mésosome. Le premier article du pédoncule, un peu plus long que le second article, atteint trois fois la longueur du troisième. Le flagellum, beaucoup plus long que le pédoncule, comprend une cinquantaine d'articles, garnis de soies assez allongées. Il n'y a pas de trace de flagellum accessoire (fig. 49, A). Les antennes inférieures sont un peu plus longues que les antennes supérieures. Le dernier article de leur pédoncule n'atteint que les trois 80 CRUSTACÉS AMFHIPODES. quarts de la longueur de l'article précédent. Le flagellum comprend de nombreux articles, fortement ciliés. Les pièces buccales ne diffèrent pas sensiblement de celles de l'es- pèce précédente. Cependant le palpe des mandibules (fig. 49, C) est un peu plus robuste, et le lobe externe des maxillipèdes (fig. 49, G) atteint le milieu du deuxième article du palpe. Les gnathopodes (fig. 49, H et /) sont tellement semblables à ceux Fig. 4fl. — Alyloides longicornis. — A, dernier aiticle du pédoncule et premiers articles du flagellum d'une antenne supt-rieure ; B, lèvre antérieure; C, mandibule droite; D, lèvre postérieure; E, maxille anté- rieure; F, maxille postérieure: G. maxillipède : H, gnathopode antérieur ; I, guathopode postérieur. (Ax30; IS, CD, E, F. Gx 15; H, I x7.) A' Atyloides brevicornis qu'il serait superflu d'en reprendre la description. 11 en est de même pour les péréiopodes des deux premières paires (fig. 50, A). Les péréiopodes des trois dernières paires sont plus allongés que ceux de l'espèce précédente ; l'article basai est moins large que haut (fig. 50, B et C) ; enfin le bord postérieur de cet article ne présente pas de crénelures. Les uropodes des deux premières paires (fig. 50, /) et £"), de même forme que ceux de l'espèce précédente, sont moins allongés et n'attei- gnent pas au delà de l'extrémité du pédoncule des uropodes de la der- CRUSTACÉS AMPHIPODES. «7 nière paire. Ceux-ci (fig. 50, F), plus développés que ceux AWtyloides hrevicornis, présentent, comme eux, des branches d'inégale taille. Le telson (fig. 50, F) ne diffère de celui de l'espèce précédente que par les crénelures plus accentuées de l'extrémité de ses lobes. Le mâle, très voisin de la femelle, s'en distingue par la forme de FiR. 50. — Atijloides lonyicurnis. — A, pérùiopode de la deuxième paire; [i, péréiopoile de la lioisièiuc^ paiie ; C, péréiopode de la i'ini[uième paire ; D, uropode de la première paire ; E, uropode de la deuxiéiiie paire; F, uropodes de la troisième paire el telson. (A, B, C X 7; D, E. F x ii.) ses yeux, qui sont beaucoup plus larges et bien nettement réniformes. Les deux espèces d'Aii/lo/'des décrites ci-dessus sont très voisines iVAi/j/oidesaustralis [Miers). Elles s'en distinguent surtout par l'absence de flagellum accessoire aux antennes supérieures et par la grande iné- galité des branches des uropodes de la dernière paire. Atyloides serraticauda Stebbing. 1888. Atyloides serraticauda Stebbing- (9), p. 920, PI. LXXVIIl. 1903. — Walker (15), p. 58, PI. XI, fig. 00. Baie des Flandres, 12 février lOO'i, marée basse. Un exemplaire de 12 millimètres de longueur. Chez cet exemplaire, le bord postérieur des plaques épimérales du dernier segment du métasome est armé de six dents. Ce même bord ne 88 CRUSTACÉS AMPHIPODES. portait que deux dents chez l'exemplaire, long seulement de 6 milli- mètres, décrit par le Rév. Stebbing. M. Walker, qui a trouvé sept de ces dents chez les exemplaires, longs de 12 millimètres, de l'Expédition de la « Southern Cross », fait observer, à bon droit, que le nombre des dents du dernier segment du métasome ne peut servir de caractère spécifique. DEXAMINID^ Paradexamine flssicauda Chevreux. 1906. Paradexamine ftssicauda Chevreux (3), p. 82, fig-. 1 et 2. Ile Boolh-Wandel, 15 mars 1904; dragage, 25 mètres. — Port-Charcot, 8 avril 1904 ; dragage, 40 mètres. ■ — 3 exemplaires. L'exemplaire dont la description suitétaitunefemelleparaissant adulte, qui mesurait 15 millimètres de longueur, dans laposition où elle estfigurée Fig. 51. Paradexamine fissicauila. — Feinelle, vue du côtt' gauche, x 7. ici (fig. 51). Le corps, très robuste, à peine comprimé, présente des téguments remarquablement épais et rigides. Le mésosome égale en longueur l'ensemble du métasome et de l'urosome. Chacun des deux derniers segments du mésosome porte une carène médiane dorsale, ter- CRUSTACÉS AMPIHPODES. »9 minée par un prolongement denliforme beaucoup plus allongé dans le septième segment que dans le sixième. Chacun des segments du métasome présente une carène dorsale et deux carènes latérales. Ces carènes se ter- minent en arrière par un prolongement dentitbrme aigu et allongé. Dans chaque segment, les dents latérales se prolongent de beaucoup en arrière deladentdorsale. Le premier segment de l'urosome porte une dent dorsale beaucoup plus grande que les dents du métasome et deux petites dents latérales. Les deux derniers segments de l'urosome, complètement soudés ensemble, portent deux petites épines latérales. Une touffe de petites épines se trouve à l'extrémité postérieure du bord dorsal du dernier segment. La tète, presque aussi longue que l'ensemble des trois premiers seg- ments du mésosome, possède un rostre assez large, un peu courbé. Les lobes latéraux, peu saillants, sont arrondis. Le deuxième segment du mésosome est le plus court de tous. Les trois derniers segments sont à peu près d'égale longueur. Les plaques coxales de la première paire, assez petites, sont moins hautes que le premier segment du mésosome. Les plaques coxales des trois paires suivantes atteignent à peu près la hauteurdesscgments correspondants. Les plaques coxales de la quatrième paire (fig. 53, C) sont un peu échancrées au bord postérieur. Le lobe anté- rieur des plaques coxales de la cinquième paire (fig. 53,/)) est beaucoup plus court et plus haut que le lobe postérieur. Le bord inférieur des plaques coxales de la septième paire l'orme un angle aigu avec le bord postérieur. Toutes les plaques coxales portent quelques cils au bord inférieur. Les plaques épimérales des deux derniers segments du méta- some se terminent en arrière par un angle aigu, un peu plus allongé dans le dernier segment que dans le segment précédent. Les yeux, assez grands, un peu proéminents, sont de forme ovale. Leur plus grand diamètre atteint à peu près le tiers de la longueur du bord supérieur de la tête. Les antennes supérieures atteignent presque la longueur du corps. Le premier article du pédoncule (fig. 52, A), très robuste, presque aussi long que la tête, porte quelques grandes épines au bord postérieur. Le second article, beaucoup plus grêle que le premier, le dépasse un peu en longueur. Expédition Charcot. — Ed. Chevreux. — Crustacés Amphipodes. ^^ 90 CRUSTACÉS AMPHIPODES. Son bord postérieur porte deux touffes d'épines. Le troisième article est extrêmement court. Le flagellum comprend quatre-vingt-cinq articles à peu près complètement glabres. Les antennes inférieures, plus courtes que les antennes supérieures, atteignent à peu près la longueur de l'ensemble de la tète et du mésosome. Le pédoncule (fig. 52, A) est aussi long, mais beaucoup plus grêle, que celui des antennes supérieures. Son quatrième article, très allongé, porte de nombreux faisceaux d'épines. Le cinquième article n'atteint pas la Fig. 52. — Paradexamine fissicau'la. — A, bord anttjrieur île la \î-\e et pailio des anlennes; li, lèvi'i' anté- rieure; G, mandibule; D, lèvre po.st(5rieure; E, maxille antérieure; F, maxille postérieure; G, maxilli- pède ; H, urupode de la première paire ; 1, uropode de la deu.fième paire; J, uropode de la troisième paire; K, telson. (A x 6 ; B. G, D. E, F, G x M : H. I, J, K x 10.1 moitié de la longueur de l'article précédent. Le flagellum comprend une cinquantaine d'articles garnis de courtes soies. La lèvre antérieure (fig. 52, B) présente, au milieu de son bord libre, une légère échancrure, finement ciliée. Les mandibules (fig. 52, C) sont courtes, mais très robustes. La partie tranchante porte deux grosses dents; l'une d'elles est conique, l'autre est plate et crénelée. La lame accessoire, large et tridentée, est semblable dans les deux mandibules. Le processus molaire est bien développé. Les lobes latéraux de la lèvre postérieure (fig. 52, D) portent une petilo dent au bord interne. Les lobes internes sont bien développés. Les prolongements postérieurs, très courts et divergents, se terminent en pointe aiguë. Le lobe interne des maxilles antérieures (fig. 52, E)^ modérément développé, porte quatre cils au bord distal. Le lobe externe, obliquement CRUSTACÉS AMPHIPODES. 91 tronqué, est armé de onze épines fourchues. Le palpe, uniarticulé, dépasse l'extrémité du lobe externe. 11 porte quelques cils au bord distal et au bord interne. Il est semblable dans les deux maxilles. Le lobe interne des maxilles postérieures (fig. 52, F) est plus court et plus étroit que le lobe externe. Tous deux portent de nombreuses soies spiniformes. Le lobe interne des maxillipèdes (fig. 52, G), très court, porte de nom- breuses soies au bord interne et au bord distal. Le lobe externe, bien développé, atteint le milieu du troisième article du palpe. Il porte des soies aux bords externe et distal et de nombreuses épines au bord interne. Le palpe, court et grêle, se termine par un très petit article dactyliforme. Les gnathopodes antérieurs (fig. 53, A) sont courts et grêles. L'article basai, deux fois aussi large à l'extrémité qu'à la base, est aussi long que l'ensemble du carpe et du propode. Les articles ischial et méral sonttrès courts. Le carpe, subtriangulaire, porte, au bord postérieur, quelques touffes de soies ciliées. Le propode, moins long que le carpe, est un peu plus large. Le iiord palmaire forme, avec le bord postérieur, un angle obtus, armé de deux épines. Le bord antérieur porte de nombreuses soies ciliées. Le dactyle, robuste et légèrement courbé, est un peu plus court que le bord palmaire. Les gnathopodes postérieurs (fig. 53, B), de même forme que les gnathopodes antérieurs, sont simplement un peu plus allongés. Les péréiopodes des deux premières paires (fig. 53, C) sont robustes. Leur article basai dépasse un peu en longueur l'ensemble des deux articles suivants. Le carpe n'atteint guère que la moitié de la longueur de l'article méral, qui est un peu plus long que le propode. Tous ces articles sont garnis de nombreuses épines. Le dactyle, grêle et légèrement courbé, atteint les deux tiers de la longueur du propode. Les péréiopodes de la troisième paire (fig. 53, D), beaucoup plus longs que les péréiopodes précédents, présentent un article basai modérément dilaté en arrière. Son bord postérieur se prolonge inférieurement pour former, avec le bord inférieur, un petit lobe, qui atteint presque l'extré- mité de l'article ischial. L'article méral est aussi long que l'article basai. 92 CRUSTACÉS AMPHIPODES. Les deux articles suivants sont plus courts, et le propode n'atteint pas tout à fait la longueur du carpe. Le dactyle est dirigé en arrière. Les péréiopodes de la quatrième paire (fig. 53, E) sont un peu plus longs que les péréiopodes précédents, mais leur article basai est plus étroit et présente un bord postérieur un peu concave. Le propode est Fig. 53. — Paradexaniine fissicaiida. — A, gnathopode antérieur; B, gnatliopoiip postérieur: G, péréio- pofle de la deuxième paire : D, péréiopode de la troisième paire ; E, péréiopode de la quatrième paire ; F, péréiopode de la cinquième paire. (Toutes les figures x 6.) beaucoup plus court que le carpe. Le dactyle, long et grêle, est dirigé en arrière. Les péréiopodes de la cinquième paire (fig. 53,/^) sont plus courts que les péréiopodes des deux paires précédentes. L'article basai, très étroit, n'est un peu dilaté que dans sa partie supérieure. Le carpe dépasse un peu l'article méral en longueur. Le propode est beaucoup plus grêle et plus court que le carpe. Le dactyle, long et grêle, est dirigé en avant. Dans les uropodes de la première paire (fig. 52, H)^ les branches, subégales et beaucoup plus longues que le pédoncule, portent, comme lui, une rangée d'épines au bord postérieur. Les uropodes de la deuxième CRUSTACÉS AMPHIPODES. 93 |)aire (fig. 52,1) sont très courts. Leur branche interne est beaucoup plus longue que la branche externe. Lesuropodes de la dernière paire (fig. 52, J) atteignent au niveau de l'extrémité des uropodes de la première paire. Les branches, lancéolées, sont d'égale taille. Le telson (fig. 52, K) est fendu jusqu'à sa base. Son extrémité atteint à peu près le milieu des branches des uropodes de la dernière paire. Chacun de ses lobes porte une épine distale et trois paires d'épines au bord externe. Le tube contenant les exemplaires de l'île Booth-Wandel était éti- queté : Amphipodes de couleur rougeâtre. Le genre P aradex aminé ^ été créé par Stebbing (12, p. 210) pour un Amphipode de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie, Dexamine pacifica G. -M. Thomson, qui diff'ère des véritables /^ej'amme par les lobes internes, bien développés, de sa lèvre postérieure et par le palpe, quadriarliculé, de ses maxillipèdes. L'espèce décrite ci-dessus possède tous ces carac- tères et est une véritable Paradexamine. Voici les principales difl"é- rences qui séparent les deux formes (1): Chez l'espèce de la Nouvelle-Zélande, la taille, beaucoup plus petite, est de 6 à 8 millimètres. Le miîsosome ne porte pas de dents et le premier segment du métasomeen est souvent dépourvu. Les antennes inférieures n'atteignent que les deux tiers de la longueur des antennes supérieures. Le carpe et le propode des péréiopodes de la dernière paire sont à peu près d'égale longueur. Les branches des uropodes de la dernière paire sont courtes, et le telson dépasse l'extrémité de ces branches. Enfin le telson est profondément fendu, mais cette fente ne s'étend pas jusqu'à sa base. GAMMARIDvE Paraceradocus Miersi (PfefTer). 1888. Megamxva Miersi PfelTer (6). p. 121, PI. III, fig-. 3. 1899. Paraceradocus Miersi Stebbing- (11), p. 426. (1) Il ne m'a pas été possibli; de nio |)i'ocurei- le méinoire ronlenant la (Icscription de Dexamine pacifica. Je dois les renseignements qui suivent à l'obligeance de mon excellent ami le Rév. Steb- bing, qui a reçu de M. Thomson le type de cette espèce. 94 CRUSTACÉS AMPlllPODES. Port-Ctiaicot, 13 avril 1904, marée basse. 1 niàle, I femelle. — lie Boolh-Wandel, 13 septembre 1904, plage, marée basse. 2 mâles. — lie Hovg-aard, 29 octobre 1904, plage, i mâle, 4 femelles. Le plus grand des mâles atteint 47 millimètres de longueur, mesurée de la partie antérieure de la tête à l'extrémité du telson. C'est, à peu de chose près, la taille indiquée par Pfefier (49 millimètres). Les uropodes de la dernière paire de ce mâle atteignent 1 7 millimètres de longueur. La plus grande femelle est longue de 43 millimètres. 1SCHYR0CERID.E Jassa "Wandeli nov. sp. Ile Booth-Wandel, 29 oclobre et 8 novembre 1904, plage, marée basse. — 10 décembre 1904, marée basse, parmi les Éponges. — Nombreux e.xemplaires. L'exemplaire dont la description suil — un mâle paraissant adulte — atteignait (3 millimètres de longueur de corps, dans la position où il est figuré ici (fig. S4). Le corps est à peine comprimé. Le mésosome, très Fig. 54. — Jassa Wanrieli. — Màlfi, vu du côté droit, x tO. développé, dépasse de beaucoup en longueur l'ensemble du métasome et de l'urosome. La tête, beaucoup plus longue que le premier segment du mésosome, ne porte pas de rostre. Les lobes latéraux, à peine saillants, sont arrondis à l'extrémité. Les plaques coxales des quatre premières paires, très petites, sont beaucoup moins hautes que les segments CRUSTACÉS AMPHIPODES. 95 correspondants du mésosoine. Le lobe antérieur des plaques coxales de la cinquième paire est beaucoup plus haut ([ue le lobe postérieur. Les plaques épimérales du troisième segment du métasome sont un peu prolongées et régulièrement arrondies en arrière. L'urosome, peu déve- loppé, n'atteint guère plus du tiers de la longueur du métasome. Les yeux, assez grands, étroitement ovales, sont placés à la base des lobes latéraux. Leur plus grand diamètre est égal au tiers de la longueur du bord supérieur de la tête. Les antennes supérieures sont à peu près aussi longues que l'ensemble de la tête et des cinq premiers segments du mésosome. Le pédoncule, très développé, atteint le milieu du dernier article du pédoncule des antennes inférieures. Son deuxième article, beaucoup moins large, mais beaucoup plus long que le premier article, dépasse un peu en longueur le troisième. Ces trois articles portent de longues soies au bord postérieur. Le flagellum, à peine plus long que le deuxième article du pédoncule, se compose de sept articles, garnis de longues soies au bord postérieur. Le premier de ces articles est aussi long que l'ensemble des deux articles suivants. Le flagellum accessoire, absolument rudimentaire, n'atteint que la sixième partie de la longueur du premier article du llagellum principal. Les antennes inférieures sont remarquablement grandes. Le pédon- cule atteint à peu près la longueur des antennes supérieures. Son quatrième article ne possède que les trois quarts de la longueur de l'article suivant. Le flagellum, triarticulé, se compose d'un premier article très allongé, atteignant à peu près la moitié de la longueur du dernier article du pédoncule, puis d'un second article assez court et d'un article terminal rudimentaire. Le pédoncule et le flagellum itoilent de longues soies au bord postérieur. Le bord libre de la lèvre antérieure (fig. 5îi, A) présente une éclian- crure peu distincte, finement ciliée. Les mandibules, très courtes, présentent une partie tranchante conique, armée de quatre petites dents. La lame accessoire d<' la mandibule droite se termine par une dent, accompagnée de quelques petites crénelures. La lame accessoire de la mandibule gauche (fig. 'Mi, B), plus développée, 96 CRUSTACÉS AMPHIPODES. porte quatre dents au bord distal. Le palpe, très volumineux, atteint le double de la longueur du corps de la mandibule. Son dernier article, très large, spatuliforme, est un peu moins long que l'article précédent. Son bord interne et son bord distal portent de longues et nombreuses soies. La lèvre postérieure (fig. 55, C) présente des lobes latéraux réguliè- rement arrondis, des lobes internes bien constitués et des prolongements postérieurs aigus. Dans les maxilles antérieures (fig. 55, D), le lobe interne, peu déve- .?. 55. — Jassa Wandeli. uiâle. — A, lèvre antérieure; B, mamiibule gauche; C, lèvre postérieure; J, maxille antérieure; E, maxille postérieure; V, inaxillipède ; G, gnathopode antérieur; H, gnatiio- pode postérieur. (A, B, G, D, E, F x 37 ; G. H x 15.) loppé, ne porte pas de soies. Le lobe externe est armé de neuf épines fourchues. Le palpe, biarticulé, assez allongé, porte une rangée d'épines, entremêlées de soies, au bord distal. Le lobe interne des maxilles postérieures (fig. 55, E) est plus court et plus étroit que le lobe externe. Tous deux portent une rangée de longues soies marginales. Les maxillipèdes (fig. 55, F) sont bien développés. Le lobe interne, assez étroit, atteint l'extrémité du premier article du palpe. Les bords interne et distal sont garnis de soies ciliées. Le lobe externe atteint un peu au delà du milieu du second article du palpe ; son bord interne porte CKUSTACÉS AMPHIPUDES. 97 une rangée de petites épines et une toullede soies. Le palpe, très l'ohuste, présente un deuxième article remarquablement développé. Le troisième article est loin d'atteindre la moitié de la longueur de l'article précédent. Le quatrième article, assez court et droit, n'est pas unguiforme. Les gnathopodes antérieurs (fig. 55, G) ne sont pas très développés. L'article basai atteint à peu près la longueur de l'ensemble des trois articles suivants; son bord antérieur forme un angle aigu avec le bord inférieur. Le carpe affecte une forme triangulaire. Lepropode, beaucoup plus large et plus long que le carpe, affecte un contour piriforme, son bord palmaire n'étant pas nettement distinct du bord postérieur. Le dactyle, long et étroit, atteint plus des trois quarts de la longueur du propode. L'article méral, le carpe et le propode portent une rangée de longues soies au bord postérieur. Les gnathopodes postérieurs (fig. 55, H) sont très robustes. L'article basai, peu développé, est à peine plus long que l'article correspondant des gnathopodes antérieurs. L'article ischial, l'article méral, le carpe, sont extrêmement courts. Le propode, remarquablement grand, est aussi long que l'ensemble des trois premiers segments du mésosome. Son bord postérieur se prolonge pour former une dent large et courte, qui déborde sur le bord palmaire. Ce dernier se termine inférieurement par une partie concave, suivie d'une grosse dent obtuse. Le dactyle, très robuste, est fortement courbé. Son extrémité peut se croiser avec la dent formée par le prolongement du bord postérieur du propode. Les péréiopodes des deux premières paires (fig. 56, A) sont très courts. L'article basai s'élargit dans sa partie distale, et son bord antérieur se prolonge pour former un angle u.n peu aigu avec le bord inférieur. L'article méral, très dilaté, se prolonge antérieurement jusqu'au niveau du milieu du carpe. Le propode est aussi long, mais beaucoup plus étroit, que le carpe. Ces trois derniers articles sont abondamment garnis de soies. Le dactyle, très court, est légèrement courbé. Dans les péréiopodes de la troisième paire (fig. 56, //), l'article basai, beaucoup moins large que long, présente des bords antérieur et postérieur à peine convexes. Le bord [)Ostérieur se prolonge un peu inférieurement pour former un petit lobe arrondi. Les articles suivants sont très robustes. Expédition Charcot. — Eu. Chevueux- — Ci'ustacOs Aiiiphipodi-s. IJ 9.S CRUSTACES AMPHIPODKS. Le propode, beaucoup plus long que l'article méral, atteint le double de la longueur du carpe. Le dactyle, très grand, est fortement courbé. Les péréiopodes des deux dernières paires (fig. 56, C et D) sont de même forme, mais ceux de la quatrième paire sont quelque peu plus longs et plus robustes que les suivants. L'article basai, étroit et allongé, présente un bord antérieur un peu convexe, un bord postérieur presque Fig. 56. — Jassu Wandeli. — A, B, G, D, péréiopodes des deuxième, troisième, quatrième et cinquième paires: E, uropode de la dernière paire: F, telson ; G, gnathopode postérieur d'une femelle ovigère. (A. B, G, D, Gx 15; E, Fx 52.) droit. Le bord antérieur se prolonge inférieurement de façon à former une dent aiguë, qui déborde sur l'article suivant. Le propode, beaucoup plus long que l'article méral, n'atteint cependant pas le double de la longueur du carpe, comme dans les péréiopodes précédents. Le dactyle, très robuste, atteint près de la moitié de la longueur du propode. Les branches des uropodes de la première paire, subégales, sont à peu près de la longueur du pédoncule. Leur extrémité n'atteint pas le milieu des branches des uropodes suivants. Le pédoncule et les branches portent deux rangées de petites épines. Dans les uropodes de la deuxième paire, la branche externe est un peu plus courte que la branche interne, qui atteint à peu près la longueur de son pédoncule ets'élend jusqu'à l'extré- mité du pédoncule des uropodes de la dernière paire. (ïomme dans les CRUSTACÉS AMPHil'ODES 99 uropodes précédents, chacune desbranclies |)orle deux rangées de peliles épines. Le pédoncule des uropodes de la dernière paire (fig. 56, E), très développé, porte.au bord distal, une rangée de douze petites épines. Les branches, extrêmement courtes, sont loin d'atteindre la moitié de la longueur du pédoncule. La branche interne, droite, se termine par une petite épine. La branche externe, vue de profil, est courbée (1), mais elle ne porte pas d'épines secondaires crochues, comme celles qui existent sur la branche externe des uropodes de la dernière paire du type du genre, Jassa pulchella Mont; elle se termine simplement par une grosse épine, presque droite. Le telson (fig. 56, F)^ cordiforme, un peu plus larg(^ que long, por'te deux longues soies subterminales. La femelle ne diffère du mâle que par la forme de ses gnathopodes postérieurs. Chez une femelle ovigère, ces gnathopodes (lig, 56, G) sont beaucoup moins volumineux que ceux du mâle. Le propode, subovale, présente un bord postérieur très court, à peine distinct du bord palmaire. Ce dernier bord offre une profonde échancrure, suivie d'une dent aiguë, située tout près de l'articulation du dactyle. Ce propode affecte, à très peu près, la même forme que celui des gnathopodes postérieurs de la femelle de Jassa pusilla (G.-O. Sars). La première partie des Amphipodes de Das Tierrcidi (13i vient de paraître et m'est parvenue au moment où j'achevais de corriger les épreuves du présent travail. Il était trop tard pour en tenir compte d'une façon complète. J'ai dû me contenter de réunir, dans la nouvelle famille dos Pontogeneiidœ , plusieurs genres que j'avais d'abord classés parmi les Calliopiidse et les Atylidœ. (i) Cette branche se trouvant placée exactement de face dans la préparation, sa courbure n'est pas nettement visible sur la ligure de détail (56, £). INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1. Chevrelx (Ed.). — Note préliminaire sur les AmphipoJes de la famille des Lysia- nassidsB recueillis par la « Princesse Alice » dans les eaux profondes de l'Atlantique et de la Méditerranée. Buli. Suc. Zool. de France, t. XXVIH, 1903, p. 81. 2. Id. — Diagnoses d'Amphipodes nouveaux provenant de l'Expédition antarctique du « Français ». Bull. Soc. Zool. de France, t. XXX, 1903, p. lj;9. 3. Id. — Diagnoses d'Amphipodes nouveaux provenant de l'Expédition antarctique du « Français ». Bull. Soc. Zool. de F/aHce,t. XXXI, 1906,p. 37,76,82 et 87. 4. Della V.4LLE (A.). — Gammarini del goll'o di Napoli. Fn.una und Flora dex rjulfes vitn JSeapel, vol. XX, Berlin, 1893. 5. Krôïer (H.). — Nye nordiske slœgterog arter af Amfipodei'nes orden, henhiirende til Familien Gammarina. Satitrhist. Tid^skrift, vol. IV. Copenhague, 1842. 6. Pfeffer (G.). — Die Krebse von Sùd-Geor- gien nach der Ausbeute der Deutschen Station, 1882-83. 2 Teil. Die Amphipo- den. Jahrbuch der Wixsenchaft. Anstal- tenzu HainhurQ, 1888. 7. Reibisch (J.). — Faunistich-biologische L'n- tersuchungen iiber Amphipoden der Nordsee. I. Wissenschaftl. Meeresuntera. heratisget/. r. d. Kommis. z. Vnter^uch. d.deutsch. Meere inliiel, vol. VIU., Kiel, 1905. 8. Sars (G.-Û.). — An account of Ihe Crustacea of Norway. I. Amphipoda. Christiania, 1891-1895. 9. Stebbing rrn.-R.-R.'l. — Report on thescien- tilic results uf the voyage of H. M. S. " Challenger » during the years 1873- 1876. Zooiogy, vol. XXIX, Report on the Amphipoda. Edinburg, 1888. 10. 1d. — Amphipoda from the Copenhagen Muséum and olher Sources. Trunsact. Linn. Soc. of London (2), vol. VU, part. Il, mai 1897. 11. Id. — Ampliipoda from the Copenhagen Muséum and olher Sources, Part. 11. Trunsact. Linn. Snc. of london (2), vol. VII, part. Vtll, mai 1899. 12. Id. — Revision of Amphipoda (continued). .\nii. and Mag. of i^kI. Hi>tvry (7), vol. IV, septembre 1899. 13. Id. — Ampliipoda. I. Gammaiidea. Bas Tierreich, vol. XXI. Derlin, 1906. 14. TiioMsoiN (G. -M.). —Additions to the Crus- tacean Fauna of New Zealand. Trati- .sflC. Srw Zealand Institute, vol. XIV, 1882. Ib. Walker (Alfr.-O.). — Amphipoda of the " Southern Cross » antarctic Expédi- tion. Linn. Soc. Journal. — Zooiogy, vol. XXIX, 1903. 16. Id. — The secondary appendage of the upper anlennaî as a character in the Amphipoda. Ann. and Mag. of Nat. His- torij (7), vol XVl, octobre 1905. 17. Id. — Preliminary description of new spe- cies of Ami)hipoda from the « Disco- very » Antarctic Expédition, 1902-1904. Ann. and Mag. uf Nat. History (7), vol. XVII, mai 1906. COPÉPODES Par M. A. QUIDOR Les Copépodes recueillis par la Mission Charcot, dans le voisinage de l'île lîoolh-Wandel, pendant la si pénible et si fructueuse campagne du <> Français », appartiennent à huit espèces différentes, dont six libres et deux parasites. Trois espèces étaient connues et avaient été capturées par les natu- ralistes de la << Belgica » : C.alanus prophiqims (Brady) ; Eachœta antarctica (Giesbrecht) ; Horpaticas hrevicornis (O.-F. Mùller) ; Cinq espèces sont nouvelles : P/n/l/o/ms Turqueti : Porcellidhmi Charcoti ; Porcellidium affin is , pour les espèces libres ; A7icliorella intermedia ; Brachiella antarc'ica, pour les espèces parasites. La faune des Algues du littoral est représentée par Harpacticuf: hrevi- cornis (O.-F. Millier), dont les mâles, les femelles, parfois accouplés et les jeunes à divers stades de développement ont fourni de nombreuses et abondantes récoltes ; par Porcellidium Charcoti (n. s.) et Porcellidium a/finis (n. s.) dragués par 20 mètres de profondeur dans h baie de Carthage. Expéditiun Cliurcot . — A. Qi'iuon. — Ci)|ji'iiocles. 2 COPÉPODES. Les trois autres espèces de Copépodes libres sont pélagiques, et l'une d'elles, PhyllopKs Turqueti (n. s.), capturée par le lilet de surface, montre, une fois de plus, l'affinité de la faune abyssale des régions équa- toriales avec la faune australe de surface. On ne connaissait, en effet, jusqu'ici qu'une espèce de PItyllopus, P. bidentatus (Brady), recueillie par le « Challenger " au sud-est de Cuenos-Ayres, à une profondeur de 4 850 mètres et représentée par un seul exemplaire femelle. Un autre exemplaire, également femelle, étudié par Giesbrecht, fut i^écolté près do l'équateur, au sud-est des îles Galapagos, h une profondeur de 1 800 mètres. Les deux espèces parasites, qui d'ailleurs peuvent se confondre à pre- mière vue, seraient certainement classées toutes deux dans le genre Brachiella, si l'étude des mâles de chacune d'elles ne montrait nette- ment que l'une appartient au genre Anchorella et l'autre au genre Bra- chiella. Le caractère générique basé seulement sur la fusion totale [Bra- chiella) ou simplement distale [Anchorella) des secondes pattes-mâchoires expose donc à des erreurs regrettables. Il faudrait pouvoir, dans tous les cas, lui substituer le caractère tiré de la structure des mâles. Mal- heureusement ceux-ci, assez rares, ne sont pas toujours récoltés avec les femelles. \. — COPÉPODES LIBRES FAMILLE DES CALANID.^ Genre Calanus. Calanus propinquus (Brady), 9 Un exemplaire femelle recueilli par le filet d(^ surface, île Wandel. Genre Euclueta. EuchsBta antarctica (Giesbrecht), 9- Un exemplaire femelle recueilli par le filet de surface, île Boolh-Wandel. GOPEPODES. 3 FAMILLE DES CENTROPAGID.E. Genre Phyllopus Brady. Brady, 1883. Giesbrecht, 1889-18'J2. Ce fi,(Mîrc a été créé par Brady pour un individu femelle recueilli par 36°4i' latitude sud et 4(3" 17' longitude ouest, à une profondeur de 2 (3oO fathoms (4 8oO mètres). Giesbrecht eut également l'occasion d'exa- miner un individu femelle de la même espèce capturé à une profondeur de 1 é{)ine recoui-liée vers rextrérnité distale. Le premier article est deux fois plus lorii,' (pu; les suivants, qui, courts et trapus dans la région basilaire, deviennent longs et grêles dans la région distale. L'avant-dernier ailicle porte deux soies, Tune très longue, l'autre très courte (fig. '.)j. L'article termi- nal très court porte une longue soie comprise entre deux autres plus petites. L'antenne postérieure (fig. 10 et 11) est biramée. Chaque rame com- prend cinq articles. Le quatrième article de la branche externe donne insertion, sur sa l'ace dorsale, à cinq longues soies courbées dans leur partie distale, tandis que le cinquième article porte vers l'extrémité une soie courte et se termine par deux soies vigoureuses. La rame interne est légèrement moins longue que la rame externe. Le bord marginal du quatrième article [)orte cinq soies relativement courtes et un cinquième article rudimentaire donnant insertion à cinq longues soies coudées en leur milieu. Les appendices buccaux, semblables chez le mâle et chez la femelle, ont une structure analogue à celle que présentent ces mêmes appendices chez P. hidentafns. Une mandibule vigoureuse à quatre dents (fig. 12) porte six soies latérales, une soie terminale, et présente un palpe externe à deux articles terminé par une touiïe de soies courtes et denses. La maxille (fig. 13) est bien développée. Son coxopodite porte infé- rieurement un lobe arrondi sur lequel s'insèrent huit soies, dont deux courtes et six bien développées. Le basipodite soutient une rame externe uni-articulée, portant quatre soies latérales, cinq soies terminales plus courtes et une rame interne bi-articulée terminée par cinq longues soies. Le premier maxillipède (fig. 14) porte sur son coxopodite trois protu- bérances donnant respectivement insertion à quatre, deux et deux soies. La face supérieure du basipodite présente sept soies. Un troisième article, terminé par deux lobes sur chacun desquels s'insèrent trois longues soies recourbées, correspond à l'endopodile et à l'exopo- dite . 6 GOPÉPODES. Le second maxillipède comprend chez la femelle (%. 16) un coxopo- dite avec six soies, un basipodite avec trois soies très courtes et une rame unique à cinq articles, dont les quatre premiers portent sur leur bord supérieur respectivement trois, trois, deux et quatre soies. Le cin- quième article rudimentaire supporte cinq longues soies légèrement courbées. La structure de cet appendice est sensiblement la même chez le mâle (lîg. 15^. On y trouve un coxopodite, un basipodite et une rame unique à quatre articles. Dans les deux sexes, les quatre premières paires de pattes sont lùra- mées (fig. 17 et 18). Chaque rame est à trois articles. La rame interne est toujours plus courte que la rame externe. Elle dépasse sensiblement le bord distal du deuxième article dans la première paire ; elle l'atteint exactement dans les trois dernières. Chacun des deux premiers articles de l'exopodite des deuxième, troi- sième et quatrième pattes se termine par une courte épine. Le troisième article porte trois épines latérales et une forte épine terminale environ deux fois plus longue que les précédentes et dentée sur son bord externe. Le bord interne de cet article présente cinq soies, dont la longueur diminue à mesure qu'elles se rapprochent de l'extrémité distale. La cinquième patte, aussi bien chez le mâle que chez la femelle, est dépourvue de rame interne. La rame externe comprend trois articles. Celle de dioite est sensiblement plus longue que celle de gauche. Là s'arrêtent les ressemblances. Les cinquièmes pattes du mâle reposent par leur extrémité sur l'orifice génital (fig. 4). Le premier article de la rame externe est seul visible latéralement. 11 porte, ainsi que le second, une courte épine latérale (fig. 19); le troisième, replié en avant, se termine par trois longues épines divergentes. Les trois articles de la rame externe sont au contraire visibles laté- ralement chez la femelle (fig. 3). La cinquième patte ne repose pas en effet sur l'orifice génital. Le second article de la rame externe gauche porte une soie. GOPEPODES. FAMILLE DES HARPACTICW/E Genro llarpacticus. Harpacticus brevicornis (O.-F. Muller), 9, ç^ . Des récoltes nombreuses et abondantes montrent que cette espèce pullule dans les Algues du littoral de l'île Boolli-Wandel. Genre PorceUidium. Porcellidium Charcoti, 9^ cf- (Fig-. 20 à ?-0.) Cette espèce est représentée par deux individus, l'un mâle, l'autre femelle, capturés dans le Port Charcot par une profondeur de 20 mètres. Elle rappelle Porcellidium viride [Philippi) par le grand déve- loppement du céphalothorax, par l'absence des prolongements latéro- postérieurs du quatrième segment thoracique et par la structure des cinquièmes pattes. Mais l'abdomen n'est que le sixième de la longueur totale du corps, et la forme générale de celui-ci est plus élégante. Sensi- blement circulaire dans la région antérieure, elle devient elliptique dans la région postérieure, que limite d'ailleurs le bord externe des lames caudales. La femelle paraît n'avoir pas encore atteint son complet développe- ment. C'est du moins ce que laissent à penser l'absence d'une articu- lation distincte de l'antenne antérieure et la petitesse de l'individu par rapport aux dimensions du mâle. Le tégument est orné de petites dépressions circulaires et, après macération dans l'alcool, présente une teinte jaunâtre uniforme. Le mâle mesure 1 millimètre de long sur O'"",? de large. Son corps a la forme d'un ovale fortement aplati dans sa région antérieuîc. Le cépha- lothorax est en eltèt limité en avant par une ligne perpendiculaire à l'axe longitudinal du corps. La femelle mesure 0°'°',8 de long sur 0"°',6 de large. L'ovale y est sensiblement aplati dans sa région antérieure et légèrement aminci dans la région postérieure. La ligne qui joindrait l'extrémité postérieure des pointes céphalo- 8 COPÈPODES. thoraciques partagerait exactement l'axe du corps en deux segnaents proportionnels aux nombres deux et un chez le mâle, trois et deux chez la femelle. Le bord antérieur du céphalothorax du mâle est échancré en son milieu pour faire place à un rostre dont la face dorsale angulaire porte latéralement deux yeux nettement distincts. Chez la femelle, le bord antérieur du rostre, visible en avant du céphalothorax, est rectiligne et porte à chaque extrémité un petit pro- longement conique semblable à une corne. Un œil impair médian paraît exister sur le bord antérieur du céphalothorax. Il résulterait de la fusion de deux yeux latéraux. Mais le spécimen observé n'autorise aucune affirmation à cet égard. La longueur des segments thoraciques augmente progressivement du premier, soudé au céphalon, au quatrième ; elle diminue avec le cin- quième deux fois plus court que le précédent. Chacun des quatre der- niers segments est prolongé dans sa partie latéro-postérieure par une surface angulaire, très nette dans les deux derniers. Le dernier segment thoracique porte les cinquièmes pattes, rames aplaties ayant vaguement la forme d'un trapèze et dont le bord extérieur, convexe, est armé de six fortes épines recourbées et ciliées sur leur face externe. Ces pattes comprennent entre elles deux anneaux abdominaux distincts chez le mâle et soudés chez la femelle. La furca est formée, chez la femelle, par deux lames ovalaires minces, dont la surface dorsale porte deux épines, une grande et une petite, et dont le bord terminal présente de l'intérieur vers l'extérieur une épine moyenne, deux petites, une quatrième, véritable aiguillon, et une cin- quième terminale légèrement recourbée. Les pièces furcales du mâle sont plus massives. Chacune d'elles pré- sente dorsalement une rangée de petites dents aiguës disposées parallè- lement au bord postérieur et porte à son angle interne un petit bouquet de quatre à cinq soies. L'antenne antérieure est coudée à la base chez le mâle. Elle com- prend cinq articles, dont les deux extrêmes sont moins développés que les autres. Le cinquième 'porte une houppe de soies terminales. Cette COPÉPODES. 9 antenne, indistinctement segmentée chez la femelle recueillie, paraît formée de six articles, si l'on considère les traces d'articulation jjrésen- tées par son bord externe. L'antenne postérieure est à quatre articles ; le second supporte un exopodite uni-articulé portimr de sept soies égales. Gomme chez tous les Porcellidium, la région buccale est limitée laté- ralement par un palpe mandibulaire h nombreuses expansions ciliées. La première maxille avec son épijjodite à cinq lobes et la |)remière paire de pattes-mâchoires avec cinq épines recourbées ont un développement normal. La seconde patte-mâchoire se termine par un article court don- nant insertion à trois doigts peu développés. Les appendices thoraciques sont normaux. L'extrémité distale de l'exopodite de la première patte thoracique présente une épine longue et grêle, comprise entre deux lobes étroits et ciliés, et les deux épines qui terminent l'endopodite portent, sur tout leur pourtour, de longs poils formant une sorte de frange très nette. La rame interne de l'endopodilc est une fois et demie plus longue que la rame externe ; les deux rames des troisième et quatrième pattes sont sensiblement égales et formées chacune de trois articles. Il faut encore noter, chez le mâle, dans la région basilaire de la cin- quième patte, une longue épine ventrale et deux fortes épines dorsales. De ces dernières l'une, plus vigoureuse, paraît dépendre du dernier segment thoracique, tandis que l'autre serait une dépendance du pre- mier segment abdominal. Poreellidium afflnis (n. sp.), 9- (Fig. 31à3G.) Cette espèce, draguée le 15 mars dans le Port Charcot, par une profondeur de 20 mètres, est représentée par un seul exemplaire femelle porteur d'un ovisac médian. Elle est très voisine de P. fimhriatum (Glaus). Conservée dans l'alcool, elle présente une teinte jaunâtre uniforme. Le corps a la forme d'un ovale très légèrement aminci dans la région postérieure. Il mesure I iiiilliiiiMre de long et O""",? de large. Mais la Expédition Charcot. —A. yi;iiiuii. — CopOpoiles ■^ 10 GOPÉPODES. longueur est certainement plus grande si on considère que l'animal est légèrement arqué à ses deux extrémités. Le tégument est orné de petites dépressions circulaires ordonnées suivant des lignes parallèles à l'articulation des segments. L'extrémité postérieure des pointes céplia- lothoraciques atteint exactement le milieu de la longueur totale. Le rostre se présente dorsalement sous forme de saillie angulaire et porte latéralement deux yeux nettement séparés. Le premier segment thoracique est soudé au céphalon. Le second est un peu plus large que le troisième. Le quatrième est caractéristique. 11 est prolongé, comme dans PorceUkliwn fimbriatum (Claus), par deux longues lames latéro-postérieures à grosse nervure médiane, ciliées sur le bord externe, qui présente une forte épine aux deux tiers de sa longueur et dont l'extrémité, ornée de quatre petites lanières, dépasse sensible- ment celle des cinquièmes pattes. Le cinquième segment thoracique, beaucoup plus court que le précé- dent, porte deux grands lobes triangulaires aplatis et ciliés sur leur bord externe. Ce sont les cinquièmes pattes qui comprennent entre elles deux segments abdominaux plus ou moins distincts, auxquels fait suite la furca. Les deux lames rectangulaires de cette dernière portent à l'ex- trémité interne de leur bord postérieur quelques courtes épines. Mais la furca, fortement repliée sur l'ovisac qu'elle protège et la masse sombre de ce dernier, rendrait incertaine une description plus approfondie de cette région. L'antenne antérieure, qui, chez tous les autres Porcellidium, est for- mée de six articles, comprend ici sept articles. Elle s'amincit réguliè- rement de la base vers l'extrémité et porte de nombreuses soies. L'an- tennule est formée de quatre articles, dont le second porte une branche externe en forme de main. La région buccale diffère sensiblement de celle des autres espèces. La mandibule, comme chez tous les Porcellidimn, est formée de deux parties, l'une, masticatrice, porte trois dents ; l'autre, basale, présente un palpe à nombreux lobes ciliés qui s'étend sur tout le pourtour de la région buccale. Mais, à la première maxille, dont la base porte un épipo- dite à cinq lobes, fait suite un appendice rudimentaire, sorte de moignon COPÉPODES. 11 trilobé. Par contre, la preuiiùro pattc-màchoire est moins développée qu'à l'ordinaire, et des quatre épines que porte son extrémité, la plus longue, fortement dentée, est beaucoup plus courte que dans les autres espèces. Les pattes thoraciques sont normales. L'endopoditc de la première paire est constituée par une large lame triangulaire terminée par deux longues épines. Un exopodite triarticulé porte six expansions foliacées ciliées, une sur chacun des deux premiers articles, quatre sur le der- nier. Les rames externes des deuxième, troisième et quatrième pattes sont à trois articles. Elles sont sensiblement égales dans les deux der- nières paires, tandis que la rame interne de la seconde, très forte, est une fois et demie aussi longue que la rame externe. IL — COPÉPODES PARASITES FAMILLE DES LERN^OPODIDM « Genre Anchorella. Anchorella intermedia (n. s.), 9i d*- (Fig-. 37 à Vi.) Anchorella intermedia est parasite de la cavité buccale du Notfioste- nia. Elle se trouve ordinairement sur la face interne des arcs bran- chiaux. Elle rappelle Anchorella emargiïiata (Krôyer) par la taille et par l'organe de fixation formé de deux bras courts et trapus, unis seule- ment dans leur région distale en une sorte de coupe chitineuse. Elle s'en distingue par un cou plus court (5 millimètres), par un céphalo- thorax trois fois plus large dans sa région postérieure que dans sa région antérieure et dont la hauteur égale la plus grande largeur (5 millimètres), par ses ovisacs cylindriques aussi larges que le cou, mais un peu plus longs (7 millimètres), enfin par son mâle pourvu de deux paires d'appendices locomoteurs de taille inégale, les antérieurs étant beaucoup plus petits que les postérieurs. Tous deux sont armés de crochets acérés et recourbés et représentent les deux paires de pattes-màchoires de la femelle. 12 COPÉPODES. Chez la femelle, le cou porte antérieurement la réi^ion céphalique, (jui fait avec lui un angle sensiblement droit et, à son extrémité postérieure, deux bras courts et trapus unis dans leur région distale en une sorte de coupe chitineuse enfoncée dans les tissus de l'hôte. La partie dorsale de la région céphalique est formée par une plaque chitineuse, à l'extrémité antérieure de laquelle se voient deux petits appendices symétriques : les antennes antérieures. Sur la face ventrale, en avant du rostre, transversalement, se croisent les parties terminales de deux appendices vigoureux que des muscles puissants permettent de redresser et de placer parallèlement à l'axe de symétrie de cette région. Chacun de ces appendices comprend une branche interne portant un crochet acéré et une branche externe plus massive paraissant terminée par une ventouse. Quand ces appendices sont projetés en avant contre la paroi de l'hôte, on aperçoit entre eux le rostre, de chaque côté duquel se trouvent deux appendices à trois articles, dont le dernier présente quatre petits lobes nettement visibles quand l'appareil buccal est au repos. La situation et la structure de ces derniers appendices les font considérer comme les antennes antérieures, tandis que les pre- miers représentent les antennes postérieures modifiées par le parasi- tisme. Le rostre est protactile. Il comprend une lèvre supérieure triangulaire et une lèvre inférieure circulaire. Il renferme les mandibules. L'une et l'autre lèvres sont garnies sur leur bord interne de nombreuses soies dirigées vers l'intérieur. A la base du rostre, se trouve une paire d'appen- dices formés d'une partie cylindrique portant trois mamelons terminés, les deux premiers par un crochet flexible long et grêle et le dernier par deux petits crochets également flexibles, mais inégaux. On les a jus- qu'ici considérés comme des palpes. C'est peut-être en effet le rôle qu'ils jouent chez la femelle quand le rostre et les antennes posté- rieures sont au repos et que leur extrémité se trouve au-dessus de l'ori- fice buccal. Mais il existe chez le mâle, de chaque côté du rostre, un appendice semblable qui, par sa structure et sa fonction, est une véritable maxille. COPÉPnDRS. 13 Or, s'il est vrai que les mâles ont subi à un degré moindre que les femelles l'influence du parasitisme, il semble rationnel de réserver à ces appendices, dans l'un et l'autre sexe, rappellation de maxilles. La dernière paire d'appendices buccaux est formée par la première paire de pattes-mâchoires, dont la partie basilaire vigoureuse supporte un article terminal à crochet recourbé et puissant. Le thorax porte antérieurement l'appareil de fixation décrit ci-dessus et au milieu de sa face inférieure, entre les oviductes, le mamelon géni- tal dont la base présente deux petites productions chitineuses. Cet organe joue sans doute le rôle de réceptacle séminal. Les rapports avec les oviductes et la présence du mâle en cette région autorisent cette hypothèse. Les œufs seraient fécondés à leur sortie. L'examen d'une jeune femelle dont le cou mesurait 3 millimètres et le thorax, flasque, encore peu développé, 1"'"',5, a montré une fois de plus l'homologie entre les appendices locomoteurs du mâle et les pattes- mâchoires de la femelle. Les pattes-mâchoires antérieures étaient diri- gées non vers la région buccale, mais vers le thorax, et les pattes- mâchoires postérieures étaient encore incomplètement soudées dans leur région terminale. Ce qui ne laisse aucun doute sur le rôle joué par ces appendices dans le déplacement de l'animal avant sa fixation. Il convient également de signaler la présence de deux diatomées dans le tube digestif de ce jeune parasite. Trois femelles portaient un mâle, toutes trois avaient des ovisacs normaux. L'un de ces mâles était accroché dans la région antérieure du cou, les deux autres étaient fixés sur le mamelon génital, le rostre tourné vers la face antérieure de la femelle, tandis que leur abdomen reposait sur les pièces chitineuses. Le mâle est court et massif. Il mesure \ millimètre de long sur O'"'°,7o de large. On observe dans la région antérieure un rostre cylindrique qui renferme les mandibules et porte à l'extrémité l'orifice buccal bordé par de nombreuses soies. De chaque côté du rostre, insérées dans sa région basale, se trouvent les maxilles formées d'une pièce médiane bifurquée à son extrémité de façon à présenter un aiguillon à sa par- tie supérieure et une longue pointe à sa partie inférieure. En arrière 14 COPErODES. de cette pointe se trouve une tige cylindrique avec deux soies termi- nales. Le rostre est sans doute protactile, fait constaté au laboi^atoire de Rosco/f sur des mâles vivants d'Anchorelles par Garl Vogt. Les maxilles s'enfoncent sans doute dans le tissu parasite et de la blessure faite s'écoulent les liquides nutritifs sucés par le rostre. Sur la face dorsale, en arrière du rostre, sont insérées deux paires d'appendices. Les plus internes, non segmentés, représentent les antennes antérieures. Les autres, triarticulés, terminés par deux petits prolongements, représentent les antennes postérieures. Au-dessous de celles-ci prend naissance une paire d'appendices triarticulés, terminés par un double crochet dont l'extrémité dépasse très légèrement la paroi du corps. Ce sont les premières paires de pattes-mâchoires très réduites dans cette espèce. Par contre, un peu en arrière, s'observent les secondes pattes-mâchoires vigoureuses, non segmentées. Leur surface interne" porte un long crochet recourbé, tandis qu'une plaque chitineuse ovalaire dite semelle par quelques auteurs forme leur surface externe. La partie postérieure de l'animal paraît recourbée au-dessous de la partie antérieure, donnant ainsi au corps son aspect gibbeux. Elle se termine par un appendice conique, vestige de l'abdomen. Genre Drachiella. Braehiella antarctica (n. s.). Ç, cf. (Fig. 45 à 48.) Braehiella antarctica est parasite de Dissostichus elegenoides. Par la taille, les proportions relatives du cou, du thorax et des ovisacs, par les secondes pattes-mâchoires courtes, trapues et distinctes, la femelle peut à première vue se confondre avec celle cVA?ic/iorella mtermedia (n. s.). Mais les mâles sont nettement distincts. Le premier n'a pas l'aspect gibbeux du second, et, si son abdomen n'est pas nettement seg- menté, il est du moins séparé du céphalothorax par une constriction bien marquée. D'autre part, chez la femelle, l'extrémité de la région céphali(jue est légèrement rétrécie ; les premières pattes-mâchoires copfipnnES. 15 sont moins saillantes que dans l'espèce précédente, et les secondes, insé- rées latéralement à la base du cou, sont visibles dorsalement. Entin le thorax, vu de face, a sensiblement la forme d'un carré, bien que la base supérieure soit un peu plus petite que la base inférieure. Le cou, le thorax et les ovisacs mesurent respectivement o,i et millimètres de longueur. Le cou est quatre fois moins large que long, mais le bord libre de la région céphalique n"a que J millimètre de large. La base inférieure du céphalothorax égale la hauteur, tandis que la base supérieure ne dépasse guère 3 millimètres. Les ovisacs, de cou- leur orangée, sont aussi larges que le cou. Le mamelon génital est peu développé. C'est une légère saillie sphérique comprise entre les ovi- ductes. Deux petits tubes chitineux s'y terminent. Les antennes antérieures sont grêles, à trois articles, et terminées par quatre pointes. Les postérieures sont comme toujours fortes, mues par des muscles puissants et adaptées aux fonctions nutritives. Chacune d'elles comprend une région basilaire formée de deux articles suppor- tant deux fortes pièces chitineuses, la pièce inférieure ayant cpiatre grifles terminales. Au repos, les antennes postérieures se croisent au-dessus du rostre et laissent voir nettement la partie antérieure de la région céphalique. En activité, elles se redressent et pincent les parois de l'hôte. La base du rostre est entourée d'un cylindre chitineux à l'intérieur duquel sa paroi forme un repli, disposition éminemment propre à son évagination. A sa partie supérieure se trouve l'orilice buccal limité par une lèvre supérieure triangulaire et une lèvre inférieure circulaire, bordée de soies. 11 renferme deux mandibules. De chaque côté de la base du rostre s'insèrent les maxilles formées d'une partie basilaire cylindrique, assez longue et portant trois rameaux, dont deux sont terminés par une pointe et l'autre par trois. On observe en outre, sur le bord externe, un petit organe sensitif (?) rentlé en son milieu et terminé par une soie. La limite supérieure des premières pattes-màchoires est située à peu près à égale distance de leur base et du bord antérieur de la région 16 GOPEPODES. céphalique. Ces appendices sont une fois et demie aussi hauts que larges. Le dernier article porte un fort crochet recourbé et acéré. Il présente en outre sur la moitié antérieure de son bord interne un grand nombre de petites dents aiguës, très fines, s'engrenant dans une partie dentée correspondante de l'article basai. Des muscles puissants per- mettent aux crochets terminaux de déchirer les tissus et aux parties dentées de les broyer. Ainsi peut s'expliquer la présence en cette région de cinq cellules épithéliales qui proviennent certainement des parois de l'hôte. Peut-être les cellules ainsi broyées, déchirées, sont-elles amenées à l'orifice buccal par les maxilles qui devraient à cette fonction les modi- fications qu'elles ont subies seulement chez la femelle. Il convient cepen- dant d'admettre que mâles et femelles ont un régime analogue et de noter que les premières pattes-mâchoires des premiers dilTèrent de celles des secondes tant par leur fonction que par l'absence des parties den- tées signalées. Celles-ci manquent d'ailleurs généralement chez les femelles du genre Anchorella. Si on remarque d'autre part la présence, chez les uns et les autres, d'un rostre protactile, on est amené à penser que ce dernier joue un rôle prépondérant dans la nutrition de ces ani- maux. Son orifice, bordé de soies nombreuses, s'applique sur la plaie faite par les pattes-mâchoires de la femelle ou les maxilles du mâle, et ses mouvements alternatifs de contraction et de dilatation aspirent les liquides nourriciers qui baignent le derme de l'animal parasité. Les secondes pattes-mâchoires de la femelle ne sont pas moins inté- ressantes. Nettement séparées jusqu'à l'extrémité, où elles ne sont pas contiguës, elles paraissent se fixer séparément dans les tissus de l'hôte par un filament chitineux grêle, partant de l'extrémité de chacune d'elles. Si, en elVet, ces filaments s'étaient unis pour pénétrer dans la paroi, ils n'eussent pas été sectionnés séparément et, d'autre part, l'ani- mal eût été bien mal fixé à son hôte. Leur fusion, si toutefois elle a lieu, ne se fait donc que dans les tissus parasités. Le mâle mesure 1 millimètre. Il est formé de deux régions distmctes séparées par une constriction très nette : le céphalothorax et l'abdo- men. COPÈPODES. 17 Los antennes antérieures et postérieures sont à trois articles, mais les premières, beaucoup plus grêles que les secondes, portent trois pointes terminales, tandis qu'un fort crochet recourbé termine les secondes. Le rostre a la forme d'un tronc de cône dont la surface latérale est formée par une petite lèvre supérieure triangulaire, légèrement sépa- rée de la lèvre inférieure qui forme le reste du rostre et limite presque entièrement l'orifice buccal bordé de nombreuses soies. Dans l'inter- valle (|ui sépare, ces deux lèvres se trouvent les mandibules. De part et d'autre de la base du rostre s'insèrent les maxilles formées d'une pièce triangulaire à pointe antérieure et portant une petite tige cylindrique terminée par une soie. Les deux paires de pattes-mâchoires conservent chez le mâle leur rôle locomoteur. Elles sont sensiblement de même taille, présentent une forte semelle chitineuse externe de forme ovalaire et portant un cro- chet vigoureux dont l'extrémité vient buter contre une protubérance chitineuse de l'article basilaire ; disposition favorable à la fixation de l'animal. L'indépendance relative des premières pattes-mâchoires de Brachiella antarctica et dWnchore/la intei-media montre que ces deux espèces se rapprochent des formes primitives du genre Brachiella et du genre Anchorella. Expédition ClimxoL — A. QfinoH. — Copéiiodes. Expédition Cliarcot. fA Quidor^ Copépàdes) PI. AQuiior. del Copépodes Masson&C'f Editeur. EXartaud. se Expédition Charcot, I A.Quidor -Copépodes ) PI, 11 26 20 24- 23 22 32 A.Quidor del . p m p m 2 31 Copépodes Masson & Cl* Editeurs 33 K Laj-taud se .Expoililion riiaiTot, ( A.Quidor - Copépodes ) PI, III Copépodes Masson & C'f Editeurs E.Lartaud ff EXPLICATION DES PLANCHES EXPLICATION DKS LÉGENDES a,, aniennes antérieures. Oj, antennes poslérieures. /(, lèvre inférieure. /s, lèvre supérieure. 6, orilice buccal. mil, mandibule. pm, palpe mandibulaire. I r, rostre. mx, jirettiiùres ma.xilles. mx^, secondes maxilles. pm^ premières pattes-mâchoire.s. pm^ secondes pattes-inàrhi lires. i\ ventousi' (?) Kig. 1. Fig. 2. Fig. 3. Fig. 4. Fig. 5. Fig. 6. Fig. 7. - Fig. 8. - Fig. 9. - Fig. 10. Pig. H. Fig. 12. Fig. 13, Fig. 14. Fig. 15. Fig. 10. Fig. 17. Fig. 18. Fi-. 19. PLANCHE I Phijllopu.s Ti/rqueti {n. s.), Ç, (f. 9 Vue latérale {x 22). 9 Abdomen, vue dorsale {X 22). 9 Segment génital et cinquième patte (x 42). C? Abdomen, (}uatrième et cinquième pattes thoraciques (x 22). C? Vue dorsale de l'abdomen (x 22). Rostre : A, femelle (X 90); B, mâle (X 66); C, vue latérale (x 125). 9 Vue latérale de rextiémitc du dernier segment Ihoiacique (X 87) — cf Portion basale de l'antenne (x 1 17). — rf Extrémité de l'antenne antérieure (x 117i. — cf Antenne postérieure. Vue latérale (x 87 i. — 9 Antenne postérieure (x 60). — cf Mandibule (x 13). — cf iMaxille (x 12). — 9 Premier maxillipède (X 86). — cf Second maxillipùde (x 60). — 9 Second maxillipède (x 60). — 9 Quatrième patte thoracique (X 60). — 9 Troisième patte thoracique (x 60). — cf Cinquièmes pattes thoraciques (x 130). Fig. 20 Fig. 21 Pig. 22 Fig. 23 Fig. 24, Pig. 25 PLANCHE n Porcellidium Charcntl (n. s.), 9, cf. 9 Fiice dorsale (x 00). cf Antennes antérieures, rostre, yeux (x 60). 9 Région caudale (x 1 16). cf Région caudale, face ventrale (x 110). cf Région caudale, face dors.ile (x 116). cf Antennes antérieures (x 116,. Fi- 26. Fig 27 Fig 28. Fig 29. Fig- 30 Fig .31. Fig .32 F^ig . 33 20 EXPI-IGATION DKS PLANCHES. Ç Antenne postérieurcMX 110). - Ç Région buccale (X 116). * cf Première patte thoracique (x 116). cf Seconde patte thoracique (x 116). çf Cinquième patte thoracique (X 106). Porcellidium affînis (n. s.), 9- ■ Vue dorsale (x 42). ■ Région caudale (x 83). - Antenne antérieure (x 116). PLANCHE III Porcellidium affinis [n. s.), Ç [suite). Fig. 34. — Région buccale (X 166). Fig. 35. — Première patte thoracique (x 116). Fig. 36. — Région antérieure (x 84). Anchorella intermedia (n. s.), 9i cf- Fig. 37. - Ç (X 3). Fig. 38. — (f (X 50). Fig. 39. — cf Région antérieure (x 166). Fig. 40. — Ç Région céphalique fx 150). Fig. 41. — 9 Région céphalique, vue dorso-latérale (x30). Fig. 42. — 9 Extrémités des antennes postérieures au repos (x 166). Fig. 43. — cf Secondes pattes thoraciques, faces interne et exte rne (x 166). Fig. 44. — 9 Appareil de fixation (x 22). Brachiella antarrtica (n. s.), 9'C?- Fig. 45. — Femelle (x 4). Fig. 46. — 9 Région céphalique (X 66). Fig. 47. — Mâle (X 30). Fig. 48. — cf Vue antéro-venlrale (x: 86). OUVRAGE PUBLIÉ SOUS LES AUSPICES DU MINISTERE DB L'INSTRUCTION PUBLIQUE sous LA DIRECTION DE L. JOUBIN, Professeur au Muséum d'Histoire Naturelle EXPEDITION ANTARCTIQUE FRANÇAISE (1903-1905) COMMANDES PAR LK D-^ Jean CHARCOT SCIENCES NATLfRELLES : DOCUMENTS SCIENTIFIQUES CRUSTACÉS Schizopodes et Décapodes PAR H. COUTIÈRB Professeur a 1 École de Pharmacie de Paris Isopodes Harriett RICHARDSON Amphipodes PAR Ed. CHEVREUX Corrcipondanl du Muséum d'Histoire naturelle Copépodes A. QUIDOR PARIS MASSON ET C'% ÉDITEURS 120, Boulevard Saint-Germain, 120 & C" EXPEDITION ANTARCTIQUE FRANÇAISE (1903-1905) Fascicules publiés POISSONS Par L. Vaillant. / fascicule de 52 pages : 5 fr. TUNICIERS ParSLUiTER. / fascicule de ôO pages et 5 planches hors texte: 8 fr. MOLLUSQUES Nudibranches et Marséniadés, par' A. Vayssière. — Cépha- iJopodes, par L. Joubin. — Gastropodes et Pélécypodes, par Ed. Lamy. — Amphineures, par le D'^ Joh Thiele. 1 fascicule de 90 pages el 6 planches hors texte : 12 fr. CRUSTACÉS Schizopodes et Décapodes, par H. Coutiire. — Isopodes, par Harriett Richardson. — Amphipodes, par Ed. Che- \REiix. — Copépodes, par A. Quidor. / fascicule de liiO pages el 6 planches hors texte : 20 fr. ÉCHINODERMES . . Stellérides, Ophiures et Échinides, par R. Koehler. — Holothuries, par (]. Vaney. / fascicule de 74 pages et 6 planches hors texte : 12 fr. HYDROiDES. Par Armand Billard. 1 fascicule de 20 pages : 2 /r. Décembre 1906. Corbeil. — linpriinci'ie Ko. Chété. ^^ 1